BRETON André (1896-1966)

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BRETON André (1896-1966)


MANUSCRIT autographe de 17 POÈMES, [1915-1916] ; carnet in-12 (15,8 x 10,7 cm) de 21 feuillets écrits au recto (plus un f. vierge), reliure souple d'origine basane gaufrée noire, tranches dorées ; étui de maroquin bleu marine (coiffes du carnet un peu frottées, dos de l'étui décoloré).


Précieux carnet rassemblant dix-sept des premiers poèmes d'André


Breton, donné à Paul Éluard.


L'étiquette du papetier en tête du carnet, Papeterie Pottin Georges


MEYNIEu, Nantes, prouve qu'il a été acheté et écrit entre juillet 1915 et novembre 1916, dates du séjour de Breton à Nantes, comme infirmier militaire. Sur ces feuillets de papier ligné, André Breton a transcrit ses poèmes avec un grand soin, d'une plume fine à l'encre bleue, sauf le dernier ajouté plus tardivement à l'encre violette (d'après des sources, ce poème daterait de juin 1916, et est le plus tardif de ce recueil).


De ces dix-sept poèmes autographes, en vers ou en prose, sept furent recueillis en 1919 dans le premier recueil d'André Breton, Mont de piété ; quatre furent publiés dans des revues ; et six ne furent jamais édités du vivant de Breton.


Ce précieux carnet est resté inconnu des éditeurs des Œuvres complètes d'André Breton dans la Bibliothèque de la Pléiade. C'est la transcription la plus complète dont on dispose pour ces poèmes de jeunesse, dont les plus anciens remontent à 1913, et ce carnet donne quelques détails et variantes inconnus sur leur genèse. Cette mise au net par


Breton d'un choix de ses premiers poèmes peut apparaître comme une première tentative de recueil. Les manuscrits cités dans l'édition de la Pléiade le sont d'après d'autres copies, notamment pour les six poèmes classés dans les «Inédits I» par Marguerite Bonnet, qui a regroupé les poèmes publiés en revues dans les «Alentours I» de son édition, à laquelle nous renvoyons.


Quand son dernier possesseur, Gwenn-Aël Bolloré, lui communiqua en 1950 ce carnet qu'il avait acquis auprès d'Henri Matarasso, Breton lui dit avoir oublié l'existence du portrait de Marie Laurencin. Dans ces vers de jeunesse, lui écrivit-il, «je ne me reconnais pas sans inquiétude» (Mémoires parallèles, p. 62).


Le carnet contient les poèmes suivants :


Châsse (Inédits I, p. 34) : «Comme une châsse d'or où de saintes reliques»... Ce sonnet date d'août 1913, d'après une copie sans titre ; le titre est resté inconnu de la Pléiade.


Le Saxe fin (Alentours I, p. 19) : «Le Saxe fin répète un menuet vieillot»... Il compte 17 alexandrins ; une version amputée des 7 premiers vers a été publiée dans la revue La Phalange (n° 93, 20 mars 1914, avec


Rieuse et Hommage) ; c'est la toute première publication de Breton.


Les vers supprimés dans La Phalange (que la Pléiade donne en variante d'après une copie datée de février 1914) constituent la «clé» de cette rêverie mallarméenne.


Rieuse (Mont de piété, p. 6) : «Rieuse et si peut-être imprudemment laurée»... Ce sonnet porte dans le carnet une dédicace «à Paul


Valéry», reprise dans la revue La Phalange (n° 93, 20 mars 1914), mais supprimée dans le recueil de 1919. En mars 1914, Breton envoya le poème à Valéry, qui en apprécia «la fine euphonie» ; cet échange ouvrit leurs relations. Breton, qui date lui-même le poème de 1913, n'y voyait plus en 1962 qu'un «sonnet tout en volutes». La Pléiade recense quatre autres copies, datées de février ou mars 1914.


Hommage (Alentours I, p. 19-20) : «Rais de soleil ou paille blanche»...


Ce sonnet, lui aussi publié dans la revue La Phalange (n° 93, 20 mars 1914), est un hommage au poète Francis Viélé-Griffin.


D'or vert (Mont de piété, p. 6) : «D'or vert les raisins mûrs et mes futiles vœux»... Ce poème de quatre quatrains, qui doit dater du début de 1914, a paru pour la première fois dans Les Écrits nouveaux (n° 9, juillet 1918), sans l'épigraphe qui figure ici (et sur deux des trois copies connues) : «Sculptée aux fins du rêve / Jean Royère».


Un lotus (Inédits I, p. 40) : «Dire, à voir cette main sur l'éther bleu flottant»... Une copie de ce sonnet a été envoyée à Paul Valéry le 4 mai 1914, sans titre ; le titre est resté inconnu de la Pléiade.


Camaïeu (Inédits I, p. 41) : «Moins de jour aux vitres qu'un tulle»...


Ce poème de cinq quatrains «date vraisemblablement du début de 1914» (M. Bonnet, qui recense une seule copie). La dernière strophe sera réutilisée par Breton, dans une version «disloquée sur le mode d'un air d'opéra», dans la «Pièce fausse» publiée en 1920 dans le n° 7 de Dada, et recueillie en 1923 dans Clair de terre.


Hymne (Mont de piété, p. 8) : «Hymne, à peine d'une eau mourant sur le sable»... Ce poème de 21 vers a paru pour la première fois dans

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