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ISIDORE PILS (1813-1875)
Vendu : 28 340 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
ISIDORE PILS (1813-1875)
La marchande de poteries. Ébauche faite en Kabylie
Huile sur toile
Timbre de la signature [Lugt L.2030] en bas à gauche
Cachet à la cire rouge de la vente Pils sur le châssis
73,5 x 92 cm - 29 x 36 1/4 in.
PROVENANCE:
- Vente, Atelier et collection particulière [Isidore Pils], Catalogue avec courte notice de L. Becq de Fouquières, Me Boussaton, Paris, Hôtel Drouot, 20 mars 1876, lot 18 (experts Durand- Ruel et Mannheim)
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente puis par descendance)
- Vente, Arts classiques, Biarritz Enchères, 16 février 2023, lot 109 (acquis au cours de la vente précédente)
EXPOSITION:
Probablement : Exposition des oeuvres de Pils à l'École des Beaux-Arts, 1876, n°48 (titré erronément Femmes et enfants kabyles)
OEUVRES EN RAPPORT:
- Pour la tête de personnage féminin : Isidore Pils (1813 - 1875), Portrait de Yamina Saïd, 1862, huile sur toile, 30 x 24 cm, Marseille, Musée Grobet-Labadié (inv. 3102)
- Pour la tête de jeune garçon : Isidore Pils (1813 - 1875), Kabyles, 1864, aquarelle sur papier, 38 x 50 cm, Chantilly, Musée Condé (inv. PE 516)
- Pour les deux personnages : Isidore Pils (1813 - 1875), Kabyles préparant le couscous, huile sur toile, 93 x 73 cm, in. Vente, Arts du Moyen-Orient et de Méditerranée, Millon, Paris, Les salons du Trocadéro, 19 décembre 2022, lot 20
ISIDORE PILS
La marchande de poteries. Ébauche faite en Kabylie
Pils alla deux années de suite en Algérie, en 1861 et 1862. Le maréchal Pélissier, qui était alors gouverneur général, le reçut avec cette brusquerie toute militaire qui n’excluait pas la bonté. Grâce à lui, et surtout grâce à l’amabilité du général de Martimprey, Pils put commencer à Alger une série d’études militaires et assister à des revues auxquelles l’élément arabe
donnait à ses yeux une valeur toute particulière. Mais bientôt il s’aperçut que l’Afrique avait reculé devant la civilisation française, et qu’il fallait aller la chercher dans son désert ou dans ses montagnes. Il partit donc pour la Kabylie et alla s’installer au fort Napoléon. C’est là que deux ans de suite il revint préparer le grand tableau qu’il méditait, et faire les admirables études qui sont restées jusqu’aujourd’hui presque ignorées du public. Heureusement, le fort Napoléon était alors commandé par un officier du plus grand mérite, le commandant Hanoteau, qui avait étudié la langue et les moeurs du peuple kabyle, qui connaissait le pays, les chefs influents, et qui put mettre Pils à même d’avoir des modèles. Les hommes, pour la plupart, s’y prêtaient volontiers | les femmes, au contraire, fuyaient à son approche, le prenant pour un sorcier, et d’ailleurs, comme toutes les musulmanes | ayant une horreur superstitieuse pour les représentations de la figure humaine. Bien souvent, Pils fut obligé de se cacher et de les dessiner à la dérobée, à l’aide d’une lorgnette. Il put faire quelques excursions assez loin du fort Napoléon, et alla mème jusqu’à l’extrémité de la Kabylie, à l’Oued Sahel, campant sous la tente, presque toujours dans les cimetières, et partageant le soir avec les notables et les chefs indigènes le couscous et la viande bouillie, dont le village ensuite dévorait les restes. […] L’Afrique avait été pour lui une révélation. Il avait vu les siècles écoulés ressusciter à ses yeux | sous la tente de l’Arabe, à l’ombre des palmiers, au bord des puits, il avait retrouvé ces antiques figures des livres saints, tout ce monde de pasteurs, de chameliers, de prophètes et de vierges aux regards de gazelle, qui se détache sur le fond religieux de la Bible. Un horizon nouveau s’était entr’ouvert à ses yeux | en quelques jours il avait rencontré assez de motifs de tableaux pour remplir plusieurs existences d’artiste. Il s’était mis au travail avec acharnement, avec passion, rassemblant en quelques mois ces magistrales études de types kabyles, qui sont tout un musée à elles seules, ébauchant quelques scènes dérobées à cette vie primitive et traçant rapidement l’esquisse de plusieurs grands projets futurs. Parmi ceux-ci se trouve un marché kabyle sous les immenses rameaux d’un chêne séculaire. Il devait retourner en Afrique avant d’exécuter le tableau | mais qui compte sur l’avenir bâtit sur le sable ! Parmi les scènes qui l’avaient frappé, une entre autres le poursuivait de son souvenir. Un jour, il s’était arrêté devant une femme assise gravement au seuil de sa maison, les mains jointes sur ses genoux croisés. Maintes fois il avait rencontré des femmes habillées d’une longue tunique serrée à la taille et portant sur l’épaule une amphore d’argile. Telles étaient les vierges d’Argos quand elles allaient puiser de l’eau aux bords de l’Inachus. Mais cette femme, assise et immobile, paraissant dans son impassibilité en proie à quelque i
La marchande de poteries. Ébauche faite en Kabylie
Huile sur toile
Timbre de la signature [Lugt L.2030] en bas à gauche
Cachet à la cire rouge de la vente Pils sur le châssis
73,5 x 92 cm - 29 x 36 1/4 in.
PROVENANCE:
- Vente, Atelier et collection particulière [Isidore Pils], Catalogue avec courte notice de L. Becq de Fouquières, Me Boussaton, Paris, Hôtel Drouot, 20 mars 1876, lot 18 (experts Durand- Ruel et Mannheim)
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente puis par descendance)
- Vente, Arts classiques, Biarritz Enchères, 16 février 2023, lot 109 (acquis au cours de la vente précédente)
EXPOSITION:
Probablement : Exposition des oeuvres de Pils à l'École des Beaux-Arts, 1876, n°48 (titré erronément Femmes et enfants kabyles)
OEUVRES EN RAPPORT:
- Pour la tête de personnage féminin : Isidore Pils (1813 - 1875), Portrait de Yamina Saïd, 1862, huile sur toile, 30 x 24 cm, Marseille, Musée Grobet-Labadié (inv. 3102)
- Pour la tête de jeune garçon : Isidore Pils (1813 - 1875), Kabyles, 1864, aquarelle sur papier, 38 x 50 cm, Chantilly, Musée Condé (inv. PE 516)
- Pour les deux personnages : Isidore Pils (1813 - 1875), Kabyles préparant le couscous, huile sur toile, 93 x 73 cm, in. Vente, Arts du Moyen-Orient et de Méditerranée, Millon, Paris, Les salons du Trocadéro, 19 décembre 2022, lot 20
ISIDORE PILS
La marchande de poteries. Ébauche faite en Kabylie
Pils alla deux années de suite en Algérie, en 1861 et 1862. Le maréchal Pélissier, qui était alors gouverneur général, le reçut avec cette brusquerie toute militaire qui n’excluait pas la bonté. Grâce à lui, et surtout grâce à l’amabilité du général de Martimprey, Pils put commencer à Alger une série d’études militaires et assister à des revues auxquelles l’élément arabe
donnait à ses yeux une valeur toute particulière. Mais bientôt il s’aperçut que l’Afrique avait reculé devant la civilisation française, et qu’il fallait aller la chercher dans son désert ou dans ses montagnes. Il partit donc pour la Kabylie et alla s’installer au fort Napoléon. C’est là que deux ans de suite il revint préparer le grand tableau qu’il méditait, et faire les admirables études qui sont restées jusqu’aujourd’hui presque ignorées du public. Heureusement, le fort Napoléon était alors commandé par un officier du plus grand mérite, le commandant Hanoteau, qui avait étudié la langue et les moeurs du peuple kabyle, qui connaissait le pays, les chefs influents, et qui put mettre Pils à même d’avoir des modèles. Les hommes, pour la plupart, s’y prêtaient volontiers | les femmes, au contraire, fuyaient à son approche, le prenant pour un sorcier, et d’ailleurs, comme toutes les musulmanes | ayant une horreur superstitieuse pour les représentations de la figure humaine. Bien souvent, Pils fut obligé de se cacher et de les dessiner à la dérobée, à l’aide d’une lorgnette. Il put faire quelques excursions assez loin du fort Napoléon, et alla mème jusqu’à l’extrémité de la Kabylie, à l’Oued Sahel, campant sous la tente, presque toujours dans les cimetières, et partageant le soir avec les notables et les chefs indigènes le couscous et la viande bouillie, dont le village ensuite dévorait les restes. […] L’Afrique avait été pour lui une révélation. Il avait vu les siècles écoulés ressusciter à ses yeux | sous la tente de l’Arabe, à l’ombre des palmiers, au bord des puits, il avait retrouvé ces antiques figures des livres saints, tout ce monde de pasteurs, de chameliers, de prophètes et de vierges aux regards de gazelle, qui se détache sur le fond religieux de la Bible. Un horizon nouveau s’était entr’ouvert à ses yeux | en quelques jours il avait rencontré assez de motifs de tableaux pour remplir plusieurs existences d’artiste. Il s’était mis au travail avec acharnement, avec passion, rassemblant en quelques mois ces magistrales études de types kabyles, qui sont tout un musée à elles seules, ébauchant quelques scènes dérobées à cette vie primitive et traçant rapidement l’esquisse de plusieurs grands projets futurs. Parmi ceux-ci se trouve un marché kabyle sous les immenses rameaux d’un chêne séculaire. Il devait retourner en Afrique avant d’exécuter le tableau | mais qui compte sur l’avenir bâtit sur le sable ! Parmi les scènes qui l’avaient frappé, une entre autres le poursuivait de son souvenir. Un jour, il s’était arrêté devant une femme assise gravement au seuil de sa maison, les mains jointes sur ses genoux croisés. Maintes fois il avait rencontré des femmes habillées d’une longue tunique serrée à la taille et portant sur l’épaule une amphore d’argile. Telles étaient les vierges d’Argos quand elles allaient puiser de l’eau aux bords de l’Inachus. Mais cette femme, assise et immobile, paraissant dans son impassibilité en proie à quelque i
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