BEAUMARCHAIS Pierre-Augustin Caron de (1732-1799) écrivain, auteur dramatique

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BEAUMARCHAIS Pierre-Augustin Caron de (1732-1799) écrivain, auteur dramatique

L.A.S. «Caron de Beaumarchais», Paris 20 mai 1787, à Anne-Pierre de Montesquiou-Fezensac, marquis de MONTESQUIOU; 2 pages et quart in-4.

Intéressante lettre sur l'affaire Kornmann, scandale des années 1780 qui fit couler beaucoup d'encre. [Beaumarchais, qui avait défendu l'épouse adultère de KORNMANN, internée par suite d'une lettre de cachet, multiplia des mémoires contre le mari et son défenseur Me Bergasse. Cette lettre, s'indignant de l'éventuelle protection du mari par Monsieur, frère du Roi (dont Montesquiou est Premier Écuyer), semble présenter son Mémoire pour la dame Kornmann contre le sieur Guillaume Kornmann, son époux. (Au sujet d'une accusation de séduction intentée par son mari contre Beaumarchais.), 1787. Notons que son opéra Tarare, musique de Salieri, sera créé à l'Académie royale le 8 juin suivant.]
Beaumarchais adresse à Montesquiou «le préliminaire du mémoire justificatif» qu'il va publier. «On a outragé, dans l'horreur a laquelle je répons, un homme respectable que vous aimez. C'est un gand que je vais retourner. Il a tort comme moi, et moi comme lui, soyéz en sûr. Kornmann dit tout haut qu'il a présenté son mémoire a Monsieur et que ce Prince lui a promis sa protection. Mais ceci n'est pas une affaire a juger de profil, et Monsieur est un Prince trop juste et trop éclairé, pour ne pas vouloir voir le visage entier avant de juger la phisionomie. Celle-ci est affreuse de face. Je suis en débat sur Tarare. Mr le Baron de BRETEUIL croit que j'ai tort de suspendre cet ouvrage pour une querelle particulière. Mais, grands Dieux ! Quelle opinion prendroit on d'un homme qui consentiroit d'amuser ceux qui disent du mal de lui. Cette fierté vous paroit elle messéante ? Il me semble qu'il faut tuer son ennemi avant de faire danser des nimphes, et j'ai plus d'ardeur pour gueroyer, que pour baller. Vous m'avez permis de m'adresser a vous dans les occasions fortes. Suppliéz Monsieur je vous prie de suspendre son jugement. Ce Kornmann etoit son banquier; forcé de l'inspecter sévèrement, j'ai reconnu qu'il était indigne de toute protection. Je ne demande nulle confiance pour mes assertions mais un peu d'attention pour mes preuves»...
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