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QUINZIÈME JUZ D’UN CORAN MINIATURE,

Vendu : 10 400

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QUINZIÈME JUZ D’UN CORAN MINIATURE,
PROBABLEMENT ÉGYPTE OU SYRIE, XVIe SIÈCLE
Dim. reliure : 6,3 x 4,4 cm
Quelques trous, rousseurs, taches, petites déchirures, pliures,
probables petites retouches, reliure usée au rabat manquant.
Manuscrit arabe sur papier de 33 folios et 3 pages de garde
vierges, le texte de 9 lignes en calligraphie cursive miniature
dite ghubar à l’encre noire, quelques signes, les séparateurs
de versets et le titre de la Sourate XVIII al-Kahf à l’encre rouge.
Sur la première page, médaillon shamseh enluminé à l’or et en
polychromie et inscrit en calligraphie thuluth en lettres d’argent
cerclées de noir et de rouge « quinzième juz », le nombre 15
inscrit en plus à l’encre noire sur la même page. La double-page
suivante enluminée à l’or et en polychromie d’un frontispice, au
texte de cinq lignes à l’encre noire en réserve sur fond orné à
l’encre rouge et inscrit dans un cadre doré. Les côtés verticaux
de ce cadre ornés d’un bandeau tressé, les côtés horizontaux à
décor floral, l’un incluant une inscription en lettres d’argent (peu
lisible), vraisemblablement le nom de la sourate et le nombre
de versets qu’elle comporte (111). Le cadre se prolonge dans la
marge d’un lambrequin polylobé flanqué de deux rosettes puis
de deux demi-lambrequins. Le texte du manuscrit s’étend de la
Sourate XVII Al-Israa à la Sourate XVIII Al-Kahf, verset 76. Reliure
orientale en maroquin noir à décor estampé sur chaque plat d’une
mandorle polylobée aux contours rehaussés d’or et garnie de
rinceaux floraux, et d’encadrements de filets dont un souligné d’or.
Le petit format de ce manuscrit comptant 9 lignes pour une page
de quelques 6 cm de hauteur a nécessité l’emploi d’une minuscule
écriture qu’on pourrait qualifier de ghubar (« poussière » en arabe).
Cette graphie cursive est une variante du naskhi utilisée sur tous
types de supports de petite taille destinés à recevoir du texte
écrit tels que des amulettes, des talismans ou encore les Corans
miniatures. Certains de ces Corans pouvaient être divisés en 30
volumes et stockés dans des boîtes en cuir comme le montre un
exemplaire intact conservé au Musée islamique de Téhéran (ms.
4273) et attribué aux XIIIe / XIVe siècle. Le manuscrit ici présenté
apparaît alors comme orphelin d’un ensemble similaire aujourd’hui
perdu…Mais l’étude des collections nationales semble apporter
un second témoignage de l’existence de ce Coran en 30 volumes
dont notre manuscrit constitue la quinzième partie. En effet, le
manuscrit Arabe 6850 de la Bibliothèque nationale de France
(BNF) suit exactement dans le texte notre manuscrit, introduit par
le verset 76 de la Sourate al-Kahf qui achève notre juz. Ce seizième
juz, comme l’indique sa shamseh introductive, serait alors, selon
toute vraisemblance, non seulement un volume du même Coran
que le nôtre mais surtout celui qui lui fait immédiatement suite. Les
deux manuscrits de même format ont pour écrin la même reliure,
celle du juz de la BNF ayant conservé son rabat. On retrouve
sur chacun la shamseh et le double-frontispice introductifs avec
quelques nuances de décors puis les titres de sourates et les
séparateurs de versets à l’encre rouge, beaucoup plus présents
sur notre manuscrit.
François Déroche, dans son Catalogue des Manuscrits Arabes
de la BNF, attribue avec prudence le manuscrit Arabe 6850 à
l’Égypte du XVIe siècle, et c’est ainsi que nous situerons notre
ouvrage avec les mêmes précautions.

PROVENANCE
Collection particulière européenne et impériale
BIBLIOGRAPHIE EN RAPPORT
BLAIR, Sheila, Islamic Calligraphy, Edinburg University Press,
2006, p. 260.
DÉROCHE, François, Catalogue des Manuscrits arabes. Deuxième
partie. Manuscrits musulmans. Fasc. 2 : Du Maghreb à l'Insulinde.
Paris, Bibliothèque Nationale, 1985, n° 372, p. 67. https://gallica.
bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447036z/f1.item.r=arabe%206850 (consulté
le 29 janvier 2025)
EXPERT
Camille Celier