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AQUAMANILE

Vendu : 13 000

Les frais s'entendent commission et taxes comprises.

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en alliage cuivreux creux, en forme de cheval richement harnaché et surmonté d'une chimère à tête de dragon formant anse, les ailes rabattues le long du corps, quatre pattes d'oiseaux et longue queue. Décor de festons gravés, ocelles et petits points estampés. Goulot entre les pattes antérieures en forme de tête animale. Dépourvu de robinet. 

Travail Rhéno-Mosan, probablement vers 1400.

Hauteur : 33 cm - Largeur : 26 cm - Profondeur : 10 cm 

(Accidents, manques et restaurations anciennes) 

Une analyse métallographique de l'objet a été diligentée par le laboratoire CESAAR et conclue que le métal ne montre pas d'anomalies par rapport à la provenance et à la période présumée de l'objet. [Rapport n°CES25-068 rendu en date du 30 juin 2025 | signataire du rapport Nicolas Poirier , ingénieur archéomètre].

  • réputé acquis par Robert-Sadia Pardo (1861 - 1926) 
  • collection Ferdinand Pardo (1913 - 1954), fils du précédent. 
  • collection Frédéric Pardo (1944 - 2005), fils du précédent. 

Les aquamaniles sont, selon l'étymologie, des récipients destinés au lavage des mains dans un contexte liturgique ou profane. Si les modèles liturgiques étaient employés dans les cérémonies ecclésiastiques pour le rite du « lavabo » au cours de l'offertoire, les aquamaniles profanes, eux, avaient une fonction domestique mettant à disposition l'eau sur la table sous l'aspect d'une fontaine comportant généralement d'un robinet amovible fiché dans le goulot. 

Au début du XVe siècle, ces objets deviennent presque exclusivement profanes, prenant des formes animales ou anthropomorphes fantastiques, parfois inspirées de la faune réelle ou de figures mythologiques (lions, cavaliers, licornes, etc.). Ils livrent à la fois la richesse de leur propriétaire et le raffinement de l'art des dinandiers rhéno-mosans. Leur décoration, parfois emprunte d'humour ou de symbolisme moral, témoigne d'une laïcisation progressive de certains objets liturgiques et d'un intérêt croissant pour l'apparat et le spectacle dans les pratiques de cour. Notre exemplaire présente une forme générale employée dans la première moitié du XVe siècle. 

Nous retrouvons ainsi des chevaux stylisés montés d'une chimère dans différentes collections, notamment au Metropolitain Museum de New-York [N°10.13.4a et 47.101.53] (Fig. 1 et Fig. 2). 

Le notre offre néanmoins une singularité remarquable par son décor gravé d'harnachages à festons dont nous retrouvons une occurrence extrêmement semblable sur l'aquamanile en forme de Saint George que conserve le musée du Bargello de Florence [Salla Carrand, Inv. 330c] (fig.3).