











TIBET
XVe-XVIe SIECLE
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
XVe-XVIe SIECLE
Importante statue de Chakrasamvara en bronze doré, figuré debout en alidhasana, enlançant en yabyum sa parèdre Vajravarahi, ses douze bras disposés en éventail autour de son corps et tenant des attributs variés (damaru, hache, kartika, trident, vajra, khatvanga, kapala, corde, tête de Brahma et gantha). Le yidam et sa parèdre sont parés de nombreux bijoux rehaussés d'incrustations de pierres dures (brassards, bracelets, boucles d'oreilles) et vêtus de fins tabliers formant une résille et rehaussés de pendeloques. Chakrasamvara est également vêtu d'un peau d'éléphant et de ceintures de crânes et têtes coupées délicatement ciselés. Ses quatre visages sont couronnés d'un fin diadème à fleurons et masques de citipati. Les corps de Chakrasamvara et Vajravarahi avec leurs charges rituelles. La face inférieur de chaque pied avec un tenon. Sur un socle en métal postérieur.
H. 29 cm
Notre sculpture est réalisée dans le style raffiné des maîtres artistes de la renaissance tibétaine du XVe siècle. Le couple cosmique est magnifiquement orné de bijoux et ornements détaillés, renforçant la perfection de leurs corps et de leurs esprits. La couronne de Chakrasamvara, à deux niveaux, est rendue de manière homogène sur ses quatre têtes. Elle repose sur ses boucles serrées qui convergent vers un haut jatamukata de mèches entrelacées. L'artiste n'a pas non plus ménagé ses efforts dans sa représentation de Vajravarahi. La tête est rejetée en arrière, le visage transformé par l’extase, la bouche entrouverte dévoilant des canines. On notera la grande qualité du modelé du visage et l’extrême finesse de la ciselure des yeux et des sourcils. Apparaissant au-dessus de guirlandes de crânes et de têtes coupées, son tablier rituel, formant un filet losangé, est méticuleusement exécuté, avec ses médaillons floraux entrelacés. Tous les éléments de bijouterie – couronnes, brassards, bracelets, ornements…– sont ciselés avec délicatesse et embellis de turquoise incrustée. On notera le grand détail apporté à la ciselure des longs colliers de crânes et têtes coupées.
Le modelé élancé et agile des membres ainsi que la physionomie très expressive, caractérisée par des yeux écarquillés et des sourcils froncés, sont typiques des bronzes datant du XVe siècle. Notre pièce est à rapprocher stylistiquement de deux statues de Chakrasamvara et Vajravarahi, datés de la même période, l’une dispersée par Bonhams, vente « Images of Devotion », 1er décembre 2023, Hong Kong, lot 1820, l’autre également vendue par Bonhams, vente « Indian, Himalayan & Southeast Asian Art », 16 mars 2015, New York, lot 18. On constatera une grande similarité dans les ornements, les nombreux rehauts de turquoise, la finesse et la complexité du travail de ciselure mais également dans le soin apporté aux visages des déités, traités avec une grande expressivité et une attention soutenue aux détails.
Cette grande statue en bronze doré représente Chakrasamvara (Korlo Demchog) dans une danse cosmique avec sa compagne Vajravarahi (Dorje Phagmo). Chakrasamvara, dont le nom signifie « Roue de la Félicité Suprême » en sanskrit, est un heruka (divinité courroucée) et la déité méditative (yidam) au cœur du Tantra de Chakrasamvara, l'une des traditions de sagesse les plus importantes du bouddhisme tibétain. Sa parèdre Vajravarahi (littéralement « Laie adamantine »), est une dakini, émanation de Vajrayogini, une des manifestations féminines de la sagesse transcendante (prajñā). L’étreinte (yabyum) de ces deux déités représente l'accomplissement de la tradition du tantra yoga suprême (anuttarayoga tantra) et l'idéal suprême du bouddhisme tibétain : l'union habile de la sagesse parfaite (Vajrayogini) et de la compassion (Samvara). Pour souligner davantage ce symbolisme, Chakrasamvara croise les instruments rituels vajra et ghanta qu'il tient dans ses mains principales par un geste connu sous le nom de vajrahumkara mudra, symbolisant que la sagesse et la compassion se sont dissoutes dans une union parfaite et interpénétrante.
Les sculptures de Chakrasamvara requièrent l’emploi des meilleurs artistes afin de produire des images méditatives complexes capables d’inspirer et de guider le pratiquant jusqu’à ce qu’il puisse atteindre ce même état de félicité. Jusqu'à ce moment, chaque nuance symbolique de l'iconographie de la divinité l'aidera à comprendre pleinement la conscience de celle-ci. Le sculpteur a donc rendu chaque détail avec une main experte. De plus, Chakrasamvara occupe une place prépondérante dans toutes les écoles bouddhistes tibétaines et est la principale divinité transformatrice des lignées Kagyu et Sakya.
Ayant acquis une grande notoriété entre le XIVe et le XVIe siècle, les ordres Kagyu et Sakya ont noué des liens étroits avec les cours impériales Yuan et Ming. La période est le théâtre d’intenses échanges alimentés par un puissant et riche mécénat financier de l’empire du Milieu, permettant la production d’images de Chakrasamvara de grande qualité.
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