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SINO-TIBETAIN DYNASTIE QING, XVIIIe SIÈCLE
Vendu : 314 880 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
SINO-TIBETAIN DYNASTIE QING, XVIIIe SIÈCLE
Statue de Shakyamuni en bronze doré, le Bouddha assis en vajrasana sur une double base lotiforme aux pétales richement ouvragés, sa main droite en bhumiparshamudra, la main gauche reposant en dhyanamudra sur les jambes.
Il est vêtu d'un dhoti remontant sur le torse, finement incisé de motifs géométriques.
Le corps est drapé dans une robe monastique, richement décorée de médaillons de lotus et bordée de rinceaux, découvrant l'épaule droite et retombant en élégantes cascades de plis. Le visage fin, au menton pointu, les yeux étirés surmontés par une arcade sourcillière marquée, le nez droit, la bouche petite.
La base non scellée.
H. 34 cm
PROVENANCE
- Collection particulière du Nord de la France
- Puis par descendance.
Cette figure représente le Bouddha Shakyamuni dans une iconographie qui incarne sa victoire spirituelle et son autorité.
Ce geste, où la main droite touche le sol tandis que la gauche repose en méditation sur ses genoux, symbolise le moment
où Siddhartha Gautama, au seuil de l’Éveil, appelle la terre à témoigner de ses mérites face aux tentations du démon Mara. La qualité technique de cette pièce ainsi que sa taille et son poids conséquent sont des éléments particulièrement significatifs. En effet, il s’agit d’une fonte à la cire perdue, et non d’un travail de repoussé, technique habituellement employée sous les Qing pour les pièces de grande taille. La fonte garantit une solidité et une densité exceptionnelles, tout en permettant une finesse accrue dans les détails sculptés. On notera également la grande qualité de la dorure. Ces éléments, suggèrent qu’elle a été conçue pour un contexte officiel, possiblement une image de dévotion digne du culte impérial, un don de la cour Qing à un haut dignitaire ou à un monastère influent. Située à un carrefour stylistique, cette statue témoigne de la vitalité artistique de la dynastie Qing et de sa capacité à intégrer des traditions variées dans une synthèse harmonieuse. Il est intéressant de la rapprocher d’une triade figurant Shakyamuni entouré de Vajrapani et Avalokiteshvara, de dimensions similaires, datée du XVIIIe siècle et vendue par Bonhams Hong-Kong, le 30 novembre 2022, « Images of Devotion », lot 1027. Elle atteste de l’importance politique du bouddhisme tibétain au début de la dynastie Qing (1644 - 1911) et de la nécessité de faire converger politique, religion et art pour construire une paix durable entre l’empire céleste et ses alliés. Le soutien des empereurs Qing au bouddhisme tibétain présentait des avantages à la fois politiques et personnels, assurant une alliance diplomatique avec les voisins mongols et tibétains, tout en garantissant une progression rapide vers l’illumination grâce à la dévotion personnelle. C’est ainsi que les trois grands
empereurs du XVIIIe siècle chinois ont laissé de nombreuses preuves matérielles de cette spiritualité, par la production de statues, peintures et autres objets rituels, et par la construction de monastères et de sanctuaires bouddhistes dans tout le pays, notamment dans les régions frontalières du nord et de l’ouest de l’empire. Notre bouddha intègre des éléments stylistiques issus des registres mongols et Qing, reflétant l’alliance politique entre ces deux nations, avec, comme trait d’union, le bouddhisme tibétain. En effet, cette majestueuse représentation de Shakyamuni s’inspire de modèles de la célèbre école Zanabazar, fierté nationale des Mongols Khalkha.
Öndör Gegeen Zanabazar (1635 - 1723) est un personnage singulier qui inaugure une période de renouveau artistique
en Mongolie. Il est à la fois une figure politique et religieuse puissante, mais aussi un artiste visionnaire qui a créé un style
d’une grande sophistication. Ayant suivi une solide formation religieuse au Tibet, il fonde un atelier en Mongolie et développe l’un des styles sculpturaux les plus sublimes de l’époque, synthèse de sensualité indo-népalaise, de puissance tibétaine et de précision chinoise, imprégnée d’une inventivité qui lui est propre.
Ses modèles ont clairement influencé le canon de notre statue, notamment la taille cintrée, les épaules larges mais également le nez aquilin surmonté par une arcade sourcilière tranchante, des sourcils arqués et enfin le menton pointu.
Cependant, notre figure présente de subtiles différences avec les productions de Zanabazar. En effet, les traits sont plus acérés, avec un modelé et des lignes moins douces. Ces variations suggèrent un atelier et un commanditaire Qing.
La robe du Bouddha, drapée avec une fluidité remarquable, est un exemple frappant de l’esthétique Qing.
Statue de Shakyamuni en bronze doré, le Bouddha assis en vajrasana sur une double base lotiforme aux pétales richement ouvragés, sa main droite en bhumiparshamudra, la main gauche reposant en dhyanamudra sur les jambes.
Il est vêtu d'un dhoti remontant sur le torse, finement incisé de motifs géométriques.
Le corps est drapé dans une robe monastique, richement décorée de médaillons de lotus et bordée de rinceaux, découvrant l'épaule droite et retombant en élégantes cascades de plis. Le visage fin, au menton pointu, les yeux étirés surmontés par une arcade sourcillière marquée, le nez droit, la bouche petite.
La base non scellée.
H. 34 cm
PROVENANCE
- Collection particulière du Nord de la France
- Puis par descendance.
Cette figure représente le Bouddha Shakyamuni dans une iconographie qui incarne sa victoire spirituelle et son autorité.
Ce geste, où la main droite touche le sol tandis que la gauche repose en méditation sur ses genoux, symbolise le moment
où Siddhartha Gautama, au seuil de l’Éveil, appelle la terre à témoigner de ses mérites face aux tentations du démon Mara. La qualité technique de cette pièce ainsi que sa taille et son poids conséquent sont des éléments particulièrement significatifs. En effet, il s’agit d’une fonte à la cire perdue, et non d’un travail de repoussé, technique habituellement employée sous les Qing pour les pièces de grande taille. La fonte garantit une solidité et une densité exceptionnelles, tout en permettant une finesse accrue dans les détails sculptés. On notera également la grande qualité de la dorure. Ces éléments, suggèrent qu’elle a été conçue pour un contexte officiel, possiblement une image de dévotion digne du culte impérial, un don de la cour Qing à un haut dignitaire ou à un monastère influent. Située à un carrefour stylistique, cette statue témoigne de la vitalité artistique de la dynastie Qing et de sa capacité à intégrer des traditions variées dans une synthèse harmonieuse. Il est intéressant de la rapprocher d’une triade figurant Shakyamuni entouré de Vajrapani et Avalokiteshvara, de dimensions similaires, datée du XVIIIe siècle et vendue par Bonhams Hong-Kong, le 30 novembre 2022, « Images of Devotion », lot 1027. Elle atteste de l’importance politique du bouddhisme tibétain au début de la dynastie Qing (1644 - 1911) et de la nécessité de faire converger politique, religion et art pour construire une paix durable entre l’empire céleste et ses alliés. Le soutien des empereurs Qing au bouddhisme tibétain présentait des avantages à la fois politiques et personnels, assurant une alliance diplomatique avec les voisins mongols et tibétains, tout en garantissant une progression rapide vers l’illumination grâce à la dévotion personnelle. C’est ainsi que les trois grands
empereurs du XVIIIe siècle chinois ont laissé de nombreuses preuves matérielles de cette spiritualité, par la production de statues, peintures et autres objets rituels, et par la construction de monastères et de sanctuaires bouddhistes dans tout le pays, notamment dans les régions frontalières du nord et de l’ouest de l’empire. Notre bouddha intègre des éléments stylistiques issus des registres mongols et Qing, reflétant l’alliance politique entre ces deux nations, avec, comme trait d’union, le bouddhisme tibétain. En effet, cette majestueuse représentation de Shakyamuni s’inspire de modèles de la célèbre école Zanabazar, fierté nationale des Mongols Khalkha.
Öndör Gegeen Zanabazar (1635 - 1723) est un personnage singulier qui inaugure une période de renouveau artistique
en Mongolie. Il est à la fois une figure politique et religieuse puissante, mais aussi un artiste visionnaire qui a créé un style
d’une grande sophistication. Ayant suivi une solide formation religieuse au Tibet, il fonde un atelier en Mongolie et développe l’un des styles sculpturaux les plus sublimes de l’époque, synthèse de sensualité indo-népalaise, de puissance tibétaine et de précision chinoise, imprégnée d’une inventivité qui lui est propre.
Ses modèles ont clairement influencé le canon de notre statue, notamment la taille cintrée, les épaules larges mais également le nez aquilin surmonté par une arcade sourcilière tranchante, des sourcils arqués et enfin le menton pointu.
Cependant, notre figure présente de subtiles différences avec les productions de Zanabazar. En effet, les traits sont plus acérés, avec un modelé et des lignes moins douces. Ces variations suggèrent un atelier et un commanditaire Qing.
La robe du Bouddha, drapée avec une fluidité remarquable, est un exemple frappant de l’esthétique Qing.
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