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SARTRE Jean-Paul (1905-1980).

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SARTRE Jean-Paul (1905-1980).
MANUSCRIT autographe [pour Mallarmé, vers 1948] | 2 pages in-4 sur papier quadrillé (petite déchirure à un coin).
Brouillon pour la première ébauche de son étude sur Mallarmé.
Sartre, qui admirait beaucoup Stéphane MALLARMÉ, esquissa cette étude en 1947 | il la reprit en 1952 et la laissa inachevée.
C'est le texte de 1952 qui fut publié par la revue Obliques en 1979, puis par Gallimard en 1986. Ce manuscrit, esquisse de la version primitive, présente des ratures et corrections et des variantes importantes par rapport au texte définitif.
On y lit l'évocation de Victor HUGO : « Le Père est là-bas, dans l'île, ses fils veulent découvrir dans sa retraite le symbole glorieux de la défaite poétique. De leur côté ils s'efforcent, par une sorte de communion mystique, de participer, du continent, à cette Absence considérable. Père et fils sont également fous : l'un croit qu'il est la Poésie exilée | les autres jouent à incarner cette allégorie : l'Exil de la Poésie ». Et Sartre de citer des vers de VERLAINE, et de commenter : « Bien sûr : l'écrivain proscrit l'univers | mais c'est l'univers qui a commencé. Des années la poésie se contiendra avec affectation dans des limites qu'on lui a prescrites et qu'elle ne pourrait franchir quand même elle le voudrait | elle refusera d'abandonner sa place que personne ne l'invite à quitter. [...]
Quand la littérature réduit son train de vie, on devine qu'elle en recrute plus ses adeptes dans les mêmes milieux. [...] Déchues, les lettres tombent aux mains de la canaille. [...] Les poètes de 1860 furent pour la plupart de modestes fonctionnaires qui reprochaient secrètement à l'Univers de ne les avoir faits ni députés ni amants. La dignité revêche de l'employé subalterne et la dignité boudeuse du barde en chomage se confondirent »...