JEAN-BAPTISTE-MARIE PIERRE PARIS, 1714 - 1789

Lot 54
Aller au lot
Estimation :
80000 - 100000 EUR
S'inscrire sur drouot.com
JEAN-BAPTISTE-MARIE PIERRE PARIS, 1714 - 1789

Le Triomphe de Diane, déesse de la chasse, esquisse

Huile sur toile

72 x 82 cm


PROVENANCE

M. Roggero, compositeur, claveciniste et professeur de musique, Rue du Petit-Versailles, Toulouse, à partir de 1781 ; France, Collection privée jusqu'en 2013 ; France, Collection privée.


EXPOSITION

Toulouse, Le Capitole, Salon de l'Académie royale de Toulouse, from 19 May 1781, no 76.


BIBLIOGRAPHIE

Catalogue des Tableaux et autres Ouvrages relatifs aux Beaux-Arts, Dont on a formé le Salon de Peinture, dans une des Salles du Capitole, Toulouse, 1781, no 76.


R. Mesuret, Les Expositions de l'Académie Royale de Toulouse de 1751 0 1791 : Livrets publiés et annotés, Toulouse, 1972, p. 383, n° 4118.

P. Sanchez, Dictionnaire des artistes exposant dans les salons des XVII et XVIIIe siècles à Paris et en province, Dijon, 2004, III, p. 1369.

Nicolas Lesur et Olivier Aaron, Jean-Baptiste-Marie Pierre, 1714 - 1789 : Premier peintre du roi, Paris, 2009, no *P.267, Le Repos de Diane et des nymphes.


Peintre, graveur et dessinateur, Jean-Baptiste Marie Pierre est le fils d'un joailler qui très jeune, entre dans l'atelier du peintre Natoire (1700-1777). Maître dont il restera stylistiquement proche tout au long de sa carrière, il est présent dans son atelier jusqu'en 1734, lorsqu'il remporte le Grand Prix avec Dalila coupe les cheveux de Samson et part achever sa formation dans la Ville Éternelle où il reste jusqu'en 1740. L'Académie de France à Rome est alors dirigée par Jean-François de Troy (1679 - 1752) et Nicolas Vleughels (1668 - 1737), peintres dont les méthodes et le style favorisent une certaine continuité académique dans son apprentissage de la peinture.

La présence de Vleughels à Rome encourage par ailleurs Pierre à la pratique du dessin de paysage et des environs. Il éveille en lui un intérêt véritable pour la peinture de genre, discipline alors mineure qu'il affectionna pourtant et pratiqua tout au long de sa vie.

À son retour à Paris, il se présente à l'Académie où il est reçu en 1742, y enseigne à partir de 1744 et dont il devient directeur à la mort de François Boucher (1703 - 1770) ; dans le même temps, il est nommé peintre du Roi, achevant de recevoir tous les honneurs qu'un peintre fut en mesure de recevoir de son vivant.

De l'Italie, il ne retint pas seulement un goût pour les scènes de genre, mais également pour les grandes compositions du Baroque et dont les plus éclatants exemples se trouvent sur les voûtes et plafonds d'églises et de palais.

Suivant son appétence, il se fait rapidement connaître comme virtuose du genre et se voit solliciter à Paris pour travailler auprès des membres de la cour qui souhaitent mettre leur demeure au goût du jour.

En 1752, il devient le Premier peintre du cousin du roi, Louis-Philippe d'Orléans et obtient également les faveurs Madame de Pompadour, favorite de Louis XV et de son frère le marquis de Marigny.

Directeur des Bâtiments du Roi, ce dernier lui passe de nombreuses commandes pour le château de Fontainebleau (1749), le Palais Royal (1754 - 1755), la coupole de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Roch à Paris (1756) ou le château de Saint-Cloud (1769).

Son goût pour les plafonds se retrouve jusque dans l'un de ses portraits que réalise Guillaume Voiriot (1713 - 1799) lorsqu'il doit livrer deux morceaux de réception. Sur ce portrait, Pierre, palette et pinceaux à la main, est saisi à l'ouvrage dans son atelier. Sur un chevalet repose le modello que l'on devine être celui d'un plafond, élément manifeste de son attachement au genre.

La plus grande partie de ces réalisations ont été détruites au fil du temps et ne demeurent comme témoins, à l'exception d'une, que des modelli de l'artiste. Véritables lacunes pour comprendre la peinture de plafond au XVIIIe siècle en France, leurs esquisses préparatoires traditionnellement présentées au commanditaire avant l'exécution finale, nous permettent d'en deviner l'envergure et la force. Cer tains de ces projets réapparaissent ponctuellement sur le marché à l'instar d'un Projet de plafond avec le char d'Apollon, l'Aurore et les allégories des saisons (Aguttes, Paris, 16 septembre 2018, n° 55) ; une Apothéose de Psyché (Maastricht - Pays-Bas - Tefaf, 2022) ; ou l'esquisse que nous présentons ici. Comme Lemoyne (1688 - 1737) pour le plafond du Salon d'Hercule à Versailles (1733 - 1736 ;Fig. 1), la composition s'ordonne autour du carré que délimite la forme de la pièce tandis que la divinité à l'honneur fait une percée vers le milieu, présentée sous un dais. Toujours dans le même esprit, le peintre cherche à intégrer le plus naturellement sa composition au lieu en prolongeant l'architecture du bâtiment par des éléments feints sur lesquels se reposent les figures. La continuité se fait ainsi naturellement entre monde terrestre d'où l'on regarde et monde divin

Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue