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Christoffel Jacobsz. van der LAMEN
Vendu : 7 280 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
Christoffel Jacobsz. van der LAMEN
Bruxelles, 1607 - 1651, Anvers
La main chaude
Panneau de chêne (parqueté)
72 x 104 cm - 28 3/8 x 41 in.
Blindman's buff, oak panel (craddled)
PROVENANCE
Collection particulière, Belgique
Né à Bruxelles en 1607, Christoffel van der
Lamen commence et poursuit probablement
son apprentissage auprès de son père Jacob.
En 1636, il intègre la Guilde de Saint-Luc à
Anvers où il travaille jusqu’à sa mort en 1651.
Rapidement, il se spécialise dans les vrolijke
gezelschap, littéralement « joyeuses compagnies
». Parfois réunies dans l’atmosphère
feutrée d’un salon, parfois installées dans
le cadre charmant d’un jardin fleuri, d’élégantes
assemblées s’adonnent à une variété
d’activités : jeux de cartes, conversations galantes,
concerts improvisés ou discussions animées.
Plus populaire dans les Provinces-Unies,
le genre s’était particulièrement développé à
la suite de Willem Buytewech (1591 - 1624) et
Esaias van de Velde (1587 - 1630). Parmi ses
adeptes, Dirck Hals (1591 - 1656) à Haarlem,
Pieter Codde (1599 - 1678) ou Willem Duyster
(1599 - 1635) à Amsterdam.
Le succès de ces sujets parvient jusqu’à notre
artiste flamand, qui s’en approprie les codes :
à l’abri d’un porche les protégeant d’un ciel
orageux, une réunion de jeunes gens très
élégamment vêtus est saisie en pleine partie
de main chaude (handje-klap). Cousin du
colin-maillard, le jeu consistait à bander les
yeux de l’un des participants, tandis qu’un
autre venait lui taper la paume de la main.
Tous les autres joueurs tendant également
la leur, la personne aveuglée devait alors
deviner qui l’avait frappée. L’oeuvre est sonore
: les rires fusent, les conversations vont
bon train, le chien aboie, les talons claquent.
Le visage rieur de l’homme au centre, son regard
clairement dirigé tandis qu’il lève une main
sans vraiment chercher celle de sa partenaire
aux yeux bandés, mêle à l’innocence apparente
de la scène une dimension plus grivoise. Sous
la frivolité apparente de la représentation, il ne
faudrait ainsi pas omettre une forme de morale
et de dénonciation des vices humains.
Comme souvent dans ces joyeuses compagnies,
l’un des personnages nous invite à entrer
dans la scène et prendre part à l’excitation
ambiante. Ici, au milieu du brouhaha, la joueuse
vêtue d’une robe verte porte son regard au-delà
du tableau et croise directement le nôtre.
Dans ce décor qu’il laisse légèrement flou,
van der Lamen travaille avec finesse les satins
et les velours de ses tissus. Secondaire, le
décor n’est presque fait que de teintes grises
et terreuses, laissant d’autant mieux ressortir
la déclinaison de robes lumineuses et colorées.
Le peintre montre qu’il est aussi attentif
aux détails dans le travail des coiffures, des
dentelles, du rendu des matières. Plus que
ses confrères septentrionaux, il accentue le
caractère décoratif de ces élégantes réunions
de personnages.
Bruxelles, 1607 - 1651, Anvers
La main chaude
Panneau de chêne (parqueté)
72 x 104 cm - 28 3/8 x 41 in.
Blindman's buff, oak panel (craddled)
PROVENANCE
Collection particulière, Belgique
Né à Bruxelles en 1607, Christoffel van der
Lamen commence et poursuit probablement
son apprentissage auprès de son père Jacob.
En 1636, il intègre la Guilde de Saint-Luc à
Anvers où il travaille jusqu’à sa mort en 1651.
Rapidement, il se spécialise dans les vrolijke
gezelschap, littéralement « joyeuses compagnies
». Parfois réunies dans l’atmosphère
feutrée d’un salon, parfois installées dans
le cadre charmant d’un jardin fleuri, d’élégantes
assemblées s’adonnent à une variété
d’activités : jeux de cartes, conversations galantes,
concerts improvisés ou discussions animées.
Plus populaire dans les Provinces-Unies,
le genre s’était particulièrement développé à
la suite de Willem Buytewech (1591 - 1624) et
Esaias van de Velde (1587 - 1630). Parmi ses
adeptes, Dirck Hals (1591 - 1656) à Haarlem,
Pieter Codde (1599 - 1678) ou Willem Duyster
(1599 - 1635) à Amsterdam.
Le succès de ces sujets parvient jusqu’à notre
artiste flamand, qui s’en approprie les codes :
à l’abri d’un porche les protégeant d’un ciel
orageux, une réunion de jeunes gens très
élégamment vêtus est saisie en pleine partie
de main chaude (handje-klap). Cousin du
colin-maillard, le jeu consistait à bander les
yeux de l’un des participants, tandis qu’un
autre venait lui taper la paume de la main.
Tous les autres joueurs tendant également
la leur, la personne aveuglée devait alors
deviner qui l’avait frappée. L’oeuvre est sonore
: les rires fusent, les conversations vont
bon train, le chien aboie, les talons claquent.
Le visage rieur de l’homme au centre, son regard
clairement dirigé tandis qu’il lève une main
sans vraiment chercher celle de sa partenaire
aux yeux bandés, mêle à l’innocence apparente
de la scène une dimension plus grivoise. Sous
la frivolité apparente de la représentation, il ne
faudrait ainsi pas omettre une forme de morale
et de dénonciation des vices humains.
Comme souvent dans ces joyeuses compagnies,
l’un des personnages nous invite à entrer
dans la scène et prendre part à l’excitation
ambiante. Ici, au milieu du brouhaha, la joueuse
vêtue d’une robe verte porte son regard au-delà
du tableau et croise directement le nôtre.
Dans ce décor qu’il laisse légèrement flou,
van der Lamen travaille avec finesse les satins
et les velours de ses tissus. Secondaire, le
décor n’est presque fait que de teintes grises
et terreuses, laissant d’autant mieux ressortir
la déclinaison de robes lumineuses et colorées.
Le peintre montre qu’il est aussi attentif
aux détails dans le travail des coiffures, des
dentelles, du rendu des matières. Plus que
ses confrères septentrionaux, il accentue le
caractère décoratif de ces élégantes réunions
de personnages.
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