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Napoléon Ier (1769-1821)

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Napoléon Ier (1769-1821)
5 L.S. « Nap » ou « NP », 31 janvier-14 mars 1814, à l'Archichancelier
CAMBACÉRÈS | 3 lettres sont écrites par Fain | 15 pages in-4.
[780, 784, 787-789]
Campagne de France.
Brienne 31 janvier. « Je ne vois pas d'inconvénient à tout ce que vous me proposez pour les différens services. Je suppose que vous avez reçu l'ordre de service. L'idée que vous avez eue de prendre ce qui a été fait l'année dernière me paraît très convenable »...
Chateau de Surville pres de Montereau 19 fevrier. « Les petits journaux sont toujours fort mal rédigés : la police n'a aucune espèce de tact pour les diriger. Ils disent actuellement que mon armée est peu nombreuse, et que nous ne sommes qu'un contre trois | tandis qu'en bonne politique il faut dire que nous avons des forces considérables. Ce contre-sens de raison me nuit beaucoup. Parlez-en au ministre de la police : dites-lui que ces petits journaux, ainsi dirigés, loin de servir à quelque chose, font beaucoup de mal »...
Soissons 13 mars. « Je suis surpris qu'un homme de votre expérience qui me connaît depuis 20 ans, m'écrive de pareilles choses. Croyez-vous que je sois tombé en quenouille et que je sois assez faible pour que l'opinion de 2 à 3 badauds influe sur la mienne ? J'estime et j'aime le duc de
Conegliano [Moncey] | mais s'il était entré dans mes calculs d'envoyer le duc de Padoue [Arrighi] et Ornano, ce qu'on m'aurait dit que cela pouvait déplaire, ne m'aurait donné que plus de motifs de les envoyer. Sachez bien que quelques soient les circonstances et les événemens, tant que je vivrai, je commande. Comment avez-vous pu croire de telles absurdités ? La seule raison du pays de naissance ces deux généraux m'eut ôté cette idée ! La peur vous a ôté le jugement. L'Impératrice a plus d'esprit que vous autres. Elle a refusé d'envoyer Meneval ou Mole me parler de paix. Elle a bien fait. Je les aurais renvoyés de ma chambre. Je ne puis voir que faction et l'idée de se rendre populaire dans la supposition que je ne veux pas la paix. D'ailleurs comme tout se sait, cela fait mal dans l'opinion et chez l'étranger. [...] J'ai su également bon gré à l'Impératrice d'avoir continué de passer par le souterrain et de n'avoir pas adhéré aux conseils du Roi [Joseph] qui prétendait que cela avait 1'air d'avoir peur.
L'Impératrice n'est pas une actrice : c'est son attachement à la France et à son mari qui doivent la faire aimer et estimer du public et non les détails de sa vie privée. Comment le Roi pense-t-il ainsi à changer les habitudes du palais. C'est désavouer ce que j'ai fait. [...] Tout cela n'est que de petites choses mais cela me ferait craindre pour le sort de la France si le Roi régnait un jour ! Car avec de la faiblesse on va à l'échaffaud et c'est en parlant sans cesse à Louis 16 de la nécessité de plaire au peuple et de céder à l'opinion qu'on a perdu ce prince ! C'est aux peuples à plaire à leur Souverain et non aux souverains à plaire au peuple. Il suffit que le Souverain soit juste et fasse le bien de son peuple. - À ce qu'il me semble l'Impératrice n'a pas besoin de vos conseils, cependant je devoir vous faire connaître que vous devez en toutes choses lui dire de ne pas s'éloigner de sa manière accoutumée | elle est parfaite et me plaît, ce qui vaut mieux que de plaire au public et ce qui d'ailleurs n'a pas mal réussi | qu'elle ne change donc absolument en rien aucune de ses habitudes.
[...] Je vous passe votre peur, dont j'espère que vous serez bientôt guéri : vous vivrez tranquillement et sans orage le reste de vos jours possédant mon estime et mon entière confiance pour vos bons services pendant 20 années. Tâchez de persuader au Roi que la manière de me conduire ne sera jamais de me faire peur du public | que je ne crains pas, que je me moque des 6 000 personnes qui font l'opinion à Paris | et que je sais mes relations et ma manière d'être avec 39,994 000 habitans des provinces et des campagnes. Voilà ce que vous ne savez pas assez : le Roi ignore sans doute que je ne suis pas un homme nouveau en France ! »...
Reims 14 mars, 10 h. du matin. « Mon Cousin, il a été question de faire des adresses pour me demander la paix. Cette idée qui est un véritable crime n'a pas pu être ignorée de vous : pourquoi ne me l'avez vous pas fait connaître et comment n'avez-vous pas fait connaître aux autres combien cette idée était criminelle et propre à faire mauvais effet sur l'opinion, sur l'étranger et sur moi. Est-ce qu'il y aurait quelqu'un assez fou pour supposer qu'ayant toute la responsabilité et les dangers des affaires, je voulusse en laisser la popularité à un autre ? Y aurait-il encore quelqu'un qui voudrait se dire le 1er citoyen de Paris. Si ces idées sont venues, comment n'avez-vous pas fait ouvrir les yeux sur l'impossibilité et même le danger personnel qu'on encourt dans de pareilles démarches ? [...] Mon Dieu ! que tout cela est bête ! [...] Vous pouvez vous en expliquer auprès du Roi [Joseph], qui paraît se tromper et surtout au