









1980 - Renault 5 Turbo Groupe 4 Calberson
Châssis n° B000036
Carte grise française
- Voiture majeure dans l’histoire de Renault en compétition
- Voiture officielle, la seule préparée par Renault F1 et non Viry-Châtillon !
- Première R5 Turbo homologuée en Groupe 4, la seule Calberson existante
- Authenticité et historique indiscutables
- Nombreuses victoires en spéciales au Tour de France et Tour de Corse 1980 avec Jean Ragnotti
- Voiture de développement pour le Monte Carlo 1981
- Immatriculée le 8 septembre 1980 sous le numéro 126 TZ 91, la R5 Turbo châssis #B000036 est la première R5 Turbo homologuée en Groupe 4, et à ce titre, la première de toutes. Construite non pas à Viry-Châtillon mais au département Formule 1 d'Antony, aux côtés de la monoplace d'Alain Prost, elle bénéficie d'un traitement absolument unique : son moteur 1400 turbocompressé est le seul de toute la série R5 Turbo à avoir été préparé par l'atelier F1 de Renault. « Coco » Prié, le légendaire mécanicien d'assistance, se souvient parfaitement de son assemblage dans ce cadre d'exception.
Revêtue dès l'origine de la spectaculaire livrée Calberson, du nom du célèbre transporteur qui avait déjà parrainé l'A310 V6, les R5 Alpine de Fréquelin et Ragnotti, et les Alpine A442 au Mans, #B000036 est une voiture d'usine officielle dans tous les sens du terme, techniquement et visuellement.
Sa mécanique recèle des spécificités remarquables, héritées directement du programme compétition : échangeur air/eau Chausson, turbocompresseur spécifique sans waste gate intégrée, collecteur d'échappement dédié, carter sec avec bâche à huile, boîte à rapports rapprochés avec autobloquant ZF à 40 %, pédalier avec maîtres-cylindres doubles comme sur les monoplaces, et ce gros plateau-sonde issu de la Porsche 928. Une architecture qui préfigure directement la version Tour de Corse de 1983, développant environ 260 ch et qui évoluera jusqu'aux 350 ch de la Maxi.
- Son baptême du feu a lieu au Tour de France Automobile 1980, 2 700 km d'épreuves disputées fin septembre. Confiée à Jean Ragnotti, assisté de Jean-Marc Andrié, #B000036 fait immédiatement sensation : scratch dès la première spéciale, malgré un tête-à-queue à 120 km/h qui oblige « Jeannot » à parcourir 200 m en marche arrière, guidé à la seule lunette arrière. La R5 remporte six spéciales consécutives, reléguant la Stratos de Darniche à plus de deux minutes dans le brouillard du Burzet. La boîte de vitesses est changée en douze minutes chrono à Nîmes, record absolu selon Coco Prié ! La voiture abandonnera sur problème d'allumage, mais elle a définitivement démontré sa supériorité. La Stratos prenant un sacré coup de vieux.
Au Tour de Corse suivant, le motoriste maison, Philippe Chasselut, a encore travaillé pour réduire le temps de réponse du turbo et Ragnotti signe les quatre premiers scratchs. Une crevaison le relègue provisoirement, mais il revient en tête devant Darniche. Dans la Castagniccia, sous une pluie battante, le talent du pilote et le comportement exemplaire de la R5 sur le mouillé creusent l'écart. L'abandon viendra d'une courroie d'alternateur brisée, alors que la victoire semblait acquise. Une cruelle déception, mais une démonstration éclatante des qualités de la voiture.
Aux Cévennes, Ragnotti est engagé sur une R5 Turbo Gr. 3 aux couleurs Calberson, qui servira à Saby comme monture au prochain Monte Carlo. En préparation de cette épreuve, où la Régie engage une voiture neuve peinte dans les nouvelles couleurs jaune, blanc et noir identiques aux F1, #B000036 est alors utilisée comme mulet pour des essais pneumatiques sur la neige avec Jean Ragnotti. De nombreuses photos d’époque retracent cette période.
- A la demande de Jean Sage alors à la tête de Renault F1, l'auto rentrera sagement dans les réserves de Renault Sport et servira ensuite lors d'essais sur terre. On retrouve d’ailleurs une vidéo de l’auto avec Jean Ragnotti sur le circuit privée des frères Wambergue, fameuse famille de pilotes. Nous nous sommes procuré, directement auprès de la famille, le film de cette séance d'essais où l’on voit #B000036 se comparer avec la toute nouvelle Audi Quattro ! Des images fantastiques…
Conservée par Jean Sage au sein de la Régie, #B00036 est vendue en mai 1989 à un important collectionneur de la Loire. C’est lui qui la proposera à la vente en 1997 chez Maître Poulain. Elle est alors achetée par un collectionneur français qui ne l'engagera qu'au Rallye du Var puis au Tour de Corse Historique au début des années 2010 avant de devoir s’en séparer en 2014. Le hasard de la vie faisant bien les choses, c’est son fils qui s’en portera acquéreur lors d’une vente aux enchères à Monaco chez RM Sotheby’s en 2022 ! Trop attaché à cette voiture qui berça son enfance, il franchit le pas et décide de s’inscrire au Tour de Corse historique à son volant, où elle fera sensation face à de nombreuses voitures qui ne sont que des copies neuves d'autos d'époque... Depuis, de nombreux travaux importants ont été réalisés auprès du talentueux William Roze (Heritage Mécanique) non loin de Tours. La boite de vitesses a été démontée et contrôlée, le moteur et l’injection d’origine ont été refaits en intégralité. Les amortisseurs d’origine ont été démontés et reconditionnés et l’ensemble des disques et plaquettes remplacées avec un contrôle des trains roulants. Bien entendu, la voiture a conservé ses étriers 4-pistons d’origine et ses jantes Minilite en magnésium.
Un état d'origine proprement miraculeux
- Quarante-six ans après ses exploits, #B000036 se présente dans un état d'authenticité que l'on ne reverra sans doute jamais pour une voiture de course de ce niveau. Elle arbore toujours sa livrée Calberson d'origine (repeinte en 1983). Ses trains roulants, dont la conformité est attestée par un considérable album photographique du Tour de France et du Tour de Corse, sont d'époque. La mécanique est strictement originale, avec son gros turbo spécifique type Tour de Corse. Les jantes Minilite en magnésium 15 pouces — rarissimes — sont toujours en place. L'habitacle a conservé ses moquettes, sa patine et son rarissime ordinateur de bord. L'examen des photos d'époque confirme que les moindres détails, jusqu'aux attaches de capot, sont préservés.
Les seuls écarts par rapport à la configuration de 1980 sont infimes et parfaitement documentés : un manomètre de turbo récent, la partie arrière de l'arceau légèrement « surdimensionnée », et des sièges et ceintures aux normes VHC (les sièges d’origine accompagnent bien sûr la voiture). Tout le reste est d'époque, d'usine, d'origine.
- Son authenticité a été formellement reconnue par les acteurs de l'époque eux-mêmes, à commencer par « Coco » Prié, présent au Tour de Corse Historique 2013. Elle est signée sur son capot par Jean Ragnotti « Bravo pour mon ancienne voiture ! » et l’historien de la marque Gilles Vallerian nous a accompagné dans la rédaction de son historique tant il connait et admire l’histoire de cette voiture.
La R5 Turbo et son histoire
La Renault 5 Turbo est née en 1977 de la vision de Jean Terramorsi, sous-directeur à la Direction Produit de Renault, qui imagina une vraie voiture de rallye à partir de la star de la Régie. Moteur central turbocompressé, châssis renforcé, trains spéciaux, caisse mêlant acier, polyester et aluminium, voie arrière extravagante : présentée en 1978, la R5 Turbo déchaîne les passions dès son apparition au Tour d'Italie 1979, où Fréquelin malmène Stratos et Porsche avant d'abandonner. La suite sera glorieuse : Monte Carlo 1981, Tour de Corse 1982 et 1985, Tour de France Auto 1984 et 1985, et le développement jusqu'à la Maxi 5 Turbo. Ragnotti, Thérier, Fréquelin, Saby, Auriol, Chatriot, Prost : tous les grands noms du rallye français sont passés à son volant. La petite bombe de la Régie a rejoint la Berlinette Alpine au Panthéon des voitures de rallye.
#B000036 est assurément l'une des R5 Turbo d'usine les plus importantes qui existent.
Première R5 Turbo homologuée Gr. 4, unique exemplaire en décoration Calberson dans cette catégorie, les deux autres R5 Calberson étant une Gr. 3 et un proto Gr. 5, toutes deux disparues.
Elle (#B00036) réunit dans un état de conservation époustouflant tout ce qui fait la valeur d'une voiture historique majeure : unicité absolue, origine usine certifiée, palmarès en compétition au plus haut niveau, et authenticité irréprochable.
Éligible dans toutes les épreuves VHC, dotée d'un PTH, c'est une vraie voiture de course… et la meilleure du genre disponible aujourd'hui.
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