CHATEAUBRIAND FRANÇOIS-RENÉ DE (1768-1848)

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CHATEAUBRIAND FRANÇOIS-RENÉ DE (1768-1848)

L.A.S. «de Ch», Gand 5 juin 1815, à John Fraser FRISELL: 3 pages in-4 (bords légèrement brunis, petites fentes aux plis réparées).
Belle lettre de Gand où Chateaubriand a suivi Louis XVIII pendant les Cent Jours.
Il n'a pas un moment à lui; sa femme a été très malade, «et c'est encore assez pour m'inquiéter. Puis j'ai eu beaucoup de travail, et des soucis de toute espèce. Il n'y a que mon amour réel pour le Roi et pour la France, qui ait pu m'engager à les servir dans ce moment.
Mais il est temps que cela finisse, car je suis un peu las. Au reste quant à ma position politique, vous savez que je suis dans le Conseil du Roi, mais jusqu'ici sans titre, et sans fonction déterminée. J'ai seulement ordre de parler au Roi de l'intérieur: cela veut-il dire que si nous retrouvons jamais un intérieur, on me chargera de ce ministère ? Je n'en sais rien et je ne le crois pas. On attend M. de TALLEYRAND cette semaine; c'est lui qui doit tout régler: ce qu'il y a de certain, c'est que je suivrai son sort. Je suis bien noir, mon cher ami, et si vous étiez ici vous en verriez bientôt la cause: nous ne nous sommes corrigés sur rien; et, si nous n'y prenons pas garde, nous périrons sans retour. L'Autriche m'a offert une retraite et une existence honorable; cela sera ma dernière ressource, en cas d'événement.
J'irai mourir à Rome, et peut-être je vous y verrai. Je suis charmé que vous travailliez. Vous êtes le seul anglois qui connoissiez bien la France; et vous aurez très certainement un grand succès qui pourra vous être utile. Si nous prospérons, vous savez combien je vous suis tout dévoué».
Puis il évoque la réimpression londonienne de son Essai sur les révolutions [il y eut deux éditions concurrentes, et incomplètes]: «D'abord cela m'a un peu fâché; j'ai donné ordre de poursuivre; puis j'ai pris le parti de laisser tout cela là. Désormais ces chicanes littéraires ne me peuvent plus rien; et elles tombent d'elles-mêmes».
Il ajoute enfin (quinze jours avant Waterloo): «Les hostilités ne commencent pas avant la fin du mois; époque à laquelle les Russes seront en ligne. Ce retard fait bien du mal à la France et augmente les difficultés de tous genres que nous avons à combattre»...
Correspondance générale, t. III, n° 686 (texte inexact).
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