MAURIAC (François). 1885-1970.
Ecrivain

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MAURIAC (François). 1885-1970.
Ecrivain
Manuscrit aut. signée «François Mauriac» «La Guerre. Mai 1938. 3 pp. ½ in-4, des ratures et corrections.
Important manuscrit d'un article paru le 27 mai 1938 dans l'hebdomadaire Temps présent dans lequel Mauriac dénonce l'attitude des gouvernements face à la politique de conquête de l'Allemagne, et prédit l'arrivée inéluctable de la guerre.
A quoi servirait de se crever les yeux ? La guerre est désormais dans le droit fil de notre destin. Entre la guerre et nous, il n'y a rien que cette supputation de l'homme enfermé à Berchtesgaden qui interroge ses conseillers militaires, pèse ses chances. Il voudrait être sûr que la France est aussi malade et aussi divisée que la presse française le laisse entendre. C'est un doute où aucun Allemand ne s'attarde longtemps lorsqu'il observe la «nation pourrie». Et comment n'en croirait-il sur ce point les Français eux-mêmes ? Reste l'Angleterre. Elle demeure l'obstacle qu'il ne désespère pas de surmonter. C'est l'occasion qu'il guette et que le compère Staline, à propos de l'Espagne, essaye vainement, ces jours-ci, de provoquer: n'y aurait-il dans le bloc franco-anglais qu'une fissure, la hache allemande y pénétrera (...). Il travaille pour lui et non pour nous. Autant que nous nous armions, il s'armera davantage encore, mais surtout, il mettra la main, sans coup férir, en Europe centrale sur ce qui lui manque encore pour soutenir une guerre longue (...). Notre faiblesse va la mettre en passe de détenir assez de pétrole et de blé et de tout ce qui est nécessaire à un grand peuple engagé dans une guerre d'usure (...). Telle est la vérité nue. D'un charnier à un autre charnier, l'humanité n'apprend rien, ne retient rien. La nouvelle guerre est toujours la plus stupide, la moins excusable (...)
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