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1948 – Cisitalia 202 SC Berlinetta by Pinin Farina

Vendu : 274 160

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Carte grise française datée 1953 French registration title of 1953 Véhicule vendu sans Contrôle Technique Sold without Contrôle Technique Châssis n° 019 Monument du design du XXe siècle, Incroyable sortie de grange, cachée depuis plus de 50 ans, hautement éligible aux Mille Miglia notamment. A monument to 20th-century design, this incredible find has been hidden away for over 50 years and is highly eligible for the Mille Miglia, among other events. 
- Piero Dusio, né en 1899, est un authentique personnage de roman, et même Netflix pourrait lui consacrer une série… Après une courte carrière de footballeur (à la Juventus de Turin, excusez du peu), arrêtée en 1923 sur blessure, il se lance dans les affaires, dans le textile plus précisément, en se spécialisant dans les uniformes de sport, et de foot. Sa fortune explose lorsque Benito Mussolini lui fait confiance pour habiller l’armée. Riche, il s’adonne à son autre grande passion, le sport automobile, d’abord timidement, puis en pilotant ni plus ni moins que des Alfa Romeo 8C, le summum des voitures de courses italiennes d’avant-guerre. Et si la guerre stoppe sa carrière de pilote semi-amateur, et qu’il retourne dans l’univers du football en devenant le président de la Juventus en 1940, il décide néanmoins en 1943 de créer sa propre voiture de course, sous l’égide de la nouvellement née Compagnia Industriale Sportiva Italia, autrement connue sous le nom de Cisitalia. 
- Pour ce faire, Dusio a embauché deux des meilleurs faiseurs italiens du moment, le designer Giovanni Savonnuzzi (plus tard auteur des lignes Supersonic chez Ghia) et l’ingénieur Dante Giacosa, qui a déjà fait ses preuves chez Fiat (dont il sera bientôt le grand directeur technique). Et, en 1946, la monoplace de course baptisée D46 (numéro de projet interne 201) voit le jour. Si elle emprunte beaucoup d’éléments mécaniques à la Fiat 500 Topolino, le châssis et la préparation mécanique, comme la beauté de l’ensemble (avec ses suspensions carénées) séduisent et prouvent que la recette est la bonne : de nombreux pilotes, dont Sommer, Nuvolari, Chiron, Taruffi… et Dusio, lui permettent de se bâtir un solide palmarès. 
- Une monoplace de course c’est bien, mais pour briller en compétition, et notamment au Mille Miglia, il faut une vraie auto route, et c’est ainsi que va être extrapolée la 202, depuis la bien née D46. Lors des Mille Miglia 1947, 3 Cisitalia 202 prototypes compétition se hissent au 2e, 3e et 4e place au général… pour un coup d’essai, c’est un coup de maître, et la 202 civile est officiellement présentée le 6 septembre 1947, veille du Grand Prix d’Italie, avant de briller à la Villa d’Este puis au Salon de Paris. C’est Savonuzzi qui est l’auteur du si sublime dessin de la Berlinetta, élégante et très aérodynamique. Et si Vignale carrosse les premières autos, la plupart de la série sort des ateliers de Pinin Farina, et de son frère, à la tête des Stabilimenti Farina. La voiture est très chère sur le marché mais elle peut compter sur l’infatigable Max Hoffman pour bien la vendre aux Etats-Unis. Elle marque un véritable tournant dans le design automobile d’après-guerre et sera d’ailleurs en 1951 l’une des 8 autos (châssis 041 ou 042) exposées au célèbre Musée d’Art Moderne de New-York (MoMA), où un exemplaire (châssis 057, offert par Pininfarina en 1972) est toujours aujourd’hui. C’est dire son importance sur le plan du design… 
- Si les premières autos sont en aluminium, la suite de la série, baptisée Gran Sport, sera en acier. Après 172 exemplaires construits, la Cisitalia 202 tire sa révérence, 1952, quelques temps après l’exil de Piero Dusio en Argentine (où il relança Cisitalia Argentina et AutoAr, avec le soutien de Juan Péron), ruiné par le développement d’une F1, et la caution payée pour faire libérer Ferdinand Porsche, emprisonné en France pour collaboration. Mais ceci est une autre histoire…