CREVEL RENÉ (1900-1935)

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CREVEL RENÉ (1900-1935)


La Mort Difficile, manuscrit autographe signé. «29 septembre 1925», 88 pages in-folio à l'encre noire ou violette sur divers papiers vélin lignés ou non, numérotées de 1 à 71, monté sur onglets et relié en un volume in-folio pleine toile chagriné bordeaux, doublures et gardes de papier imprimé or à motifs de coeurs, emboîtage demi-chagrin bordeaux titré or (Alain Lobstein). (Quelques petites taches d'encre; infimes jaunissements).
Précieux manuscrit autographe complet et vraisemblablement unique de l'un des plus beaux et tragiques romans de Crevel publié à Paris, chez Simon Kra, en 1926, pour lequel il inventa une forme nouvelle de «roman poétique» proche du surréalisme et dont le personnage principal, Pierre Dumont, est le double de son auteur, pris dans l'éternel mal être de son homosexualité, de la fatalité familiale et prémonitoire quant à sa fin tragique par suicide.
Titre autographe à l'encre bleue sur papier vergé fort: «Manuscrit complet/La Mort difficile/Roman/par René Crevel/1926.». Le chapitre IV intitulé «La nuit, le froid, la liberté, la mort» présente la relation amoureuse et douloureuse que Crevel entretint avec le peintre américain Eugene Mac Cown, portraituré ici sous les traits d'Arthur Bruggle. Ce manuscrit, le seul connu de ce roman, comporte près de 550 corrections autographes dont 22 lignes entièrement biffées. Le texte est très proche de la version définitive avec toutefois de nombreuses variantes (le premier et le dernier chapitres portent des sous-titres différents: «Les Mères» au lieu de «De fil en aiguille» pour le premier et «Ne sachant ni n'osant rien aimer» au lieu de «Secourir encore» pour le dernier). Seul le tout dernier chapitre (occupant à peine trois pages dans l'édition imprimée et à peine trois-quarts de pages in-folio dans le manuscrit - page très corrigée) présente une version toute différente de celle définitive imprimée. Ce manuscrit n'a, semble-t-il, jamais été étudié. Dans une lettre de Crevel adressée à Jouhandeau et conservée au Fonds littéraire Doucet, ce manuscrit est qualifié de «manuscrit de travail» et on découvre combien l'écriture de La Mort difficile précipita la rupture de la relation entre Crevel et Eugene Mac Cown. Comme l'écrit Jean-Michel Devésa: «Il semble que la lecture du manuscrit de travail de La Mort difficile ait secoué Euguen Mac Cow qui, bouleversé par ce que son ami dévoilait de sa personnalité, détruisit plusieurs de ses toiles. Crevel qui en fut navré et qui, à cette époque, ne songeait pas à rompre, décida de rajouter alors un bref épilogue au roman afin d'en atténuer la charge.» (J.-M. Devésa, René Crevel et le roman, Rodopi, 1993, p. 237).
Est joint un contretype d'une photographie de Man Ray montrant Crevel avec Tzara jouant du banjo et un troisième personnage, vers 1925 (127 x 177 mm). Indications pour la reproduction au verso.
PROVENANCE
Ex-libris dessiné par B. Pascarel, à la devise: «Non inferiora secutus», collé sur le premier contreplat.
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