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BERLIOZ Hector (1803-1869).

L.A.S. « H.B. », [2 mars 1825], à sa sœur Mademoiselle Nanci BERLIOZ ; 1 page in-4, adresse au dos (petite déchirure par bris du cachet sans toucher le texte).

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L.A.S. « H.B. », [2 mars 1825], à sa sœur Mademoiselle Nanci BERLIOZ ; 1 page in-4, adresse au dos (petite déchirure par bris du cachet sans toucher le texte).

Très belle lettre affirmant sa vocation de musicien malgré l’opposition de ses parents. Il supplie sa sœur de lui écrire « les raisons qui portent papa et maman à me garder un silence aussi sévère ». Dans sa réponse à son père, il n’y a rien « qui ne fût d’un fils soumis et respectueux, puisque je disais à mon père, que s’il insistait, malgré mes observations et l’inutilité de mon séjour à la Côte, je sacrifierais à ses volontés tout un an de travail et mon avenir de plusieurs années ». Il a besoin d’argent, et envisage avec effroi ce séjour à la Côte-Saint-André, puisque même Nanci lui demande de prouver : « 1° Qu’en étant musicien je ne cesse pas d’être fils, frère et ami 2° que l’état de compositeur n’est pas incompatible avec la vie sociale 3° que je suis capable de penser et de raisonner 4° que l’instinct n’est pas mon guide 5° que je puis observer les temps, les lieux, les usages, les convenances 6° que je ne suis pas l’ennemi de tout ordre moral et physique 7° que je puis allier les qualités d’un honnête homme à celles d’un compositeur 8° que je puis mériter l’estime en travaillant à exciter l’admiration. De sorte qu’il s’ensuit que si j’ai tous les défauts dont tu veux que je me corrige, je suis un mauvais fils un mauvais frère et un mauvais ami, un sauvage, un idiot et un fou, une bête brute, un perturbateur de tout ordre moral et phisique, un malhonnête homme, un être méprisable et vil, et un mot, un animal stupide et féroce dont on a tout à redouter. En conséquence, je te conseille fort, en cas que je revienne à la Côte de me faire bâtir un chenil dans la basse cour, où l’on me tiendra enchaîné de peur d’accident. Vois, ma soeur, jusqu’à quel dégré d’extravagance et d’absurdité, on est conduit par une exaltation et une prévention pareille »... Au-dessous de l’adresse, Nanci Berlioz a noté : « monument de folie et du délire des passions ». Correspondance générale, t. I, n° 44.