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Giacomo Francesco CIPPER, dit Il Todeschini
Vendu : 10 400 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
Giacomo Francesco CIPPER, dit Il Todeschini
Feldkirch, c. 1664 - 1736, Milan
Les petits marchands de gibier
Toile
125 x 160 cm - 49 1/4 x 63 in.
Small game merchants, canvas
PROVENANCE
Collection particulière, Belgique.
Peintre de la réalité, du quotidien, peintre de la rue, de ses hommes et femmes, Cipper consacra la majeure partie de son œuvre à la vie des humbles et à ce qui la constitue. Surnommé « Il Todeschini » (l'Allemand) en raison de son lieu de naissance, il est difficile de documenter la vie de l'artiste avant son arrivée à Milan en 1686. Tout de suite, il se rattache au courant réaliste, très implanté en Lombardie dès le XVIIe et jusqu'au XVIIIe siècle. Il suit par-là certains précurseurs à l'instar de Bernardo Monsù (1624-1687) ou Felice Boselli (1650-1732). Auteur de cycles sur des thèmes mythologiques et religieux, il semblerait qu'il ait tout de même commencé comme peintre de natures mortes.
Aussi n'est-il pas étonnant de trouver ici un soin tout particulier apporté à l'étal qui s'offre devant nos yeux. Sans collaboration, l'artiste montre qu'il maîtrise à la fois la figuration humaine et la représentation animale. Ainsi, sur un fond qui n'est là que pour accueillir ses figurants, se trouvent une femme et un jeune garçon, établis au sol où ils rassemblent leur butin macabre. Ostentatoire, le premier plan nous propose toute une déclinaison de canards et volailles aux plumages chamarrés. Seuls intrus peut-être, le lièvre mort et les lapins encore vivants, attendant patiemment dans leur cage d'être emmenés avec le reste. Cipper montre qu'il sait aussi bien peindre un plumage qu'une fourrure, un animal mort qu'un vivant.
Par son geste de présentation, la marchande nous invite à entrer et à participer à cette scène de vie anodine. Modestement vêtus, le chapeau défraîchi, la veste reprisée et les cheveux en désordre de l'enfant, ainsi que le corset trop serré de la femme, son châle et la simplicité de sa robe, tout cela renvoie à la modestie de leurs origines.
La mise en lumière de personnages du peuple, individualisés et à échelle quasi-grandeur nature, n'est pas sans rappeler l'influence flamande d'un Pieter Brueghel l'Ancien (1525-1569), par exemple. Le réalisme du traitement, quant à lui, est issu directement de ce qu'avaient amorcé les Carrache et Caravage (1571-1610) quelque temps plus tôt. Choix singulier mais récurrent dans l'œuvre de Cipper, le visage rieur de la marchande, toutes dents apparentes. Topos chez l'artiste, le rire chez lui peut être simple, spontané comme ici, parfois associé au jeu, à la plaisanterie, ou sembler plus ironique et provocateur.
Ici, il n'est pas question d'atermoiement, de dénonciation des affres de la misère. Plutôt, Cipper souligne son intérêt pour le monde la rue qu'il nous partage. Tombé dans l'oubli pendant un temps, Il Todeschini revient et est mis à l'honneur actuellement au musée de Trente en Italie où il bénéficie d'une rétrospective intitulée « Il Teatro del Quotidiano ». En 2005, l'artiste avait également fait l'objet d'une exposition conjointement organisée par les musées des Beaux-Arts de Reims, Chambéry et du musée Malraux du Havre, une vingtaine de toiles étant conservées au sein des collections publiques françaises.
Feldkirch, c. 1664 - 1736, Milan
Les petits marchands de gibier
Toile
125 x 160 cm - 49 1/4 x 63 in.
Small game merchants, canvas
PROVENANCE
Collection particulière, Belgique.
Peintre de la réalité, du quotidien, peintre de la rue, de ses hommes et femmes, Cipper consacra la majeure partie de son œuvre à la vie des humbles et à ce qui la constitue. Surnommé « Il Todeschini » (l'Allemand) en raison de son lieu de naissance, il est difficile de documenter la vie de l'artiste avant son arrivée à Milan en 1686. Tout de suite, il se rattache au courant réaliste, très implanté en Lombardie dès le XVIIe et jusqu'au XVIIIe siècle. Il suit par-là certains précurseurs à l'instar de Bernardo Monsù (1624-1687) ou Felice Boselli (1650-1732). Auteur de cycles sur des thèmes mythologiques et religieux, il semblerait qu'il ait tout de même commencé comme peintre de natures mortes.
Aussi n'est-il pas étonnant de trouver ici un soin tout particulier apporté à l'étal qui s'offre devant nos yeux. Sans collaboration, l'artiste montre qu'il maîtrise à la fois la figuration humaine et la représentation animale. Ainsi, sur un fond qui n'est là que pour accueillir ses figurants, se trouvent une femme et un jeune garçon, établis au sol où ils rassemblent leur butin macabre. Ostentatoire, le premier plan nous propose toute une déclinaison de canards et volailles aux plumages chamarrés. Seuls intrus peut-être, le lièvre mort et les lapins encore vivants, attendant patiemment dans leur cage d'être emmenés avec le reste. Cipper montre qu'il sait aussi bien peindre un plumage qu'une fourrure, un animal mort qu'un vivant.
Par son geste de présentation, la marchande nous invite à entrer et à participer à cette scène de vie anodine. Modestement vêtus, le chapeau défraîchi, la veste reprisée et les cheveux en désordre de l'enfant, ainsi que le corset trop serré de la femme, son châle et la simplicité de sa robe, tout cela renvoie à la modestie de leurs origines.
La mise en lumière de personnages du peuple, individualisés et à échelle quasi-grandeur nature, n'est pas sans rappeler l'influence flamande d'un Pieter Brueghel l'Ancien (1525-1569), par exemple. Le réalisme du traitement, quant à lui, est issu directement de ce qu'avaient amorcé les Carrache et Caravage (1571-1610) quelque temps plus tôt. Choix singulier mais récurrent dans l'œuvre de Cipper, le visage rieur de la marchande, toutes dents apparentes. Topos chez l'artiste, le rire chez lui peut être simple, spontané comme ici, parfois associé au jeu, à la plaisanterie, ou sembler plus ironique et provocateur.
Ici, il n'est pas question d'atermoiement, de dénonciation des affres de la misère. Plutôt, Cipper souligne son intérêt pour le monde la rue qu'il nous partage. Tombé dans l'oubli pendant un temps, Il Todeschini revient et est mis à l'honneur actuellement au musée de Trente en Italie où il bénéficie d'une rétrospective intitulée « Il Teatro del Quotidiano ». En 2005, l'artiste avait également fait l'objet d'une exposition conjointement organisée par les musées des Beaux-Arts de Reims, Chambéry et du musée Malraux du Havre, une vingtaine de toiles étant conservées au sein des collections publiques françaises.
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