




Pierre-Nicolas BRISSET (Paris, 1810 - 1890)
La coupe de Joseph retrouvée dans le sac de Benjamin, 1839
La coupe de Joseph retrouvée dans le sac de Benjamin, 1839
Toile d'origine
Signée en bas à gauche Pre Brisset
113 x 145 cm - 44 1/2 x 57 1/8 in.
Galerie Charles Sakr ; acquis auprès de cette dernière par l’actuel propriétaire en 2006, collection particulière (Pays-Bas).
« Sans aucun doute, le tableau de M. Brisset est mieux exécuté, mieux entendu d’effet que celui de M. Duval (…) je suis loin de contester à cet artiste déjà distingué dans l’exécution, les qualités qui font de son tableau l’un des trois meilleurs du concours ». Le Journal des Artistes
L’épisode se situe aux chapitres 43-45 de la Genèse. Tous les fils de Jacob se présentent devant Joseph, sans reconnaître ce frère qu’ils ont vendu des années auparavant. Désormais devenu le grand administrateur de l’Égypte, Joseph souhaite éprouver leur loyauté avant de se révéler à eux. Venus du pays de Canaan pour acheter du grain en raison de la famine, ils sont accueillis par Joseph, qui fait secrètement dissimuler une coupe d’argent dans le sac de Benjamin, le plus jeune des frères et le fils préféré de leur père. Alors que la fratrie reprend la route vers Canaan, Joseph envoie son intendant à leur poursuite. Celui-ci les accuse d’avoir dérobé la coupe d’argent de son maître, malgré la générosité dont ils ont bénéficié : Joseph leur a non seulement vendu du grain, mais il a aussi fait remettre dans leurs sacs l’argent qu’ils avaient apporté pour le payer.
La coupe est finalement retrouvée dans le sac de Benjamin. Ce larcin le condamne à devenir esclave. Bouleversés, les frères tentent de le défendre, sachant l’amour particulier que leur père lui porte. L’aîné va même jusqu’à proposer de prendre sa place et de se mettre lui-même au service de Joseph. Ému par ce sacrifice et par la transformation de ses frères, Joseph se révèle enfin à eux. Il leur pardonne et les invite à venir s’installer en Égypte avec leur père, où ils pourront vivre en sécurité et à l’abri de la famine.
Elève de Picot, c’est la deuxième fois que Brisset tente le Grand Prix, fort de sa deuxième place au concours de 1837. Il a retenu la leçon de son maître dont l’enseignement est fondamentalement basé sur le dessin. Morceau de bravoure pour les jeunes peintres, l’épreuve est aussi une occasion de prouver sa maîtrise de l’anatomie et de l’expression des passions, comme c’est ici le cas, les visages exprimant toute une palette d’émotions en lien avec le sujet : désespoir, tourmente, crainte, culpabilité, autorité. La scène prend place dans une Egypte que le peintre n’est encore jamais allé voir mais qui évoque le goût d’une époque pour un Orient rêvé.
Si le Prix de Rome est remporté cette année-là par Hébert (Fig. 1. Paris, musée de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts, inv. PRP 83), notre jeune peintre le remporta l’année suivante avec Le départ de Caïus Gracchus (Paris, musée de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts, inv. PRP 84).
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