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Firmin MASSOT (Genève, 1766 - 1849)

Madame de Staël accompagnée de ses deux enfants, Albert et Auguste, à proximité du buste de Jacques Necker dans le jardin du château de Coppet, 1794

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Madame de Staël accompagnée de ses deux enfants, Albert et Auguste, à proximité du buste de Jacques Necker dans le jardin du château de Coppet, 1794

Aquarelle et gouache sur papier 
30 x 37,5 cm - 11 13/16 × 14 3/4 in.

(Dans un cadre Louis XVI)

Collection particulière, Europe.

Valérie LOUZIER-GENTAZ, « Le Portrait de Juliette Récamier par Firmin Massot », 1807. In: Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1996, N°3. Nouvelles acquisitions 1990-1995. p. 27 (ill.).

Notre gouache est une représentation intime de Mme de Staël avec ses deux fils, dans le parc du château de Coppet. A droite le buste de son père, Jacques Necker ; on retrouve cette effigie dans un autre portrait de Mme de Staël par Firmin Massot, conservé aujourd’hui au château de Coppet (Fig. 1). Le célèbre financier a acheté le château de Coppet en 1784, et s’y installe définitivement après sa démission du poste de ministre des Finances en septembre 1790. Sa femme, Suzanne Curchod, avait un des Salons les plus courus de Paris dans les années 1780. On y croisait des encyclopédistes, des philosophes, des écrivains, tout ce que la France des Lumières avait à offrir à une jeune femme avide de savoir. 

Madame Necker accueille en 1794 le peintre Firmin Massot, qui fuit les troubles révolutionnaires à Genève : « Chassé de Genève par les troubles révolutionnaires, Massot auquel s’intéressait Mme Necker, fut recueilli par elle dans le canton de Vaud en 1794. La bonne châtelaine l’aida à se marier et lui procura des commandes. Il la peignit à cette époque et sa fille un peu plus tard. »  (Y. Bezard, Mme de Stael, d’après ses portraits, ed. V. Hattinger, 1938, p.12). Notre portrait doit dater de cette époque, ses deux fils, nés en 1790 et 1792, paraissant âgés entre trois et cinq ans. Madame de Staël séjourne en effet assez régulièrement au château de Coppet lors de la Révolution. Il devient le lieu de son exil politique pendant l’Empire après ses critiques du pouvoir napoléonien.

Germaine de Staël est la figure emblématique de la femme indépendante de la France des Lumières.  Philosophe, écrivaine, esprit libre, elle revendique une liberté totale de corps et d’esprit pour les femmes. Ses prises de positions contre Napoléon lui valent un exil obligatoire dans le canton de Genève et elle s’installe au château de Coppet à partir de 1803. La police politique de l’Empire surveille le moindre de ses mouvements. Son livre De l’Allemagne est interdit et détruit ; seuls quatre exemplaires de l’édition de 1810 ont survécu à la censure. Madame de Staël revient à Paris sous la Restauration. Elle décède le 14 juillet 1817.