ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)

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ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)


L.A.S. «JJRousseau», Spalding en Lincolnshire 11 mai 1767, à Richard
DAVENPORT à Wootton, Ashburnbag (Derbyshire) ; 1 page et quart in-4, adresse avec cachet de cire rouge à la devise Vitam impendere vero (petit manque angulaire, feuillet d'adresse restauré, cachet un peu écrasé).
Rousseau, en exil en Angleterre, demande l'hospitalité de son ami pour lui et sa compagne Thérèse.
[Richard DAVENPORT (1706-1771), ami de Hume et de Rousseau, accueillera ce dernier, lors de son exil anglais en compagnie de Thérèse
Levasseur, en son manoir de Wootton Hall. Rousseau s'était réfugié en Angleterre après la publication d'Émile et du Contrat social, accueilli par Daveport à Wootton Hall, où il résida un an, du 22 mars 1766 au 1er mai 1767, s'y livrant à la botanique. Cependant, lors d'une crise de méfiance, Rousseau s'enfuit précipitamment de chez Davenport pour se réfugier à Spalding, d'où il retourna en France, avant même de recevoir la réponse de Davenport.] «Vous devez être offensé, Monsieur ; mais vous avez assez d'entrailles pour cesser de l'être quand vous songerez à mon sort. Je préférois la liberté au séjour de votre maison ; ce sentiment est bien excusable. Mais je préfère infiniment le séjour de votre maison à toute autre captivité, et je préférerois toute autre captivité à celle où je suis, qui est horrible, et qui, quoiqu'il arrive, ne sauroit durer. Si vous voulez bien, Monsieur, me recevoir derechef chez vous, je suis prêt à m'y rendre au cas qu'on m'en laisse la liberté ; et quand j'y serois, après l'expérience que j'ai faite, difficilement serois-je tenté d'en resortir pour chercher de nouveaux malheurs. Si ma proposition vous agrée, tâchez, Monsieur, de me le faire savoir par quelque voye sure, et de faciliter mon retour d'ici chez vous.
Si vous ne faites que m'écrire par la poste, vôtre lettre me parviendra d'autant moins que je suis logé chez le maitre de poste. J'attends votre réponse avec impatience ; moins pour moi, je vous l'avoue, dont le cœur est mort désormais à tout plaisir ; mais pour l'infortunée compagne de ma destinée dont le sort me fait frémir d'horreur si venant à me perdre elle reste ici seule inconnue et abandonnée. Au lieu qu'en me perdant chez vous il lui reste au moins un appui : car je vous connois trop pour craindre que vous l'abandonniez en pareil cas»
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