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AMEDEO MODIGLIANI (1884-1920)
Vendu : 40 300 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
AMEDEO MODIGLIANI (1884-1920)
Anna Zborowska, vers 1918-1919
Mine de plomb sur papier marouflé sur carton
Signée en bas vers la gauche
44 x 31,2 cm (feuille) - 17 3/8 x 12 1/4 in. (sheet)
(Jaunie, rousseurs)
PROVENANCE:
- Collection Anna Zborowska, née Anna Sierzpowska (1885 - 1978), France
- Collection particulière, France (par descendance)
OEUVRE EN RAPPORT:
Amedeo Modigliani (1884 - 1920), Head of a Woman (Anna Zborowska), 1918 - 1919, huile sur toile, 53,7 x 36,8 cm, Norwich, Sainsbury Centre, University of East Anglia (inv. 13)
«Quand il arrive à Paris en 1906, Modigliani a un parcours solide. Apprenti chez le peintre livournais Guglielmo Micheli dès ses 15 ans, il a séjourné à plusieurs reprises à Florence, Naples et Venise pour parfaire ses connaissances et renforcer sa pratique. Il s’installe d’abord près du Bateau-Lavoir, entamant une série d’allers-retours sur la ligne Nord-Sud, entre
Montmartre et Montparnasse, au gré des ateliers et logements que ses proches, amis et marchands lui permettront d’obtenir jusqu’à sa mort en janvier 1920. Plus friand des musées que des classes académiques, il erre dans les salles du Louvre ou du palais du Trocadéro et fréquente la galerie d’art africain, asiatique et moderne que Joseph Brummer vient d’ouvrir boulevard Raspail. C’est grâce à Paul Alexandre que l’on peut avoir un aperçu de ses habitudes. On le sait, Modigliani a laissé peu d’archives, et les témoignages fiables, comme celui du médecin rencontré fin 1907 et fidèle soutien jusqu’à la mobilisation, sont rares et précieux. L’animateur du 7 rue du Delta, petite colonie d’artistes installée dans un immeuble voué à la démolition, assiste aux recherches de Modigliani dans le domaine de la sculpture et en conserve une inestimable quantité d’esquisses représentant atlantes et cariatides. C’est après son départ au front, en 1914 ou 1915, que l’artiste rencontre Paul Guillaume. Le jeune marchand lui loue un atelier rue Ravignan puis au Bateau-Lavoir et soutient son retour à la peinture. Plusieurs collectionneurs découvrent alors son travail, parmi lesquels André Level, Paul Poiret et enfin Roger Dutilleul qui visite probablement l’exposition organisée chez Paul Guillaume, rue de Villiers, en 1917. À cette date, Guillaume dispose encore de son stock mais a cédé la place à Léopold Zborowski, poète polonais qui s’assure l’exclusivité de la production de Modigliani en échange d’un logement, de matériel de peinture et d’un salaire qui s’avère irrégulier. L’artiste et le marchand signent néanmoins un contrat tripartite avec le collectionneur alsacien Jonas Netter en 1919. En mai de cette même année, Modigliani retourne à Paris après un long séjour sur la Côte d’Azur, où il s’est agi pour lui de soigner sa santé fragile et pour sa compagne Jeanne Hébuterne d’accoucher discrètement. Le mois suivant, Roger Dutilleul pose pour le peintre, en une série de séances dont le collectionneur a raconté le déroulement. Sept mois plus tard, le peintre décède d’une méningite tuberculeuse à l’hôpital de la Charité, sa compagne enceinte se défenestre et la vie miséreuse du couple se transmute en légende. »
Jeanne-Bathilde Lacourt, in. Les secrets de Modigliani, Techniques et pratiques artistiques d’Amedeo Modigliani, cat. expo., Villeneuved’Ascq, Lam, 19 février 2021-6 mars 2022, Lille : Lam-Éditions Invenit, 2022, p. 63
«La personnalité artistique de Amedeo Modigliani ressort de son oeuvre de dessinateur, dès le début de son activité qu’il commença à Paris à l’âge de vingt-deux ans. Avant son départ pour Paris en 1906, il exécuta en Italie quelques tableaux et quelques dessins | mais ce ne sont là que de simples souvenirs ou des témoignages d’essais scolaires, nés de sa courte fréquentation de l’atelier du peintre macchiaiolo Guglielmo Micheli, entre deux maladies, ou de sa présence irrégulière aux cours de l’académie des Beaux-Arts de Venise. Les vrais maîtres de Modigliani, ce sont les chefs-d’oeuvre du passé qu’il a vus à loisir et a aimés dans son jeune âge dans les musées de Rome, de Naples, de Florence et de Venise. L’activité artistique d’un être cultivé et sensible comme Modigliani ne pouvait commencer à éclore dans le climat fastidieux d’un goût vériste, alors diffus en Italie, mais plutôt dans une ambiance où l’activité artistique de son temps était vivante et atteignait les sommets de l’intelligence, à savoir, Paris. […] Modigliani est ce qu’on appelle un dessinateur né | dés le début, son coup de crayon se base sur la valeur de la ligne pure, toujours tracée sans hésitation, sans jamais de repentir, parfaite et déjà originale.
Anna Zborowska, vers 1918-1919
Mine de plomb sur papier marouflé sur carton
Signée en bas vers la gauche
44 x 31,2 cm (feuille) - 17 3/8 x 12 1/4 in. (sheet)
(Jaunie, rousseurs)
PROVENANCE:
- Collection Anna Zborowska, née Anna Sierzpowska (1885 - 1978), France
- Collection particulière, France (par descendance)
OEUVRE EN RAPPORT:
Amedeo Modigliani (1884 - 1920), Head of a Woman (Anna Zborowska), 1918 - 1919, huile sur toile, 53,7 x 36,8 cm, Norwich, Sainsbury Centre, University of East Anglia (inv. 13)
«Quand il arrive à Paris en 1906, Modigliani a un parcours solide. Apprenti chez le peintre livournais Guglielmo Micheli dès ses 15 ans, il a séjourné à plusieurs reprises à Florence, Naples et Venise pour parfaire ses connaissances et renforcer sa pratique. Il s’installe d’abord près du Bateau-Lavoir, entamant une série d’allers-retours sur la ligne Nord-Sud, entre
Montmartre et Montparnasse, au gré des ateliers et logements que ses proches, amis et marchands lui permettront d’obtenir jusqu’à sa mort en janvier 1920. Plus friand des musées que des classes académiques, il erre dans les salles du Louvre ou du palais du Trocadéro et fréquente la galerie d’art africain, asiatique et moderne que Joseph Brummer vient d’ouvrir boulevard Raspail. C’est grâce à Paul Alexandre que l’on peut avoir un aperçu de ses habitudes. On le sait, Modigliani a laissé peu d’archives, et les témoignages fiables, comme celui du médecin rencontré fin 1907 et fidèle soutien jusqu’à la mobilisation, sont rares et précieux. L’animateur du 7 rue du Delta, petite colonie d’artistes installée dans un immeuble voué à la démolition, assiste aux recherches de Modigliani dans le domaine de la sculpture et en conserve une inestimable quantité d’esquisses représentant atlantes et cariatides. C’est après son départ au front, en 1914 ou 1915, que l’artiste rencontre Paul Guillaume. Le jeune marchand lui loue un atelier rue Ravignan puis au Bateau-Lavoir et soutient son retour à la peinture. Plusieurs collectionneurs découvrent alors son travail, parmi lesquels André Level, Paul Poiret et enfin Roger Dutilleul qui visite probablement l’exposition organisée chez Paul Guillaume, rue de Villiers, en 1917. À cette date, Guillaume dispose encore de son stock mais a cédé la place à Léopold Zborowski, poète polonais qui s’assure l’exclusivité de la production de Modigliani en échange d’un logement, de matériel de peinture et d’un salaire qui s’avère irrégulier. L’artiste et le marchand signent néanmoins un contrat tripartite avec le collectionneur alsacien Jonas Netter en 1919. En mai de cette même année, Modigliani retourne à Paris après un long séjour sur la Côte d’Azur, où il s’est agi pour lui de soigner sa santé fragile et pour sa compagne Jeanne Hébuterne d’accoucher discrètement. Le mois suivant, Roger Dutilleul pose pour le peintre, en une série de séances dont le collectionneur a raconté le déroulement. Sept mois plus tard, le peintre décède d’une méningite tuberculeuse à l’hôpital de la Charité, sa compagne enceinte se défenestre et la vie miséreuse du couple se transmute en légende. »
Jeanne-Bathilde Lacourt, in. Les secrets de Modigliani, Techniques et pratiques artistiques d’Amedeo Modigliani, cat. expo., Villeneuved’Ascq, Lam, 19 février 2021-6 mars 2022, Lille : Lam-Éditions Invenit, 2022, p. 63
«La personnalité artistique de Amedeo Modigliani ressort de son oeuvre de dessinateur, dès le début de son activité qu’il commença à Paris à l’âge de vingt-deux ans. Avant son départ pour Paris en 1906, il exécuta en Italie quelques tableaux et quelques dessins | mais ce ne sont là que de simples souvenirs ou des témoignages d’essais scolaires, nés de sa courte fréquentation de l’atelier du peintre macchiaiolo Guglielmo Micheli, entre deux maladies, ou de sa présence irrégulière aux cours de l’académie des Beaux-Arts de Venise. Les vrais maîtres de Modigliani, ce sont les chefs-d’oeuvre du passé qu’il a vus à loisir et a aimés dans son jeune âge dans les musées de Rome, de Naples, de Florence et de Venise. L’activité artistique d’un être cultivé et sensible comme Modigliani ne pouvait commencer à éclore dans le climat fastidieux d’un goût vériste, alors diffus en Italie, mais plutôt dans une ambiance où l’activité artistique de son temps était vivante et atteignait les sommets de l’intelligence, à savoir, Paris. […] Modigliani est ce qu’on appelle un dessinateur né | dés le début, son coup de crayon se base sur la valeur de la ligne pure, toujours tracée sans hésitation, sans jamais de repentir, parfaite et déjà originale.
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