BOURDELLE Émile-Antoine (1861-1929)

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BOURDELLE Émile-Antoine (1861-1929)


L.A.S. «Bourdelle», Paris 24 avril 1897, à son ami et mécène,
Jean de MARIGNY; 6 pages in-8.
Il exprime longuement ses condoléances pour la mort en couches de Mme Gabriel Depeyre, belle-soeur de Mme de Marigny. «J'ai eu l'embarras de montrer mon émotion profonde à ces tristes nouvelles, car je dois souvent voiler mon impression sous un éloignement un masque de réserve mondaine. Ici je n'ai pu et malgré moi devant l'horrible vérité je découvre un peu de cette âme qu'il vaut mieux dérober aux yeux»...
Il livre des réflexions sur la douleur, la disparition du bonheur, la fragilité de la vie humaine... «Hommes et peuples nous allons chancellants.
La matière est contre l'esprit, l'égoïsme contre le coeur ! Heureux seuls ceux qui savent souffrir sans amertume, il faut faire bon visage à toute douleur. Le seul bonheur, au-dessus de toute atteinte, que ce soit divin que ce soit humain, c'est la bonté, la bienveillance pour tout et pour tous, l'acceptation souriante de la vie avec toutes ses conséquences»... S'ils étaient seuls, ils voyageraient ensemble dans la patrie de la beauté, «la grande et courageuse Grèce»... Cette pensée suscite d'amères réflexions sur la guerre gréco-turque en cours: il incrimine l'avidité et les «valeurs ottomanes qui gonflent les coeurs à la place de la pitié.
Chrétienne notre Europe allons donc ! Chrétienne notre caste gouvernante ! Allons donc - l'Église c'est la Bourse ! Messe ordinaire, esprits de basses bêtes jouisseuses, sans distinction, sans idéal sans coeur.
Il n'y a plus que de la vanité sotte et des boyaux dans ce lourd paquet d'Europe»...
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