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ATTRIBUÉ À HENRI ROUSSEAU (1844-1910)

Vase avec quatre tulipes 

Vendu : 19 500

Les prix s'entendent commission et taxes comprises.

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Vase avec quatre tulipes 

Huile sur toile libre
Signée en bas à droite
(Petite perforation et usures)
Sans cadre
36 x 25,5 cm - 14 1/8 x 10 in.

Oil on free canvas, signed lower right

  • Collection de M. Fraysse, gérant d'un hôtel à Saint-Germain-des-Prés, Paris (acquis vers 1910-1915 dans une boutique de Montmartre)
  • Collection particulière, France (par descendance de ce dernier)

Henry Certigny, Le Douanier Rousseau en son temps, Biographie et Catalogue Raisonné, Tome II, Tokyo : Bunkazai Kenkyujyo, 1984, décrit et reproduit sous le n°212, pp. 430-431

Dans Le Douanier Rousseau en son temps, Henri Certigny expose méthodiquement les éléments qui l’ont conduit à inclure Vase avec quatre tulipes dans le second tome de son catalogue raisonné.

Il rappelle tout d’abord que l’œuvre provient de la collection constituée par un certain Fraysse, amateur parisien actif au début du XXe siècle, qui acquit le tableau vers 1910-1915 dans une boutique de Montmartre. Décrit comme le gérant d’un hôtel à Saint-Germain-des-Prés, celui-ci « était un amateur aux goûts éclectiques car la collection qu'il laissa à sa mort, survenue vers 1922, comprenait, entre autres œuvres, un Vollon, un Diaz, deux crayons de couleur de Steinlen, un dessin de Friesz, un de Foujita, une gouache de Dinet, des Zingg et même un pastel pointillé non signé. »

L’auteur s’attarde ensuite sur la signature apposée sur la peinture, ainsi que sur son « parfait état de propreté et de conservation ». Il précise que l’authenticité de la signature a été confirmée par Raymond Trillat, graphologue alors renommé, par comparaison avec la griffe déposée par Henri Rousseau à la Préfecture de Police. Il ajoute par ailleurs que la toile, conservée sous verre après avoir été retirée de son châssis, aurait ainsi échappé à toute restauration, ce qui expliquerait sa remarquable fraîcheur.

Henri Certigny livre enfin son analyse des singularités stylistiques de la composition : simplification extrême des formes, absence de relief du vase, traitement chromatique audacieux de certains motifs décoratifs et caractère rudimentaire du support. Selon lui, ces caractéristiques situeraient l’œuvre dans les dernières années de l’activité du Douanier Rousseau, vers 1910, à une période où l’artiste, sensible au climat du fauvisme, poursuivait parallèlement une activité d’enseignement privé. Il avance dès lors l’hypothèse séduisante d’une exécution réalisée dans un contexte pédagogique, comme démonstration devant des élèves, ce qui expliquerait la spontanéité et le dépouillement inhabituels de la composition.

Parmi les bouquets du Douanier Rousseau, notre Vase avec quatre tulipes tire sa singularité de l’accent que le peintre met sur le contenant plutôt que sur le contenu. Flanqué de prises ornées de motifs circulaires, il se pare d’un riche décor polychrome qui n’est pas sans rappeler celui du vase que l’artiste offre, en 1908, à Max Weber, ce jeune peintre américain qui l’avait encouragé à peindre sur céramique. C’est dans l’atelier d’André Metthey, à Asnières-sur-Seine, et sous l’impulsion d’Ambroise Vollard qu’Henri Rousseau fera d’ailleurs l’apprentissage de la peinture sur faïence.