ATTRIBUÉ À ERCOLE FERRATA (CÔME, 1610 - ROME, 1686)

Lot 83
80 000 - 120 000 €
Laisser un ordre d'achat
Votre montant
 €
Enchérir par téléphone
Enchérir par téléphone

ATTRIBUÉ À ERCOLE FERRATA (CÔME, 1610 - ROME, 1686)


Statue assise du pape Clément X Altiéri (Rome, 1590 - Rome, 1676)
Groupe en terre cuite
Haut.: 45,5 cm; larg. base: 29,5 cm; prof.: 29,5 cm.
(Inscription située sur le revers du dossier rendue en très grande partie illisible, biffée par enlèvement de matière)
Présence de deux cachets de cire rouge partiellement fragmentés et monogrammés AC (Accidents, éclats et manques visibles, fêle de cuisson)
Datation: vers 1682-1683
HISTORIQUE 1682. Modello probable de la statue assise du pape Clément X que Ferrata réalise pour son tombeau à Saint Pierre de Rome sous la direction de Mattia de Rossi.
PROVENANCE Lyon, collection du docteur Conche
Collection particulière.
Expert:
Albéric Froissart 06 80 26 86 38 albe.froissart@gmail.com
En 1682, soit six ans après la mort du pape Clément X commence à Rome sous la direction de l'architecte Mattia de Rossi (1637-1693) la construction de son tombeau, situé dans le transept gauche de la Basilique Saint Pierre. Surmontant un sarcophage orné d'un grand bas-relief représentant l'ouverture la Porte Sainte en l'an 1675 et entouré des figures de la Clémence et de la Bénignité, la Statue assise du Pape Clément X dont nous voyons ici très certainement un «modello» de présentation domine la composition.
Alors qu'à cette date l'Algarde (1598-1654) comme Le Bernin (1598- 1680) viennent tout juste de disparaître de la scène artistique romaine, c'est à Ercole Ferrata, l'un de leurs principaux disciples qu'est confiée la réalisation de la statue assise du défunt pontife.
Installé à Rome dès 1647, Ferrata s'imprègne tout d'abord du classicisme de l'Algarde ou de François Duquesnoy avant d'épouser un style plus expressif très proche du Bernin. Placé à la tête de l'académie de la Villa Madame en 1673 avec Ciro Ferri par le Grand duc de Toscane Cosme III, ayant son propre atelier depuis 1659 ou il forme Melchiorre Cafà et surtout Jean-Baptiste Foggini, deux des plus importants sculpteurs de la deuxième moitié du XVIIe siècle, c'est avec cet ultime réalisation, la Statue assise du pape Clément X que s'achève la carrière de cet acteur marquant du style «baroque» puisque jusqu'à sa mort Ferrata travaille à la statue en marbre du tombeau.
Fidèle à la tradition baroque et à la codification traditionnelle dans la représentation des souverains pontifes vivants ou morts, Ferrata a représenté Clément X portant les ornements pontificaux propres à sa charge à commencer par la tiare, symbole de son triple pouvoir, temporel spirituel et moral, d'une chape brodée retenue sur le devant par une agrafe, d'une aube plissée et brodée; enfin, d'une étole terminée par des franges. Son bras droit est levé dans un geste de bénédiction en direction des fidèles tandis que le gauche - revenant ici sur le devant - repose sur l'accoudoir du fauteuil imposant sur lequel le pape est assis dans l'oeuvre définitive. L'heure du goût pour la terre cuite collectionnée pour elle même et donc réalisée comme une oeuvre indépendante n'ayant pas encore sonné, c'est plutôt un extraordinaire modello de présentation que nous donne à voir cette terre cuite inédite attribuée à Ferrata. Alors que le colleret de la chape est simplement suggéré, l'artiste a porté essentiellement sonnnn attention sur la recherche des effets au travers du chiffonnement des draperies, du rendu des matières, faisant vibrer la lumière pour rendre la légèreté du surplis par le jeu parfaitement maîtrisé des gradines et des mirettes sur la terre crue. La comparaison avec le modello en terre cuite de l'Algarde pour la Statue assise du pape Innocent X (Vienne, kunsthistorisches Museum) ou encore celui de Giuseppe
Mazzuoli représentant Pie II (Cambridge, Fitzwilliam Museum) est éloquente en faveur de celui que nous présentons tant par le brio de son exécution, nerveuse et monumentale que par sa transcription des matières. Le bouillonnement des draperies, l'architecture toute en courbes du fauteuil pour ne citer que deux éléments parmi tant d'autres illustre à merveille ce fameux souffle «baroque» tandis que le miel de la patine qui semble parfaitement d'origine ajoute encore à la saveur générale de ce beau morceau d'anthologie.
Bibliographie sommaire: O. Ferrari, S. Papaldo, Le sculture del Seicento a Roma, Rome, 1999, pp. 565-566 --- A. Karsten, M. Pabsch, «Das Grabmal Clemens X Altieri», Städel Jahrbuch, 1999, pp. 295-312.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue