CAMUS ALBERT (1913-1960)

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CAMUS ALBERT (1913-1960)

Correspondance de six lettres autographes signées adressées à Jean-Louis BARRAULT 1952-1959, 6 pages la plupart in-8 sur papier à entête de la NRF ou in-4.
Importante correspondance au grand homme de théâtre Jean-Louis
Barrault relative à l'une des grandes passions de la vie de Camus: le théâtre.
Il a, dans ce domaine, multiplié les expériences: animateur de troupe à Alger du Travail de l'Équipe, théâtre populaire monté sous l'égide du Parti Communiste de 1936 à 1937, acteur itinérant et occasionnel, dramaturge, adaptateur. C'est néanmoins l'auteur de La Peste que sollicita Jean-Louis Barrault pour une adaptation du Journal de la Peste de Daniel Defoe. L'État de siège, représenté en 1948, fut un échec retentissant malgré la musique d'Arthur Honegger et les costumes de Balthus: «Mon premier chagrin de théâtre», dira le metteur en scène. Elle n'entacha pas leur amitié, mais ils ne réitérèrent pas l'expérience, en dépit des nombreux appels de Jean-Louis. La correspondance, chaleureuse et amicale, coïncide avec le retour de Camus au théâtre. La compagnie Jean-Louis Barrault-Madeleine
Renaud partageait alors son temps entre le Théâtre de Marigny, dont Jean-Louis fut le directeur de 1946 à 1956 et la vie itinérante.
Camus, lui, s'était lancé de 1953 à 1959, dans une série d'adaptations théâtrales, dont Les Esprits de Pierre Larivey, auteur du XVIe siècle, et Les Possédés de Dostoïevski.
«Je n'ai pu me rendre à la réception de ce soir. Mais cela ne signifiait pas que je vous oubliais. Et peut-être je vous dirais mieux ici tous les voeux que je fais pour votre voyage, la chance et le beau succès que je vous souhaite de tout coeur et mes fidèles pensées.
«J'ai suivi vos succès de loin et je m'en suis réjoui comme si j'y étais ... l'essentiel reste que vous avez vérifié la portée de votre travail sur un public neuf, moins blasé et avachi que le nôtre — et que vous reveniez avec de jeunes forces. Oui, j'aurais aimé être avec vous. Non pas pour faire des conférences dont j'ai horreur, mais pour sentir l'odeur des décors, pour les déplacements, les rires, les fatigues, et le silence des coulisses, le soir. Je suis comme les vieux chevaux de cirque, j'ai besoin de ma sciure. C'est pourquoi je reviendrai vous voir au Marigny, cet hiver. Je savais aussi que vous m'accueillerez encore.
Mais je ne me sens pas grand coeur pour travailler de nouveau et personnellement au théâtre» «Je suis en retard. Mais j'ai fait faire une copie des Esprits, illisible dans la frappe que j'avais. Rien de tout cela n'est corrigé. À votre disposition. Pour L'Impromptu [pièce de jeunesse, dont il voulait faire une commedia dell'arte], je vous l'envoie surtout pour votre amusement ...» «Merci de ta bonne lettre. Ce livre m'a coûté la moitié de mon sang et m'a rendu à certains égards plus solitaire que jamais. C'est pourquoi j'aime qu'on l'aime et qu'on m'y rejoigne et ce que tu me dis m'a fortifié. Je suis désolé de ne pas être libre ce soir... Quand pars-tu?
Aurons-nous le temps de nous revoir? ...».

PROVENANCE
Sotheby's, 12/10/2006
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