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Attribué au Maître du Fils Prodigue (Actif à Anvers entre 1530 et 1560)

Suzanne et les Vieillards

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Suzanne et les Vieillards

Panneau (trois planches, non parqueté ; agrandissement d'un cm en haut)
68 x 105 cm - 26 3/4 x 41 5/16 in.

(Restaurations, soulèvements)

Collection particulière, France.

En 1909, Hulin de Loo identifie le Maître du Fils prodigue d’après une composition éponyme conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne (inv. Gemäldegalerie, 986). En 1983, Jacques Foucart qualifie le mystérieux Maître du Fils prodigue « d’artiste anonyme parmi les plus captivants de la florissante cité d’Anvers à l’apogée de son succès »[1]. Son style reçoit les influences croisées de Pieter Coeck van Aelst (1502-1550), Pieter Aertsen (1508-1575) et Frans Floris (c. 1517-1570) dont il est le contemporain. À la tête d’un atelier sans doute important au regard de sa production, il a aussi réalisé des projets de tapisserie.

Le Maître traite ici un sujet qu’il a abordé de nombreuses fois et dont des variantes ont pu ponctuellement apparaître sur le marché. À défaut d’être allé en Italie, ce que les sources ne peuvent actuellement affirmer, il est influencé par Frans Floris et l’école de Fontainebleau. Cela se retrouve dans le maniérisme de ses formes, appréciant les torsions et les figures représentées à demi, les coloris raffinés des drapés ou l’aspect quasi marmoréen des chairs pâles de Suzanne. La monumentalité et le réalisme accentué de ces dernières rappellent quant à eux la peinture d’Aertsen ou Coecke van Aelst. Les bouches charnues, la couleur rouge qu’elle soit franche ou diffuse, l’expressivité des figures sont des éléments stylistiques que l’on retrouve dans d’autres œuvres du corpus de notre peintre.

[1] Jacques FOUCART, « Tableaux des écoles du Nord : un bilan d'acquisition », in Revue du Louvre et des Musées de France, 33, 1983, p. 360.