59

Henri de TOULOUSE-LAUTREC (Albi 1864 - 1901, Saint-André-du-Bois)

Au Salon de la rue des Moulins 

Retour à la vente

Au Salon de la rue des Moulins 

Crayons bleu et rouge sur page de carnet
15,5 x 25,5 cm - 6 1/8 × 10 1/16 in.

Cachet du monogramme en bas à droite (L. 5894) ; ancienne collection Séré de Rivières selon plusieurs étiquettes au verso ; vente anonyme, Versailles, 9 décembre 1962, n°62, repr.

M. JOYANT, Henri de Toulouse-Lautrec 1864-1901, tome II, H. Floury, 1927, p. 205, cité.
M. G. DORTU, Toulouse-Lautrec et son oeuvre, Collectors Editions New-York, 1971, tome V, p. 592-593, n°D3556, repr.
C. FRECHES-THORY, A. ROQUEBERT, R. THOMSON, D. DEVYNCK, Toulouse-Lautrec, Réunion des Musées Nationaux, 1992, p. 424, cité note 4.

Cinquantenaire Toulouse Lautrec, musée de l’Orangerie, Paris, 1951, n°131b.

Notre dessin est préparatoire pour le Salon de la rue des Moulins, du musée d’Albi. (inv. MTL.180, voir C. Frèches-Thory, A. Roquebert, R. Thomson, D. Devynck, Toulouse-Lautrec, Réunion des Musées Nationaux, 1992, p. 424-426).

Au Salon de la rue des Moulins figure aujourd’hui parmi les compositions les plus célèbres de Toulouse-Lautrec (Fig. 1). Préparatoire à cette œuvre, le dessin met en place les modèles sur un large sofa, tandis que d’autres éléments du décor tels que la colonne ainsi que des figures secondaires viennent structurer la scène.

Si ce n’est installé, tout du moins régulier visiteur du Salon de la Fleur blanche, célèbre maison close de la rue des Moulins, il aborda le thème de la prostitution dans plusieurs compositions auxquelles il conféra une ampleur habituellement réservée à la peinture d’histoire. L’Inspection médicale rue des Moulins, Le Blanchisseur de la Maison et Ces dames au réfectoire s’inscrivent ainsi dans cet ensemble, où il franchit les portes de ce lieu, rendant fréquentable l’infréquentable.

Figure familière et appréciée de la maison, Toulouse-Lautrec y circulait librement, observant sans contrainte les scènes qui s’y déroulaient. Il se rapprocha de plusieurs pensionnaires comme Rolande, Marcelle, Gabrielle, et plus encore Mireille dont il devint à la fois le confident et l’ami. Les nombreux croquis réalisés durant cette période témoignent d’un regard attentif et empreint de sincérité porté sur leur intimité. Accompagné de l’un de ses modèles, l’artiste est immortalisé dans son atelier devant l’œuvre peinte achevée (Fig. 2).