


- réputé offert par la marquise de Laubespin à Monseigneur Georges Audollent (1867 - 1944), évêque de Blois.
- par héritages successifs jusqu'à ce jour.
- Anne Lepoittevin, « Picciolini, picolini et piccioli : La fabrique romaine des Agnus Dei (1563 - 1700) » dans Archives de sciences sociales des religions 183 | juillet-septembre 2018.
Un Agnus Dei est un sacramental catholique romain qui était anciennement solennellement béni par le pape tous les sept ans. Fait de la cire provenant du cierge pascal pontifical mêlée au saint chrême ce sacramental est un objet de dévotion associé à de nombreuses grâces. Les Agnus Dei entiers sont très rares à plus forte raison lorsqu'ils sont très anciens. Ces derniers étaient en effet bien souvent brisés en une multitude de fragments tous porteurs des mêmes avantages sacramentels y associés. Les Agnus Dei du XVIe siècle sont rarissimes.
Les deux seuls autres exemplaires comparables retrouvés sont aujourd'hui respectivement conservés au Musée National de la Renaissance d'Ecouen [n° Inv. E.Cl. 13328] Fig. 1 et à Rome dans la Galleria Colonna, Appartamento Principessa Isabelle [n° Inv. N° 351] Fig. 2 qui, comme le nôtre, sont sertis dans des cadres circulaires à bélières. Celui de la galerie Colonna étant vraisemblablement issu du même moule puisque identique en légendes et sujets sur les deux faces. Notre Agnus Dei a également été richement et intégralement peint et doré ce qui le rend d'autant plus intéressant que cette pratique de coloration fut abolie par la bulle de Grégoire XIII interdisant qu'on masque la blancheur des Agnus Dei, fulminée le 25 mai 1572, jour même de son intronisation (Magnum Bullarium, 1742 : 389).
La conservation de cette pièce exceptionnelle est probablement due à son statut. En effet après la canonisation de Pie V en mai 1712, les sacramentaux bénis par ce Saint Père furent considérés comme relique de contact dudit pontife. Relique d'autant plus précieuse que c'est précisément un Agnus Dei qui avait été l’instrument de l’un des deux miracles nécessaires à la canonisation du nouveau saint. En effet, en 1678, une femme de médecin, dévote d’un Agnus béni par Pie V, se releva miraculeusement de couches qui auraient dû l’emporter.
Sixte V comme Benoît XIV n’hésitèrent point à affirmer que les Agnus opérèrent des prodiges d’ordre surnaturel par la grâce de Dieu, les prières des hommes et les bénédictions du pontife qui les consacrait. L’histoire ecclésiastique regorge de faits prodigieux dont il vaut la peine de rappeler quelques exemples : notons que saint Pie V en distribua aux troupes s’embarquant pour Lépante. Une autre fois, le Tibre, en furieuse crue, dévastait plusieurs quartiers de Rome ; un Agnus Dei jeté dans ses eaux par ce même Pie V, et le fleuve rentra dans son lit. En 1558, un autre Agnus consacré par lui fut jeté dans l’Adige, délivra Vérone d’une inondation terrible. En 1585, encore un Agnus arrêta l’incendie de Messine.
Et que dire de 1690, lorsque Vienne était la proie des flammes ? L’empereur Léopold y fit porter un Agnus consacré par Innocent XI : les flammes s’éteignirent aussitôt ! L’année suivante, au conclave du Quirinal, les cardinaux, menacés par un feu qui ravagea cinq chambres et dura plus de six heures, ignoraient comment contenir l’incendie. Pourtant, dès qu’un Agnus d’Innocent XI fut jeté au milieu des flammes, celles-ci cessèrent aussitôt. On retrouva l’Agnus intact, alors que la cassette d’argent qui le contenait avait fondu… !
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