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SARTRE Jean-Paul (1905-1980) ET CAU Jean (1925-1993).
Vendu : 2 504 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
SARTRE Jean-Paul (1905-1980) ET CAU Jean (1925-1993).
2 L.A.S. : « Cau » à Sartre, et « JPSartre » à Cau, [1951] | 2 pages et 1 page et quart in-4.
Brouille entre Sartre et son secrétaire lors des répétitions de la pièce Le Diable et le Bon Dieu.
[Le Diable et le Bon Dieu fut créé au Théâtre Antoine le 7 juin 1951, dans une mise en scène de Louis JOUVET. Les relations entre
Jouvet et Sartre, par l'intermédiaire de Jean Cau, furent extrêmement tendues, notamment à cause des coupures demandées par le metteur en scène et refusées par l'auteur, comme le raconte avec verve Jean Cau dans ses Croquis de mémoire.]
Jean CAU écrit à Sartre : « C'est la première fois, en 5 ans, que vous m'avez traité comme un patron traite un subordonné. Je n'ai pas aimé ça. Ce que je pourrais à la rigueur, supporter de la part d'un vrai patron - puisqu'il faut gagner sa vie même au prix de brûlantes humiliations - je ne le supporterai pas d'un type pour qui j'ai de l'admiration, du dévouement et, surtout, de l'amitié ».
L'altercation est intervenue alors que Cau allait montrer à Sartre les coupures que Jouvet demandait dans les premiers tableaux : « J'allais vous dire, pour que votre refus ait plus de poids : Dites à
Jouvet que, si vous refusez ces coupures, c'est après réflexion et non pas sans les avoir examinées. C'est alors, que, pour la première fois, je vous ai vu traiter qqun comme de la merde. A cause de ces coupures qui vous irritent ? Mais je n'y suis pour rien. Je vous rapportais des propos de Jouvet [...] Ah, si j'étais arrivé en disant : Jouvet est un con, il veut des coupures ce con, alors, sans me demander plus d'explications, vous auriez renchéri : Jouvet est un con »... Et Cau renvoie les chèques qu'il devait toucher.
SARTRE lui répond : « Je regrette vivement mon mouvement de colère et je m'en excuse. Ceci dit, vous faites beaucoup d'histoires et si vous avez trouvé dans cette explosion incohérente une raison d'être humilié c'est que vous l'y avez mise. [...] Savez vous qu'il y a des gens dix fois moins susceptibles que vous que vous offensez chaque jour au téléphone ? Ce que je vous reproche ? Absolument rien sinon que vous devenez important et que je n'aime pas l'importance, sinon que vous prenez avec moi des ménagements et des précautions bref que vous commencez à me traiter comme un objet et que je n'aime pas être un objet. [...] Que vous ayiez été humilié dans une affaire qui ne devrait humilier que moi, cela prouve qu'il faut que vous preniez garde : vous êtes sur le chemin de devenir un important »...
2 L.A.S. : « Cau » à Sartre, et « JPSartre » à Cau, [1951] | 2 pages et 1 page et quart in-4.
Brouille entre Sartre et son secrétaire lors des répétitions de la pièce Le Diable et le Bon Dieu.
[Le Diable et le Bon Dieu fut créé au Théâtre Antoine le 7 juin 1951, dans une mise en scène de Louis JOUVET. Les relations entre
Jouvet et Sartre, par l'intermédiaire de Jean Cau, furent extrêmement tendues, notamment à cause des coupures demandées par le metteur en scène et refusées par l'auteur, comme le raconte avec verve Jean Cau dans ses Croquis de mémoire.]
Jean CAU écrit à Sartre : « C'est la première fois, en 5 ans, que vous m'avez traité comme un patron traite un subordonné. Je n'ai pas aimé ça. Ce que je pourrais à la rigueur, supporter de la part d'un vrai patron - puisqu'il faut gagner sa vie même au prix de brûlantes humiliations - je ne le supporterai pas d'un type pour qui j'ai de l'admiration, du dévouement et, surtout, de l'amitié ».
L'altercation est intervenue alors que Cau allait montrer à Sartre les coupures que Jouvet demandait dans les premiers tableaux : « J'allais vous dire, pour que votre refus ait plus de poids : Dites à
Jouvet que, si vous refusez ces coupures, c'est après réflexion et non pas sans les avoir examinées. C'est alors, que, pour la première fois, je vous ai vu traiter qqun comme de la merde. A cause de ces coupures qui vous irritent ? Mais je n'y suis pour rien. Je vous rapportais des propos de Jouvet [...] Ah, si j'étais arrivé en disant : Jouvet est un con, il veut des coupures ce con, alors, sans me demander plus d'explications, vous auriez renchéri : Jouvet est un con »... Et Cau renvoie les chèques qu'il devait toucher.
SARTRE lui répond : « Je regrette vivement mon mouvement de colère et je m'en excuse. Ceci dit, vous faites beaucoup d'histoires et si vous avez trouvé dans cette explosion incohérente une raison d'être humilié c'est que vous l'y avez mise. [...] Savez vous qu'il y a des gens dix fois moins susceptibles que vous que vous offensez chaque jour au téléphone ? Ce que je vous reproche ? Absolument rien sinon que vous devenez important et que je n'aime pas l'importance, sinon que vous prenez avec moi des ménagements et des précautions bref que vous commencez à me traiter comme un objet et que je n'aime pas être un objet. [...] Que vous ayiez été humilié dans une affaire qui ne devrait humilier que moi, cela prouve qu'il faut que vous preniez garde : vous êtes sur le chemin de devenir un important »...
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