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[MANUSCRIT ESPAGNOL ORNÉ SUR VÉLIN].

Vendu : 1 560

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[MANUSCRIT ESPAGNOL ORNÉ SUR VÉLIN].

“Regla” ou [“Constitucioneset règlement de la “Confrérie des Âmes du Purgatoire” de l'église paroissiale Santa-Ana de Séville fondée en 1566/1576].

rédigé en 1828.

Petit in-folio. 19 ff. manuscrits et enluminés, 2 grandes figures peintes.

Reliure postérieure faite d’un morceau de veau noir ancien de réemploi, possible reliure de deuil ou macabre du XVIIe voire du début du XVIIIe siècle pour les plats, avec traces d’encadrements dorés et un grand fer macabre doré dont le crâne et les tibias croisés ont été grattés, le tout est solidaire d’un dos de toile noire moderne assez discret.

DESCRIPTION :

19 ff. de vélin numérotés et calligraphiés à l'encre brune avec capitales ou titres en rouge.

1 ff. de table : “Indice de los Capitulos que contiene esta Regla”, calligraphié recto-verso, précédés de 2 grandes fines peintures en couleurs sur vélin en frontispices (14 x 21 cm).

Texte calligraphié en italique et écrit en espagnol, encadré de rouge (15 x 23 cm), de 15 lignes par pages, orné de 9 lettrines peintes (ca 5 x 6 cm) de petits paysages avec capitale en rouge.

Les 2 belles figures habilement peintes, non signées, sont proches du style du baroque espagnol ou presque du baroque colonial espagnol, même si leur contexte historique est plus tardif :

-l’Archange Saint Michel avec ses attributs (le bouclier, le glaive et le casque) dans les nuées.

-Une représentation des âmes des défunts brûlant dans les flammes du Purgatoire mais sur le point d’être secourus par un ange.

CONTENU :

Rédigé sous l’égide de Ferdinand VII “par la grace de Dieu roi de Castille…”.

Calligraphié et signé par “P. E. S. C. G. José Aranalde”, et daté de 9 septembre de “mil ochocientos veinte y ocho” (1828).

Le manuscrit envisage d’organiser et réglementer les règles de la Confrérie faisant acte par la production d’une référence manuscrite citant tous les responsables et chapitrant la règle.

 

Pour le salut des défunts cantonnés au Purgatoire, l'Église catholique encourage à prier pour leurs âmes. Entre le xviiie et le milieu du xxe siècle, notamment à l'occasion de la succession de “calamités” marquantes notamment en Espagne (on se rappelle Los Desastres de la Guerra de Goya), ayant laissé de nombreux défunts sans sépulture ni rites, cette dévotion, née vers le XVIe siècle, prit une dimension nouvelle et favorisa le développement de pratiques populaires très élaborées et sacramentelles.

De nombreuses litanies et prières canoniques ont été proposées pour ce faire, particulièrement au début du XIXe, moment de rédaction de notre manuscrit.

En Espagne, les confréries des Âmes du Purgatoire ou Hermandades de las Ánimas étaient de ces communautés ou fraternités de fidèles dédiées à la prière et aux œuvres de charité en suffrage pour le salut des « âmes les plus délaissées ». Piété communautaire tournée vers l’au-delà, traduisant un type de sociabilité eschatologique : le culte des défunts est un devoir de charité et un principe d’équilibre social et spirituel, les morts garantissant la cohésion des vivants.

Reliure frottée et restaurée avec toile noire. Salissures au vélin, sujet gratté. Qques salissures au vélin. Une petite tache d’encre à la seconde figure, sans gravité