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Jaguar MK2 3.8 Tour de France Usine 1961

Vendu : 298 000

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1961 – Jaguar Mk2 3.8 – Préparation Usine – Tour de France Automobile

Carte grise française — Vendue sans contrôle technique

Châssis n° 217687

 

Une Jaguar Mk2 de préparation officielle, auréolée d'un palmarès exceptionnel entre les mains de Bernard Consten et d'Annie Soisbault, dont l'histoire, limpide et parfaitement documentée, force le respect.

 

  • Victorieuse du Tour de France Automobile 1961 avec Bernard Consten
  • Important palmarès avec notamment deux participations au TdF (1961 et 1962) Tour de Corse, Cévennes, Mont Ventoux avec Annie Soisbault
  • Préparation usine, moteur 3.8l compétition à 240/250 ch, boîte close-ratio, direction directe, autobloquant, etc…
  • Provenance et traçabilité limpide, conservation exceptionnelle et documentée
  • L’une des deux seules Mk2 ex-Consten survivantes, éligible aux plus grands événements historiques internationaux

 

  • Fort de ses triomphes aux 24 Heures du Mans, Jaguar traverse alors une période de grâce et propose une gamme ambitieuse. C'est dans cet élan que germe, dans l'esprit de William Lyons, l'idée d'implanter le prestigieux moteur XK sous le capot d'une berline. Dévoilée au Salon de Londres en 1959, la Mk2 supplante la Mk1 et s'impose aussitôt comme la berline de série la plus rapide du monde. La preuve en actes : équipée du moteur 3,8 litres, elle permettra à Bernard Consten de remporter le Tour de France Automobile à quatre reprises consécutives, de 1960 à 1963.

Le châssis n° 217687 est précisément celui avec lequel « Monsieur Tour Auto », champion de France des rallyes en 1958, 1961, 1962 et 1967, s'adjuge son troisième Tour de France Automobile en 1961. Personnalité incontournable du sport automobile français, Bernard Consten compte à son actif six participations aux 24 Heures du Mans, une victoire à la Coupe des Alpes, au Liège-Rome-Liège, à la Targa Florio 1961 - où il ne manquera pas de faire étale de tout son talent au volant de son Alfa Romeo SZ face à une myriade d’italiens (8ème au scratch et 1er de sa classe 1300cc devant pas moins de 17 Alfa Romeo SZ et 7 secondes devant le deuxième… un exploit !), aux Mille Miglia, sans oublier des engagements au Nürburgring, aux 1 000 km de Paris et aux 12 Heures de Sebring. Après une carrière aussi brillante que bien remplie, il présidera la FFSA de 1968 à 1973, puis organisera le Tour de France Automobile de 1969 à 1980. Modeste, passionné et admiré de tous, il s'éteint en 2017 à l'âge de 85 ans.

Pour revenir sur la façon dont l’usine gérait ses engagements en compétition, il fallait compter sur Charles Delecroix, à la tête de l’enseigne Royal-Elysée à Paris. C'est lui qui, depuis Paris, assurait la représentation de la marque britannique sur le marché français dans les années 1950 et 1960, et c'est dans ses ateliers que les Jaguar Mk2 engagées en compétition — dont celles de Bernard Consten — étaient préparées. Pour être encore plus précis, les exemplaires immatriculés en 777 appartenaient à l'importateur ; les autres dont la 5 KG 75 de 1960 et la 6932 MU 75 de 1962, étaient la propriété de Consten en personne. Avec les années, son ami Gérard Lanvin, qui veillait sur ses montures, devint son mécanicien attitré et fidèle. Entre les deux, la confiance était l’une des clés de leur réussite. Les réglages et mises au point se faisaient sans perdre de temps et jusqu’à ce que Gérard Lanvi rejoigne Alfa Romeo depuis son garage Lovauto à Boulogne, c’est lui qui assurera les développements des voitures de Consten.  

 

  • Après sa victoire au Tour de France Automobile 1960 sur une Mk2 (immatriculée 5 KG 75), Royal Elysée commande à l'usine une nouvelle 3,8 litres préparée pour la compétition. Confiée à Consten, elle est immatriculée 777 LL 75, juste à temps pour le Tour de France 1961.  La voiture arbore une livrée Old English White avec sa calandre bordée de la flamme rouge, entourée par ses longues portées. La préparation du moteur porte la puissance à 240/250 ch selon la presse de l’époque soit près de 30 cv de plus que l’année précédente. Mais ce n’est pas tout, le circuit d’air sans filtres à air pour les carburateurs, la direction directe, le différentiel autobloquant, la boite de vitesse type « close ratio » transfigurent la voiture et ses performances.  Le fin pare-chocs avant tubulaire permettant de monter les pneus Dunlop Racing permet également de faire passer d’importantes écopes de freins assurant un meilleur refroidissement, l’échappement sans chicanes mais avec ses deux sorties identiques et un deuxième réservoirs d’essence monté à la place de la roue de secours - mais conservant le remplissage d’origine contrairement à celles qui vont suivre – complètent la liste de sa préparation. Si dans l’habitacle, le choix est laissé aux préparateurs, toutes conservent leurs boiseries mais troquent leurs fauteuils et banquette arrière pour des sièges baquets spéciaux. « 217687 » conserve aujourd’hui encore sa sellerie d’origine, ses deux baquets et ses quelques accessoires dont un bouton de démarreur côté passager pour redémarrer plus rapidement l’auto en cas de « figures », ou son ouverture rapide de capot moteur, entre autres… 

Pour cette édition, le parcours d'environ 5 300 km est divisé en 5 étapes, avec retour au traditionnel départ et arrivée à Nice. Par rapport à 1960, la route est légèrement revalorisée : le Nürburgring n'est plus au programme, Spa est remplacé par Bruxelles, avec neuf courses de côte et six circuits, auxquelles s'ajoutent deux épreuves chronométrées inédites en Corse ! 

Bernard Consten fera parler une nouvelle fois son expérience faisant course en tête sur la grande majorité des épreuves malgré une concurrence féroce des quatre autres Jaguar Mk2 Tour de France dont la n° 86 de Jopp-Baillie. Symbole de sa supériorité, celui que l’on n’appelle pas encore « Monsieur Tour Auto » à l’époque déposera la concurrence dans le Macif Central lors de l’ascension du Mont Revard de nuit. Avec 28 econdes d’avance sur la Mk2 de Jopp, sa performance l’aurait placé à la 5ème place GT et Tourisme confondus, seules les quatre Ferrari de Mairesse, Gzendebien, Oreiller et Simon ont réussi à être plus rapide ! 

 

  • Sitôt le Tour de France 1961 achevé, la voiture est exposée au Salon de l’Automobile sur le stand Jaguar aux côtés de la nouvelle Type E. Dernière édition tenue au Grand Palais, notre jaguar tout auréolée de gloire est achetée par Annie Soisbault, championne de tennis et pilote de renommée internationale. Celle-ci l'engage en rallyes durant les saisons 1962 et 1963 : Lyon-Charbonnières, Paris-Saint-Raphaël (3e), et Tour de France avec sa fidèle copilote Louisette Texier. Personnalité haute en couleur : d'origine arménienne, née sous le nom d'Arpine Hovanessian, rescapée du génocide, elle devint showgirl à Paris avant de se lancer dans le sport automobile dans la cinquantaine, inspirée par sa rencontre avec le pilote Jean Behra à Montlhéry en 1955. Elle mourut en 2021 à l'âge de 108 ans ! 

Ce tandem féminin failli réussir l’exploit en 1962 avec de nombreuses places d’honneurs jusqu’à une casse d’un demi-arbre de roue alors qu’elles étaient en tête de la Coupes de dames. Elles ne s’arrêtèrent pourtant pas là, enchainant sur le Tour de Corse quelques semaines plus tard, le Critérium des Cévennes, le Rallye de l’Ouest, le Rallye de la Baule et le Mont Ventoux, empochant au passage une 5ème place en Tourisme et deux Coupes des Dames !

  • Elle revendra ensuite le châssis au spécialiste bayonnais Vincent Villanueva, qui dispute le Rallye Bordeaux Sud-Ouest en 1964. L'auto passe ensuite entre les mains d'un amateur de la région parisienne (avec qui nous sommes rentrés en contact très récemment pour compléter son historique), puis migre vers le Nord de la France, où elle demeure jusqu'en 1988, avant de regagner Paris et de traverser l'Atlantique en 1990. Aux États-Unis, le collectionneur Robert (Bob) Rubin, propriétaire du circuit de Bridgehampton à Long Island, en prend le plus grand soin pendant plus de 28 ans ! 29 pages de factures chez Northumberland Enterprises Corporation entre 2006 et 2017 témoignent d'un entretien rigoureux, mené dans le souci constant de préserver son état d'origine remarquable.

 

  • Réimportée en France en 2021 par un illustre gentleman driver, lui aussi lié à l’histoire du Tour de France, cette Jaguar d'exception a depuis bénéficié d'une restauration cosmétique soignée, lui restituant fidèlement son apparence de 1961. Lors de notre prise en main, sa mécanique nous a bluffé par ses performances. Son moteur respire, la boite de vitesse est un régal et plus surprenant encore, la direction directe rend sa conduite bien plus précise, sportive, efficace. Si ses Dunlop Sport accusent le poids des ans, nous n’avons pu tester son plein potentiel aux abords de l’ancien circuit de Reims-Gueux, mais son freinage est sans commune mesure plus mordant. Vendue avec quatre roues neuves en 185×15, parfaitement adaptées à un usage routier comme à la compétition, son futur propriétaire pourra l'engager sans délai dans les plus grandes manifestations internationales, pour lesquelles elle bénéficie d'une éligibilité de premier rang.

Les authentiques Mk2 de préparation usine dotées d'un tel palmarès se font extrêmement rares sur le marché.    En tout et pour tout, Royal Elysée a acheté cinq voitures pour Consten et une pour Soisbault, pas une de plus. Des Jaguar Tour de France ex-Consten ayant survécu jusqu'à ce jour, la nôtre est l'une des deux seules, la seconde étant bien connue de la scène historique. En plus de son dossier de facture important, une lettre de Jaguar datée d'octobre 1969, jointe au dossier, confirme que le châssis n° 217687 fut spécialement préparé pour l'épreuve. C'est donc une opportunité absolument exceptionnelle d'acquérir une Jaguar de course officielle ayant conservé son authenticité.