


HENRI MARTIN (1860-1943)
Ouvrier sur la place de la Concorde
Les prix s'entendent commission et taxes comprises.
Ouvrier sur la place de la Concorde
Huile sur toile
Signée en bas vers la droite
(Rentoilage)
95 x 52 cm - 37 x 20 1/2 in.
Madame Marie-Anne Destrebecq-Martin et Monsieur Charles-Louis Duriez-Destrebecq ont confirmé l'authenticité de cette œuvre. Un avis d'inclusion dans les archives destinées à l'élaboration du catalogue raisonné de Henri-Jean-Guillaume Martin, en date du 10 mai 2026, sera remis à l'acquéreur.
Oil on lined canvas, signed lower right
- Vente, Tableaux modernes, Ader-Picard-Tajan, Paris, Palais d’Orsay, 26 juin 1979, lot 84 (titré Paysan aux champs)
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente puis par descendance)
« En 1918, Henri Martin expose à nouveau quelques paysages qui font écrire à Pierre Mille dans La Gazette des Beaux-Arts : "En première ligne il faut saluer Henri Martin dont les trois peintures sont également délicieuses. Elles sont de sûres et calmes joies pour l'œil et pour l'esprit."
À rapprocher de la pensée de Delacroix : "Un tableau doit avant tout être une fête pour les yeux."
On commande alors à Henri Martin ce qui sera son ensemble le plus important avec la Salle du Capitole de Toulouse : la décoration de la Salle des Délibérations du Conseil d'État au Palais-Royal. Il lui consacrera cinq années.
De ce considérable travail, La Moisson en 1920, Le Port de Marseille et Le Penseur en 1922, sont accueillis chaleureusement par la presse qui vante toujours unanimement son intelligence supérieure de la décoration. Je citerai seulement quelques lignes particulièrement pertinentes et subtiles, à mon avis, de J. Dorin dans La Gazette des Beaux-Arts :
"... Cet accent qui ne s'apprend pas, que l'on porte en soi, a fait depuis longtemps le renom de Henri Martin. Ses peintures ont un caractère décisif. Celles-ci ne font que confirmer un passé de grand labeur et de grande volonté. Henri Martin est un de ces rares impressionnistes qui ne se sont pas laissé hypnotiser par le procédé de la division des tons..."
Remarque technique très juste. Henri Martin n'a jamais appliqué la division des tons purs. Il cherchait longuement ses tons sur la palette vers l'exacte expression de ce que voyait... son œil ! La juxtaposition ou multiplication des touches cherche surtout, chez lui, à rendre la vibration de l'atmosphère, mais aussi à aller toujours plus loin dans la finesse et la propreté du ton, ce qui n'est pas facile. Dans un ciel du soir, par exemple, comment obtenir ce ton rare, à la fois un peu vert, un peu mauve, un peu doré ? Le mélange des trois donnerait un ton sale, mais si on les juxtapose, on obtient une vibration bien plus proche de la réalité. Son pointillisme - mot qui le faisait sourire et l'énervait même un peu - avait donc pour seul but de se rapprocher de sa vision.
Et J. Dorin continue à propos du Port de Marseille :
"... Ici, il donne à la vie mouvementée du port plus d'importance qu'au travail silencieux et solitaire de la pensée ; non sans intention : aujourd'hui ce qu'on appelle l'intellectuel est, sinon le paria, tout au moins le vrai pauvre du monde civilisé. Henri Martin l'a isolé dans une haute et profonde futaie, tandis que les débardeurs, bien gras, travaillent à l'air du large et sous un soleil éclatant !"
Sur le dernier panneau, La Place de la Concorde, exposé en 1926, comment choisir entre tant d'articles ? Dans La Gazette des Beaux-Arts, Rocheblave, professeur d'histoire de l'art, écrit :
"Une grande composition, hors de pair, reçoit l'unanimité des hommages et consacre la carrière d'un des plus sincères artistes de notre temps. Dans ce grand triptyque, Henri Martin est arrivé au sommet de son art et de sa technique, l'un si largement vrai, juste et grand, l'autre si vibrante, si parlante aux yeux et si émouvante à l'imagination. C'est une réalité enflammée de poésie que ce vaste tableau où les personnages et les lignes architecturales, les plans participent à la vérité directe par leur justesse et leur volume, et du rêve par cette atmosphère rayonnante où l'activité des ouvriers au travail baigne comme dans un symbole de la vie de Paris. C'est du très grand art, et qui échappe à toute manière, quoiqu'il soit avant tout un art personnel."
Dans La Gazette des Beaux-Arts, Focillon, le célèbre historien d'art, écrit :
"Ce maître, en qui on se plaît à voir un réaliste d'hier, est, en fait, l'éloquent témoin d'une époque idéaliste. Le premier il osa faire intervenir avec éclat la poésie dans l'art moderne, et je n'oublie pas quelles luttes il eut à soutenir..."
Suit une description enthousiaste et imagée de La Place de la Concorde, et il conclut : "Autour de l'humanité contemporaine, il fait vibrer une ardente lumière et la changeante poésie des heures. Dans ce Salon, cette juvénilité sereine, après cette ample et courageuse carrière, est honneur et leçon. »
Jacques Martin-Ferrières, Henri Martin, sa vie, son œuvre, Paris : Presses du compagnonnage, 1967, pp. 90-91
Cette œuvre est une étude de personnage pour le panneau de droite de Travaux sur la Place de la Concorde (La France laborieuse se présentant devant le Conseil d’État), Paris, Conseil d’État, salle de l’Assemblée générale, vers 1920-1925.
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