


166
CELINE Louis-Ferdinand (1894-1961).
Vendu : 3 295 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
CELINE Louis-Ferdinand (1894-1961).
L.A.S. « Louis », [vers 1935], à Jacques DEVAL | 2 pages et demie in-4.
Magnifique lettre au sujet du projet d'adaptation cinématographique du Voyage au bout de la nuit.
« Voici les titres que je vois bien PORT PROMIS moins bien PORT PERDU Reste le film. [...] Tu sais que je n'ai pas beaucoup de raisons pour vivre hors des petites histoires que je fabrique.
C'est ma dernière belotte... D'autre part j'ai si bien réduit ma vie que j'ai bien assez d'argent. Cette cinématographie me remplit d'effrois !... Pour rien au monde je ne voudrais de concessions boulevardières, de recherches plaisantes. Dans mon genre, toute recherche d'atténuation mène au désastre. Il faut malmener ou disparaitre - c'est la loi du casseur d'assiettes. Le fauve ne demande qu'à me bouffer.
Je voudrais que cette histoire demeure dans le ton triste, doux et impitoyable, avec des bouffées de frénésies absolues comme la
Bretagne, comme la mer, et surtout laconique. Sans dialogueries capricantes, obliques et finement moulées d'astuces - tout ce qui plait je le sais bien au détaillant. Si poésie, poésie vraie, si l'on peut, sinon rien.
J'aime mieux ne rien toucher du tout et que le truc soit scrupuleux que de toucher un million pour collaborer avec Schlossberg. À n'importe quel prix je refuse de tricher à ma belote. Cela ne veut pas dire que je tiens à ce qu'on urine sur la dame. [...] Mais je n'ai pas la vanité non plus de plier le marché à ma petite mégalomanie.
[...] Le scénario, si tu persistes, évidemment, toi seul peut et doit le faire., tu as dans ce sens un prodigieux talent, [...] je voudrais bien qu'on s'entende, sans mauvaise foi, sans amour propre.
[...] Qu'on arrête la forme définitive d'un bon et total accord. La question pognon m'est tout à fait secondaire [...] mais la manie de la perfection m'est plus précieuse que la vie même »...
L.A.S. « Louis », [vers 1935], à Jacques DEVAL | 2 pages et demie in-4.
Magnifique lettre au sujet du projet d'adaptation cinématographique du Voyage au bout de la nuit.
« Voici les titres que je vois bien PORT PROMIS moins bien PORT PERDU Reste le film. [...] Tu sais que je n'ai pas beaucoup de raisons pour vivre hors des petites histoires que je fabrique.
C'est ma dernière belotte... D'autre part j'ai si bien réduit ma vie que j'ai bien assez d'argent. Cette cinématographie me remplit d'effrois !... Pour rien au monde je ne voudrais de concessions boulevardières, de recherches plaisantes. Dans mon genre, toute recherche d'atténuation mène au désastre. Il faut malmener ou disparaitre - c'est la loi du casseur d'assiettes. Le fauve ne demande qu'à me bouffer.
Je voudrais que cette histoire demeure dans le ton triste, doux et impitoyable, avec des bouffées de frénésies absolues comme la
Bretagne, comme la mer, et surtout laconique. Sans dialogueries capricantes, obliques et finement moulées d'astuces - tout ce qui plait je le sais bien au détaillant. Si poésie, poésie vraie, si l'on peut, sinon rien.
J'aime mieux ne rien toucher du tout et que le truc soit scrupuleux que de toucher un million pour collaborer avec Schlossberg. À n'importe quel prix je refuse de tricher à ma belote. Cela ne veut pas dire que je tiens à ce qu'on urine sur la dame. [...] Mais je n'ai pas la vanité non plus de plier le marché à ma petite mégalomanie.
[...] Le scénario, si tu persistes, évidemment, toi seul peut et doit le faire., tu as dans ce sens un prodigieux talent, [...] je voudrais bien qu'on s'entende, sans mauvaise foi, sans amour propre.
[...] Qu'on arrête la forme définitive d'un bon et total accord. La question pognon m'est tout à fait secondaire [...] mais la manie de la perfection m'est plus précieuse que la vie même »...
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)