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LÊ PHỔ (1907-2001)
Vendu : 2 022 959 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
LÊ PHỔ (1907-2001)
Le bain, circa 1938
Encre, gouache et couleurs sur soie, signée en haut à gauche
61 x 45,5 cm à vue - 24 x 17 7/8 in. on sight
Ink, gouache and colors on silk, signed upper left
Une attestation d'inclusion au catalogue raisonné de l'artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l'association des Artistes d'Asie à Paris sera remise à l'acquéreur.
PROVENANCE
Collection particulière, Paris (acquis vers 1938 et transmis par descendance depuis)
Fils du vice-roi du Tonkin, Lê Phổ est né en 1907 à Hadong, au nord du Viêt Nam. Il présente jeune un vif intérêt pour les arts et intègre en 1925 l’École des beaux-arts de l’Indochine. Durant ces années de formation à Hanoï, il rencontre ses deux principaux maîtres, les Français Victor Tardieu et Joseph Inguimberty, qui participeront largement à l’accomplissement
de son style. En 1931, à l’occasion de l’exposition coloniale qui est organisée dans le bois de Vincennes, il entreprend un voyage de deux ans en Europe. Il parcourt la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie et il se passionne pour l’art de la Renaissance, la peinture religieuse occidentale, ainsi que la peinture moderne. En 1933, il revient à Hanoï et enseigne le dessin. Un an plus tard, lors d’un voyage à Pékin, il approfondit sa connaissance de la peinture traditionnelle chinoise grâce aux collectionneurs et amateurs d’art. En 1937, Lê Phổ s’installe définitivement à Paris. Il commence à exposer ses oeuvres avec des sujets de femmes, d’enfants, de bouquets de fleurs et une technique orientale qui feront sa notoriété en Algérie, en France… Il s’émerveille dans les musées et s’intéresse également aux travaux des peintres qu’il rencontre, tels Bonnard ou
Matisse. Sa réputation prend un nouvel élan à partir de 1963, quand il signe un accord avec la galerie Findlay pour être présenté en Amérique du Nord. Dès lors, il devient l’un des peintres vietnamiens les plus renommés du XXe siècle.
Lê Phổ et la leçon
de la Renaissance italienne L’artiste Lê Phổ, formé à Hanoï, découvre une première fois la France en 1931, lorsque Victor Tardieu le choisit comme assistant pour l’Exposition coloniale à Vincennes. Le jeune diplômé met ce séjour à profit pour explorer les musées et s’imprégner du travail des grands maîtres. Il est subjugué par les primitifs et la Renaissance italienne et ce voyage marquera son oeuvre. C’est en 1937 que Lê Phổ revient à Paris. Il représente son maître Victor Tardieu,
souffrant, en tant que directeur artistique de la section « Indochine » de l’Exposition universelle installée sur l’île aux Cygnes. Il ne retournera plus au Vietnam1. L’oeuvre Le bain est peinte peu après, probablement vers 1938. Dans cette délicate soie,
l’artiste représente une mère qui sèche son enfant après une baignade, tandis qu’en arrièreplan, une jeune femme lave un drap dans le cours d’eau. Lê Phổ transpose sur soie les leçons de la Renaissance italienne auxquelles il s’est confronté quelques années plus tôt : un jeu de diagonales organise l’espace entre l’eau et la terre. Lê Phổ retient également la leçon
de la composition pyramidale, notamment très utilisée par Raphaël pour ses Vierges à l’Enfant (ill. 1). C’est à ce motif de la Vierge à l’Enfant que Lê Phổ fait référence avec Le bain : l’oeuvre peut, par exemple, être rapprochée de la Vierge à l’Enfant du Pérugin, peinte dans les années 1515 (ill. 2). La Vierge se tient droite et le Christ est debout dans une position en
contrapposto, nu, tout comme l’enfant dans la soie de Lê Phổ. Une attention particulière est portée au traitement des drapés des linges qui entourent l’enfant. Ce dernier réutilise la couleur rouge propre au vêtement de la Vierge.
Composer et recomposer une image
L’arrière-plan, quant à lui, contraste avec l’influence de la Renaissance italienne puisque
Lê Phổ ne fait pas le choix d’une perspective classique, mais plutôt d’aplats donnant un aspect quasiment vertical. Le ponton est un motif que l’artiste représente à plusieurs reprises, notamment en tant que sujet principal : avec la mère séchant son enfant vers 1935 (ill. 3) ou la Jeune femme au bord de l’eau (ill. 4). Dans son art, Lê Phổ croise donc avec talent des motifs
récurrents avec diverses influences.
Exposer à Paris
Dès 1931, Lê Phổ expose régulièrement ses oeuvres à Paris, particulièrement au Salon des Artistes Français, à l’Agindo2, au Salon des artistes indépendants ou encore au Salon des Tuileries. C’est probablement à l’une de ses expositions que Le bain est acquise par les ancêtres des actuels propriétaires. En 1939, Raymond Lécuyer, journaliste pour Le Figaro, écrit à propos d’une exposition qui le présente à Paris : « Trois artistes indochinois, Nous avions aux Indépendants
Le bain, circa 1938
Encre, gouache et couleurs sur soie, signée en haut à gauche
61 x 45,5 cm à vue - 24 x 17 7/8 in. on sight
Ink, gouache and colors on silk, signed upper left
Une attestation d'inclusion au catalogue raisonné de l'artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l'association des Artistes d'Asie à Paris sera remise à l'acquéreur.
PROVENANCE
Collection particulière, Paris (acquis vers 1938 et transmis par descendance depuis)
Fils du vice-roi du Tonkin, Lê Phổ est né en 1907 à Hadong, au nord du Viêt Nam. Il présente jeune un vif intérêt pour les arts et intègre en 1925 l’École des beaux-arts de l’Indochine. Durant ces années de formation à Hanoï, il rencontre ses deux principaux maîtres, les Français Victor Tardieu et Joseph Inguimberty, qui participeront largement à l’accomplissement
de son style. En 1931, à l’occasion de l’exposition coloniale qui est organisée dans le bois de Vincennes, il entreprend un voyage de deux ans en Europe. Il parcourt la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie et il se passionne pour l’art de la Renaissance, la peinture religieuse occidentale, ainsi que la peinture moderne. En 1933, il revient à Hanoï et enseigne le dessin. Un an plus tard, lors d’un voyage à Pékin, il approfondit sa connaissance de la peinture traditionnelle chinoise grâce aux collectionneurs et amateurs d’art. En 1937, Lê Phổ s’installe définitivement à Paris. Il commence à exposer ses oeuvres avec des sujets de femmes, d’enfants, de bouquets de fleurs et une technique orientale qui feront sa notoriété en Algérie, en France… Il s’émerveille dans les musées et s’intéresse également aux travaux des peintres qu’il rencontre, tels Bonnard ou
Matisse. Sa réputation prend un nouvel élan à partir de 1963, quand il signe un accord avec la galerie Findlay pour être présenté en Amérique du Nord. Dès lors, il devient l’un des peintres vietnamiens les plus renommés du XXe siècle.
Lê Phổ et la leçon
de la Renaissance italienne L’artiste Lê Phổ, formé à Hanoï, découvre une première fois la France en 1931, lorsque Victor Tardieu le choisit comme assistant pour l’Exposition coloniale à Vincennes. Le jeune diplômé met ce séjour à profit pour explorer les musées et s’imprégner du travail des grands maîtres. Il est subjugué par les primitifs et la Renaissance italienne et ce voyage marquera son oeuvre. C’est en 1937 que Lê Phổ revient à Paris. Il représente son maître Victor Tardieu,
souffrant, en tant que directeur artistique de la section « Indochine » de l’Exposition universelle installée sur l’île aux Cygnes. Il ne retournera plus au Vietnam1. L’oeuvre Le bain est peinte peu après, probablement vers 1938. Dans cette délicate soie,
l’artiste représente une mère qui sèche son enfant après une baignade, tandis qu’en arrièreplan, une jeune femme lave un drap dans le cours d’eau. Lê Phổ transpose sur soie les leçons de la Renaissance italienne auxquelles il s’est confronté quelques années plus tôt : un jeu de diagonales organise l’espace entre l’eau et la terre. Lê Phổ retient également la leçon
de la composition pyramidale, notamment très utilisée par Raphaël pour ses Vierges à l’Enfant (ill. 1). C’est à ce motif de la Vierge à l’Enfant que Lê Phổ fait référence avec Le bain : l’oeuvre peut, par exemple, être rapprochée de la Vierge à l’Enfant du Pérugin, peinte dans les années 1515 (ill. 2). La Vierge se tient droite et le Christ est debout dans une position en
contrapposto, nu, tout comme l’enfant dans la soie de Lê Phổ. Une attention particulière est portée au traitement des drapés des linges qui entourent l’enfant. Ce dernier réutilise la couleur rouge propre au vêtement de la Vierge.
Composer et recomposer une image
L’arrière-plan, quant à lui, contraste avec l’influence de la Renaissance italienne puisque
Lê Phổ ne fait pas le choix d’une perspective classique, mais plutôt d’aplats donnant un aspect quasiment vertical. Le ponton est un motif que l’artiste représente à plusieurs reprises, notamment en tant que sujet principal : avec la mère séchant son enfant vers 1935 (ill. 3) ou la Jeune femme au bord de l’eau (ill. 4). Dans son art, Lê Phổ croise donc avec talent des motifs
récurrents avec diverses influences.
Exposer à Paris
Dès 1931, Lê Phổ expose régulièrement ses oeuvres à Paris, particulièrement au Salon des Artistes Français, à l’Agindo2, au Salon des artistes indépendants ou encore au Salon des Tuileries. C’est probablement à l’une de ses expositions que Le bain est acquise par les ancêtres des actuels propriétaires. En 1939, Raymond Lécuyer, journaliste pour Le Figaro, écrit à propos d’une exposition qui le présente à Paris : « Trois artistes indochinois, Nous avions aux Indépendants
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