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NAPOLÉON III (1808-1873).

L.A., [Londres avril 1839, à Étienne CABET] ; 8 pages petit in-4.

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L.A., [Londres avril 1839, à Étienne CABET] ; 8 pages petit in-4.

Importante lettre politique du futur empereur au théoricien communiste, exposant ses idées sur la situation de la France et sur ce que pourrait être son action à venir. [Après sa tentative avortée de soulever la ville de Strasbourg contre la monarchie de Juillet en 1836, Louis-Napoléon Bonaparte s’est réfugié en Angleterre. Il y côtoie d’autres opposants au régime de Louis-Philippe, tel Étienne CABET (1788-1856), condamné en 1834 pour délit de presse, et promoteur d’un communisme chrétien.] Le futur Napoléon III a lu avec intérêt les « réflexions politiques » de Cabet, et veut lui exposer sa position et prouver « qu’il n’y a pas eu contradiction entre mes actions et mes paroles ». Il y a « quatre partis en France. 1 Le parti du pouvoir actuel 2 Le parti de Henri V. 3° le parti républicains et 4° le parti napoléonien. […] le hasard et les circonstances 75093

m’ont mis pour ainsi dire à la tête du parti napoléonien. Je ne renoncerai jamais à faire valoir avant l’événement [la chute de Louis-Philippe] toute la force de ce parti ou de cette cause qui est populaire et démocratique ». Quoique plusieurs des idées des républicains « soient opposées et même hostiles aux miennes ; je ne refuse pas leur alliance, mais non à la condition de taire mes principes mes opinions ma foi politique. Je veux bien m’allier à eux mais je veux jouir du même droit qu’eux et faire valoir mes idées mes sentimens mon drapeau. Je ne me résoudrai jamais à taire des opinions que je crois utile de propager des convictions qui sont enracinées dans mon cœur comme dans ma raison. [...] Je dirai toujours que JE PREFERE L’EMPIRE à la république »… Après l’événement, ce sera différent… « J’ai reconnu le principe de la souveraineté populaire, je m’y soumettrai. Que la France établisse le gouvt qui lui conviendra ; qu’elle nomme qui bon lui semble comme empereur ou comme président ; je ne demande rien pour moi-même, servir mon pays comme citoyen et soldat telle est ma seule ambition, une fois que le peuple aura ouvertement manifesté sa volonté. [...] La nation étant libre, je considérerai ma mission comme terminée et j’irais peut-être avec moins de plaisir m’asseoir sur mon trône, que de jouir dans la foule de ma part de souveraineté ! » Quant à « l’alliance avec le parti républicain », il l’a toujours recherchée… « L’organisation des moyens d’action peuvent très bien se faire comme vous l’entendez et moi je peux très bien promettre de mettre si je réussis des républicains dans le gouvernement ».