

SAND George (1804-1876).
L.A.S. « Votre Ninoune », Nohant 19 juillet 1863, à Pauline VIARDOT ; 6 pages in-8 à l’encre bleue à son chiffre.
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
L.A.S. « Votre Ninoune », Nohant 19 juillet 1863, à Pauline VIARDOT ; 6 pages in-8 à l’encre bleue à son chiffre.
Belle lettre à son amie cantatrice, sur la naissance de son petit-fils. « Ma bonne fille, nous nous réjouissons bien de vous savoir contente et heureuse de votre nouvel établissement » à Baden-Baden. Elle aimerait aller la voir, « Mais d'ici à longtems peut-être, je ne pourrai quitter la maison. Nous y voilà liés par une joie immense et par mille petits soins de tous les instants. Nous n'avons ni forêts, ni montagnes, ni palais, ni chalets, ni concerts, ni fêtes, mais nous avons un beau petit garçon qui nous est né le 14 juillet [Marc-Antoine Dudevant, fils de Maurice] et qui nous rend tous fous de joie. Maurice le porte et le tripote toute la journée, aussi adroitement que s’il préparait un papillon. Sa petite mère le nourrit et le contemple. [...] 74027
c’est la seconde fois que je suis grand’mère et j’étais restée sur une profonde et longue douleur [allusion à la mort de la petite Jeanne, fille de Solange]. Maurice s'étant décidé tard au mariage, je voyais ma vieillesse attristée par l'isolement où je le laissais. Enfin à présent j'accepte mes 59 ans avec plaisir. Je ne le laisserai pas seul, il a une adorable petite femme, intelligente, vivante, gaie, artiste, ni dévote, ni mondaine, et d’un cœur ardent et généreux »… Puis elle parle de Louise, la fille de Pauline, « devenue belle, mais toujours un peu dure et comme hautaine ». Et, faisant allusion au foyer artistique de Baden-Baden, elle déplore : « les grosses capitales vont être de grands bazars où chaque jour l’art sérieux sera plus difficile et moins apprécié. Les grands artistes vont y faire de tems en tems leurs affaires, mais ils mettront leur vie ailleurs, et se regrouperont dans des oasis. Ils feront bien et vous donnez l’exemple. Paris ne mérite pas qu’on s’absorbe en lui, car il veut trop et trop peu, il veut les grands artistes, et il ne sait pas les mettre à leur rang. Et puis, il ne les comprend qu’à demi, le tour de force le charmera toujours. L’art se perdrait certainement, s’il ne se créait des sanctuaires pour se retremper »… Correspondance, t. XVII, n° 10300.
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)