JAMES ENSOR (1860-1949)

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JAMES ENSOR (1860-1949)

Ostende, Canal

Huile sur panneau, signée en bas à gauche, signée et titrée au dos

21 x 26.5 cm - 8 ¼ x 10 3/8 in

Oil on board, signed lower left, signed and dated on the reverse

Un certificat rédigé en date du 28 janvier 2019 par Sabine Tavernier pour le Ensor Advisory Committee sera remis à l'acquéreur

PROVENANCE

New York/Paris, Sam Salz London, Leicester Galleries Paris, Jean Claude Bellier
Vente Chapelle, Perrin, Fromantin, Versailles, 1974
Collection privée, France

EXPOSITION Paris, Jean Claude Bellier, Pour le plaisir, Juin-Juillet 1970, cat.n°24

BIBLIOGRAPHIE

Liber Veritatis, 1929/30-1941
Carnet d'Esquisses, 17,4 x 21,7 cm, crayons en couleurs sur papier
Art Institute Chicago, (Harriot A.Fox Fund, inv.n°1021) folio 271
Memoranda huit carnets de notes, 21 x 17 cm, 1933-1939
Bruxelles, MRBAB, titre Bassin d'Ostende Xavier Tricot, James Ensor, sa vie son oeuvre. Catalogue raisonné des peintures, Bruxelles 2009, cat.nr.658, (illustré avec un dessin du Liber Veritatis)

James Ensor est un artiste belge né en 1860 et mort en 1949. Il est reconnu aujourd'hui pour son oeuvre marquée par un humour sombre et cynique mettant en scène toujours les mêmes motifs: des masques grimaçants, portés dans des scènes de carnaval inquiétantes ou des natures mortes hétéroclites et grinçantes.

Ce pan de son oeuvre laisse deviner un regard sur autrui et sur le monde qui l'entoure particulièrement sévère et méfiant, vision dont il fait part lui-même «Mes concitoyens, d'éminence ‘molluqueuse', m'accablent. On m'injurie, on m'insulte: je suis fou, je suis sot, je suis méchant, mauvais...».

L'oeuvre qui est présentée ici correspond à un autre visage de sa production artistique qui s'articule autour de l'étude de la lumière et de ses effets sur le paysage, en particulier sur l'eau. Cette vue représente un angle de sa ville natale Ostende où il passe presque toute sa vie. C'est donc d'une certaine manière le portrait apaisé du lieu qui lui apporte la paix.

Bien qu'il rejette toute comparaison ou analogie avec la peinture impressionniste, son traitement de la couleur et de la lumière s'en rapproche. Cette oeuvre est particulièrement symptomatique car elle permet de comprendre la façon dont l'artiste articule une thématique très classique avec un regard résolument moderne: «La lumière déforme le contour.

Je vis là-dedans un monde énorme que je pouvais explorer, une nouvelle manière de voir que je pouvais représenter.» Sa palette de teintes claires et même liquides est en totale adéquation avec le sujet représenté: une eau calme et des bateaux amarrés, sans énergie ou dynamique humaine. La sensation de mouvement et de vivant n'est donc rendue que grâce au traitement des éléments naturels, en particulier à la façon dont il aborde la représentation du ciel, qui fait évidemment penser à l'oeuvre de William Turner.

Toujours en marge des courants artistiques, et n'ayant pas supporté l'autorité de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, sa peinture lui est tout à fait personnelle et inimitable, il se considère comme touché par la Grâce et nourrit par les Muses: «Je suis né à Ostende, le 13 avril 1860, un vendredi, jour de Vénus.

Eh bien! chers amis, Vénus, dès l'aube de ma naissance, vint à moi souriante et nous nous regardâmes longuement dans les yeux.

Ah! les beaux yeux pers et verts, les longs cheveux couleur de sable. Vénus était blonde et belle, toute barbouillée d'écume, elle fleurait bon la mer salée. Bien vite je la peignis, car elle mordait mes pinceaux, bouffait mes couleurs, convoitait mes coquilles peintes, elle courait sur mes nacres, s'oubliait dans mes conques, salivait sur mes brosses.». Ce que les amateurs ont confirmé lorsqu'il est fait baron et qu'il reçoit la Légion d'honneur pour son talent et sa création.
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