VERLAINE PAUL (1844-1896)

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VERLAINE PAUL (1844-1896)
MANUSCRIT AUTOGRAPHE signé «Paul Verlaine», René Ghil, [1887] ; 5 et 9 pages in-8 sur papier administratif, montées sur onglets, reliure cartonnage bradel de papier marbré.
Belle étude sur le poète René GHIL, pour la revue Les Hommes d'aujourd'hui. Le manuscrit est en deux états : le brouillon de premier jet, puis le manuscrit de travail de la version définitive, avec des développements importants par rapport au brouillon initial ; tous deux présentent de nombreuses ratures et corrections. «René
Ghil, poète français, est né le 26 7bre 1862, à Tourcoing (Nord).
Comme pour beaucoup de personnes d'origine flamande, il y a gros à parier qu'il a du sang espagnol dans les veines. On a déjà dit de lui : «.. un Espagnol perdu dans les brumes de la Flandre.»
On ne s'est pas trompé non plus en traitant, à cette occasion, son génie et son talent d'»imagination chaude domptée par une logique sévère»»... C'est un artiste instinctif, un cas exemplaire d'esthétique transcendante. «Décadent ou symboliste, ou l'un et l'autre, n'importe, en admettant que l'un diffère de l'autre, que décadent qui est pittoresque et historique comme gueux et sans-culottes, et symboliste qui est amusamment pédantesque [...] signifient ceci ou cela, peu ou prou ou, encore rien, René Ghil représente la génération levante d'ouvriers en vers, et fortement, par l'exemple et le précepte»...
Verlaine évoque l'enfance campagnarde de Ghil, laquelle lui inspira la passion pour la nature que l'on trouve dans son livre «absolument beau» de Légende d'âmes et de sangs. Puis il expose son projet d'une oeuvre poétique en six livres, dont le deuxième, Le Geste ingénu, paraîtra le 10 mars : «c'est, par suite de poèmes distincts mais logiquement liés entre eux pour que le livre soit un, la mise en scène symbolique des montées du désir de la jeunesse, hors du temps et du lieu, dans l'espace indéfini de ces âges moyens qui doivent conduire, par évolution, au Rêve pur et à la raison cherchée, ce qui sera dans le 6e livre»... Il cite la dédicace à MALLARMÉ, des phrases admiratives de celui-ci à Ghil, et parle enfin du Traité du verbe que Mallarmé avait consenti à préfacer, l'an dernier. «Partant de ce principe, admis en somme, qu'il y a parité entre les sons et les couleurs - Baudelaire et Rimbaud, génies, ont déployé l'idée émise par de nombreux théoriciens - pourquoi le Poète ne trouverait-il pas les couleurs en sons, une fois bien déterminées les couleurs des voyelles et des diphthongues, ...et aussitôt en timbre d'instrument..., pourquoi même sa magie ne s'étendrait-elle pas jusqu'aux consonnes le tout formant un orchestre intelligent et coloré»... Il résume le système orchestral du poète, qui donnera des vers musicaux, «non musiciens ! insiste Ghil», comme l'illustrent deux poèmes imprimés collés à la fin du manuscrit, dont un fragment inédit de l'Impromptu de cuivres et basses.On a monté en tête du volume deux portraits de Verlaine, l'un tiré sur papier bleuté par Cazals, l'autre gravé sur papier bleu et l'autre gravé à l'eau-forte.
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