







CHINE
XVIIe SIECLE
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
XVIIe SIECLE
Rare coupe libatoire en corne de rhinocéros sculptée, l'extérieur décoré de trois chilong aux corps sinueux courant parmi les champignons d'immortalité lingzhi et les tiges de bambous. L'intérieur imitant un champignon lingzhi.
Dim. 8 x 16,1 x 9,7 cm
Poids brut : 198 g.
NOTE
Appréciée depuis l’Antiquité pour sa texture soyeuse, ses nuances profondes et son grain naturel, la corne de rhinocéros est considérée comme l’un des matériaux les plus précieux de l’artisanat chinois. Dès la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220), les artisans la sculptent avec raffinement, savoir-faire qui atteint son apogée sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911).
Symbole de prestige, les coupes libatoires en corne de rhinocéros étaient des objets d’art raffinés, prisés tant pour leur valeur esthétique que spirituelle. Elles étaient ainsi utilisées lors de rituels ou comme objets de collection dans les cercles lettrés. La corne de rhinocéros, rare et précieuse, était alors réputée pour ses vertus médicinales et spirituelles, censée purifier les liquides et protéger contre les poisons.
La matière, d’une rare densité et d’une patine chaude, est ici magnifiée par une taille fluide et minutieuse. La coupe adopte une forme naturelle, exploitant les courbes de la corne pour en révéler les qualités internes. Le décor extérieur en relief met en scène des chilong, dragons juvéniles sans corne, évoluant parmi des motifs de lingzhi, champignons de longévité. Le modelé dynamique des dragons et leurs mouvements souples s’associent aux courbes gracieuses des champignons, dans une composition équilibrée qui traduit une parfaite maîtrise de la technique et du sujet.
L’association de ces deux iconographies est également très significative. Ainsi, le lingzhi (Ganoderma lucidum), champignon mythique, est un symbole de longévité, de prospérité et de gouvernement vertueux. Sa représentation, fréquente sur les objets impériaux, exprime le vœu d’un règne harmonieux et bienfaisant.
Le chilong, apparaît quant à lui dans la littérature dès la période des Royaumes combattants (481–221 av. J.-C.). Associé à la jeunesse, à la vitalité et à la réussite, il occupe également une place privilégiée dans l’iconographie décorative. Sa dimension symbolique fut renforcée par un passage attribué à Confucius dans le Lüshi Chunqiu, où le maître se compare à un chilong, être intermédiaire entre le poisson (le commun) et le dragon (le sage accompli). De cette analogie découle le statut noble du chilong, symbole d’élévation morale et spirituelle.
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