CHARTE DE NOLIS POUR LA TRAVERSÉE DE TROIS…

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CHARTE DE NOLIS POUR LA TRAVERSÉE DE TROIS…

CHARTE DE NOLIS POUR LA TRAVERSÉE DE TROIS CHEVALIERS BRETONS VERS DAMIETTE.
En latin, acte sur parchemin
Chypre, Limassol, 1249 [charte forgée réalisée à Paris, vers 1840].
Pièce de parchemin, encre brune, écriture de chancellerie, texte sur 6 lignes, repli avec queue de parchemin (sans sceau), inscription au dos «Procurazione...».
Dimensions: 115 x 40 mm.
Intéressant cas de falsification sous la monarchie de Juillet.
Bien que datée 1249, cette charte fut forgée au XIXe siècle.
Précisons le terme «nolis»: loyer des vaisseaux, dit «nolis».
Charte faisant état du contrat passé entre quatre chevaliers bretons et un marinier, Hervé, capitaine du vaisseau «La Pénitence de Dieu», qui prend à son bord le duc de Bretagne et ses chevaliers pour se rendre à la septième croisade, dirigée par Saint-Louis: «Nous, Jehan de Kebriac, Raoul de la Moussaye, Prigent de la Roche-Jagut, Gauffroy de Boisbilly, chevaliers, associés dans le coût du transport et ayant pleine confiance en la prudence d'Hervé [...] donnons audit
Hervé plein pouvoir de traiter et convenir avec tout patron de navire relativement au prix de notre passage jusqu'à Damiette». Après une violente tempête, les navires ont été dispersés à Limassol, ville de Chypre, le 30 mai. Forts des renforts anglais et bourguignons, les Croisés repartent vers Damiette en Égypte et prennent la cité le 5 juin.
Dans les années 1950, l'érudit chartiste R.-H. Bautier a mis en lumière une grande mystification historique opérée au XIXe siècle. Il s'agit de la fabrication en série de «chartes de croisade» par deux associés, Eugène-Henri Courtois, homme d'affaires, et Paul Letellier, copiste et généalogiste. Ces chartes ont été fabriquées dans un contexte précis:
Louis-Philippe décide en 1839 l'ouverture au Palais de Versailles d'une galerie consacrée à la glorification des familles qui pourraient prouver par titres authentiques qu'un de leurs ancêtres avait participé aux croisades. Au début de 1842, un nombre important de titres furent fabriqués et vendus à ceux qui l'on promettait de faire figurer leurs armoiries dans la «salle des croisades». Il y a 350 chartes restées invendues qui ont été acquises par les Archives nationales (109 AP, Collection de Gourgues). Courtois, véritable escroc, fit faillite, fit de la prison et fut banni des cercles qu'il avait escroqué. Letellier pour sa part racheta une partie du fonds d'Hozier, continua sa fabrication de faux: plusieurs chartriers contiennent des pièces issus de son officine. Il forma le célèbre Vrain-Lucas, qui le quitta en dérobant des pièces de sa collection. Deux archivistes-paléographes, Eugène de Stadler et Alexandre Teulet, peu scrupuleux, authentifiaient ou traduisaient les pièces.
Voir: R.-H. Bautier, «Forgeries et falsifications de documents par une officine généalogique au milieu du XIXe s.», in Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 1974 (132-1), pp. 75-93; voir aussi «La collection des chartes de croisade dite «Collection Courtois»», in Académie des Inscriptions et Belles-lettres. Comptes rendu des séances, 1956, pp. 82-86; Cassard, J-C, Les Bretons et la mer au Moyen-Age, p. 164, qui parle de «faux manifeste» au sujet de ces chartes de 1249
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