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MARTYRE DE ST. QUENTIN INITIALE F HISTORIÉE

Vendu : 9 885

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MARTYRE DE ST. QUENTIN INITIALE F HISTORIÉE
REPRÉSENTANT ST. PAUL AVEC SON ÉPÉE ET UN LIVRE
Miniature sur un feuillet extrait d'un livre liturgique en latin sur
vélin, Flandre, Bruges, vers 1490 - 1510. Feuillet : 244 x 171 mm |
miniature : 134 x 129 mm | initiale : 50 x 42 mm.
- Espace écrit : 82 x 129 mm. 1 colonne, 8 lignes. Texte à l'encre
noire avec rubriques en rouge en écriture gothique Textura.
- 1 grande miniature et une initiale F historiée | bordure en or
liquide pleine parsemée de fleurs en trompe-l'oeil, de baies,
d'oiseaux, d'un papillon et d'acanthes en grisaille dans le style
de Gand-Bruges.
- La feuille a été proprement coupée le long du bord externe |
quelques tâches dans la zone de texte à droite | le verso est
soutenu par un carton collé.

PROVENANCE
Europe, collection privée.
TEXTE
Extrait d'un livre liturgique, peut-être un épistolaire, en latin, avec la
lecture pour le premier dimanche de l'Avent de Romains 13:11-12.
Dominica premia i[n] adventu[s] d[omi]ni. xiij. L[e]c[ti]o ep[isto]le
beati pauli apostoli. Ad Romanos. (F)ratres : Scientes quia ho[ra]
est : iam nos de sompno surgere. Nunc ante p[ro]pior est nostra
salus : q[ua]m cum credidimus. Nox praecessit: dies aute[m]
appropinquabit. Abiciamus ergo op[er]a.
ENLUMINURE
La présente feuille offre une présentation élaborée du martyre
de St. Quentin. Au premier plan, St. Quentin est torturé avec des
clous plantés dans ses épaules sous le regard de l’empereur
Maximien. Quentin, vêtu d’un simple pagne blanc, tient un livre
orné d’un crucifix et de fermoirs. Il est posé sur ses orteils, comme
s’il dansait de douleur. Le sang coule le long de son corps à cause
des blessures causées par les clous. Sa tête est couronnée d’une
auréole d’or brillante. Les tortionnaires portent des tuniques rouge
et orange sur une cotte de mailles grise, avec des bas jaunes.
Ils sont tous deux barbus et tiennent de très gros marteaux audessus
de leur tête. Deux nobles personnages les regardent, le
droit probablement l’empereur Maximien, si l’on en juge par son
sceptre et sa robe d’or et d’hermine. L’ensemble du groupe est
placé devant un bâtiment en pierre à colonnades.
À l’arrière-plan, à droite, dans une cour, des soldats décapitent
le saint, agenouillé en blanc, les yeux bandés.
L’initiale historiée illusionniste F montre l’apôtre Paul avec son épée,
tenant un livre, debout devant la barre transversale de la lettre. Il
est barbu, porte une robe d’or et une simple auréole d’or autour
de la tête. Derrière lui, l’artiste a créé un chemin qui ramène à
un drap d’honneur bleu, suspendu devant un paysage brumeux.
L’initiale elle-même est formée de feuilles d’or qui s’enroulent
pour former la lettre.
Ce magnifique feuillet de ce qui aurait été un magnifique livre liturgique
est enluminé dans le style « Gand-Bruges » par un artiste
qui a suivi le Maître des livres de prières vers 1500. L’apogée de la
Renaissance dans l’enluminure des manuscrits en Europe du Nord
est représentée par le style de peinture Gand-Bruges pratiqué dans
ces deux villes vers 1500. Il se caractérise par des décorations
en trompe-l’oeil d’oiseaux, d’insectes et de fleurs sur des fonds
jaune d’or et par des miniatures qui font écho aux peintures de
panneaux réalisées par un grand nombre des plus importants
maîtres de la Renaissance flamande. Le Maître des livres de prières,
vers 1500, était le principal représentant de ce style | son sobriquet,
donné par Friedrich Winkler, vient du fait que de nombreux
livres de prières sont associés à sa main. Il était probablement
actif à Bruges, bien que des éléments de la peinture gantoise
figurent dans son oeuvre, et lui et son atelier ont pu travailler dans
les deux villes. L’artiste actuel suit ce style avec enthousiasme.
Dans un état propre et frais, le présent exemple est une version
luxueuse de l’enluminure de Gand-Bruges avec la bordure en
trompe-l’oeil caractéristique, avec de grandes acanthes et des
branches, des plantes, des oiseaux et un papillon, ainsi que des
personnages bien modelés et colorés dans des décors typiquement
flamands.
LITTÉRATURE
Non publié.
POUR EN SAVOIR PLUS
« CLVIII : St. Quentin, Martyr » dans Jacques de Voraigne, La légende
dorée, trad. par Teodor de Wyzewa, Paris 1910, p. 602 - 603.
Acc. Mai 2025, URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202210w.
Kren, Thomas et McKendrick, Scot. Illuminting the Renaissance :
The Triumph of Flemish Manuscript Painting. Los Angeles 2003.
EXPERTS
Cabinet Leprince - Dr. Erin K. Donovan