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Jean-Baptiste ISABEY

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Jean-Baptiste ISABEY
Nancy, 1767 - 1855, Paris
La place publique du temple de Memphis, esquisse pour le décor du ballet-pantomime L'Enfant prodigue de Pierre Gardel, 1812
Plume, encre de Chine sur trait de crayon noir, lavis gris
Signé et daté en bas à droite Isabey 1812
38,5 x 57 cm - 15 3/16 x 22 7/16 in.

(Pliures, déchirures, taches)

The prodigal son, ballet décor, ink on paper, signed lower right and dated

Portraitiste et miniaturiste de talent, Jean-Baptiste Isabey participa également à la réalisation de décors pour l'opéra. En 1812, Pierre-Gabriel Gardel (1758-1840) lui confie ceux de son nouveau ballet-pantomime, L'Enfant prodigue. Danseur mais aussi maître de ballet renommé, Gardel situe son action dans l'Égypte antique à un moment où l'attrait pour l'exotisme est nourri des récits de voyages, à l'instar de ceux de Vivant Denon (1747-1825). Pour ce projet, Isabey collabore avec son gendre Pierre-Luc Charles Cicéri (1782-1868), alors peintre-décorateur de l'Opéra.

Le ballet-pantomime était né quelque temps plus tôt sous l'impulsion de Jean-Georges Noverre (1727-1810). Danseur et maître de ballet également, il souhaitait orienter la danse vers une expression plus exacerbée des sensibilités et davantage de réalisme. Il décide alors d'associer la danse aux gestes expressifs de la pantomime, ce qu'il théorise en 1760 dans son ouvrage Lettres sur la danse et sur le ballet.

L'acte II s'ouvre ainsi : « Le Théâtre représente une place publique de la ville de Memphis. Le luxe égyptien y règne de toutes parts : les merveilles de l'art de l'architecture brillent dans tous les monuments : l'un d'eux est censé être la demeure d'Azaël. ». Aussi, Isabey nous transporte dans cette Égypte idéalisée qu'il n'aura jamais visitée. Le rideau s'est levé et placés sous son dais, nous voici sur la place publique du temple de Memphis. Plongés dans l'obscurité du premier plan, le soleil illumine le second où se presseront bientôt les danseurs. La taille modeste du personnage discrètement placé sur la gauche accentue le gigantisme de l'ensemble tandis que la perspective quasi infinie crée un effet de profondeur qui participe également de cela.
Alternant usage du lavis et de la plume pour travailler ses effets de lumière, Isabey met tous ses talents de miniaturiste au service d'un rendu minutieux de chacun des éléments constitutifs de son décor. Cela se retrouve également dans un dessin de la même série, conservé à la Bibliothèque-musée de l'Opéra et dont les collections abritent également une esquisse de Cicéri, réalisée pour le même ballet.