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Jean-Joseph CARRIÈS (1855-1894)

L'Evêque

Vendu : 6 500

Les frais s'entendent commission et taxes comprises.

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L'Evêque

Buste en plâtre patiné d'un évêque portant châpe et mitre. Inscriptions en creux à l'arrière de la chape : "J'ai créé cette / œuvre avec / Le souvenir / constant / de madame de / Galhau // et je la / dédie / pieusement / A sa mémoire / J.Carrièes / Bingen fondeur". Signé, daté et localisé sur l'épaule droite : “Joseph Carriès / Paris / 1886
Fin du XIXème siècle.
Hauteur : 50 cm - Largeur : 66,5 cm - Profondeur : 36 cm
(Petits accidents et manques visibles)

– Peut-être collection Victor Desfossés (1835-1899), Paris.
– Peut-être vente après décès du précédent du 26 avril 1899 en son hôtel 6 rue Galilée à Paris, P. Chevallier et G. Duchesne commissaires-priseurs, lot n°96 (adjugé 4600 francs). Décrit avec la mention “La patine de ce buste est des plus remarquable”. Vendu dans une série de trois bustes décrite ainsi : “Ces bustes en plâtres ont été patinés par l'auteur”.
– Très probablement collection Arsène Alexandre (1859-1937), Paris.
– Très probablement vente du précédent des 18-19 mai 1903 à la galerie Georges Petit, Paul Chevallier commissaire-priseur,  lot n° 167 (illustré, la signature caractéristique semble identique)
– Peut-être collection Louis-Gustave Mühlbacher (1834-1907), Paris.
– Peut-être vente après décès du précédent des 13, 14 et15 mai 1907 à la galerie Georges Petit, Paul Chevallier et Lair-Dubreuil commissaires-priseurs,  lot n° 186 (adjugé 2050 francs)
– Réputé acquis dans une ancienne vente (non retrouvé) au château de Castelnau, Cher.
– Collection de Monsieur de Gauléjac puis par postérité jusqu'à ce jour.

– Catalogue de la vente de la collection Victor Desfossés, le 26 avril 1899 en son hôtel 6 rue Galilée, Paris, P. Chevallier et G. Duchesne commissaires-priseurs. Lot n°96.
– Catalogue de la vente de la collection Arsène Alexandre, les 18-19 mai 1903, galerie Georges Petit, Paris, Paul Chevallier commissaire-priseur. Lot n°167 (reproduit)
– Catalogue de la vente de la collection Louis-Gustave Mühlbacher, les 13, 14 et15 mai 1907 à la galerie Georges Petit, Paul Chevallier et Lair-Dubreuil commissaires-priseurs. Lot n° 186.
Jean Carriès, imagier et potier : étude d'une œuvre et d'une vie par Arsène Alexandre, Paris 1895. Pages 55-56.

Un modèle en plâtre de cette œuvre fut présenté au Salon de 1883 par l'artiste et fut salué d'une mention honorable suivie d'une commande d'un bronze par l'Etat (arrêté du 30 juin 1883). Le modèle de plâtre présenté au salon est probablement l'exemplaire conservé au Zimmerli Art Museum de Rutgers [N° inv. 2002.0095] daté de 1883.

Le musée des musée des Beaux-arts de la Ville de Paris (Petit Palais) conserve deux versions de notre buste, l'une en grès émaillé [N° inv. PPS1200] datée de 1892 porteuse d'une dédicace à Madame Leclanché  et l'autre en plâtre avec exactement la même dédicace que le notre faite à Madame de Galhau, y compris la signature de Bingen fondeur [N° inv. PPS576].

Le musée d'Orsay garde la version en bronze acquise par l'Etat à l'artiste en 1889 [N° inv. RF 881]. Notons que cette dernière version d'Orsay est porteuse de la dédicace à Madame Leclanché.

Notre version se distingue essentiellement par sa signature, sa date de 1886 et sa localisation parisienne précisée sur l'épaule qui semble être une occurrence unique.

Notre plâtre patiné révèle l'obsession permanente de l'artiste pour les nuances et les modulations subtiles des patines et autres colorations de surface. Il illustre l'admiration de Carriès pour le portrait réaliste de personnages aux traits forts que l'on retrouve notamment dans la sculpture de la Renaissance italienne.

C'est en 1883 que Carriès rencontra Pierre Bingen, grand réinventeur de la technique de la cire perdue, utilisée à la Renaissance. Le procédé à la cire perdue permet d'obtenir un bronze extrêmement fidèle aux détails de surface et aux textures de la terre cuite, du plâtre ou de la cire d'origine. C'est d'ailleurs un bronze qui fut commandé par l'État en 1889 qui est aujourd'hui exposé au musée d'Orsay. Bronze dont la riche patine est fort similaire aux trois versions en plâtre connues de l'œuvre (dont la notre fait partie).