



94
VICENTE DO REGO MONTEIRO (1899-1970)
Vendu : 104 000 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
VICENTE DO REGO MONTEIRO (1899-1970)
Bicho (Bête), 1925
Huile sur toile
Signée et datée '1925' en bas à droite
(Infimes lacunes de couche picturale)
Oil on canvas, signed and dated '1925' lower right
53,5 x 45,5 cm - 21 x 17 7/8 in.
Provenance
Collection particulière, Belgique (acquis sur le marché de l'art bruxellois dans les années 2000)
Oeuvres en rapport
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), Le chat et la tortue, technique mixte sur papier marouflé sur panneau, 55,5 x 46 cm, ancienne collection Charles Guyot (1892-1963), dit Géo-Charles, in. Vente, Florilège : Importants tableaux & Objets d'art, vins, Haynault, Uccle, 18 septembre 2023, lot 41
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), O menino e os bichos (L'enfant et les bêtes), 1925, huile sur toile, 65 x 81 cm, Paris, Centre Pompidou, JP 841 P
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), A Onça, 1929, huile sur toile, 77 x 93 cm, collection particulière
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), L'ours, 1929, huile sur toile, 62 x 76 cm, collection particulière
Note
Dès les années 1920, Monteiro peint des mythes et des scènes indigènes du Brésil. Il recourt à une figuration géométrique et à une ornementation proche de la céramique marajoara, civilisation de l’Amazonie antérieure à la période coloniale. Notre tableau en est un bel exemple avec sa bête schématique, marquée par une tension musculaire inspirée par l’oeuvre de Fernand Léger, et ses récipients aux formes simplifiées. Sa palette réduite à des camaïeux et les effets de clair-obscur contribuent à la gravité de la scène.
« Frontalité, bi-dimensionnalité de l'espace, ampleur de la ligne constituent un exemple du code formel du peintre dans les années 1920/1929. »
Elisabeth Chambon
« L'art de Monteiro est fondé sur un esprit de recherche, de curiosité incessante, peinture qui n'a pas l'air d'en être et qui apparaît comme un exercice de l'esprit, un exercice de dépouillement. Après une première expérience internationale à Paris, de 1911 à 1914, il s'affirme à l'occasion des expositions de 1920-1921, par sa participation à la "semaine d'art moderne" de São Paulo. Il y expose une série d'aquarelles très colorées inspirées des thèmes indigènes, empruntées à la vie et mythologie des indiens d'Amazonie. On décèle dans ces aquarelles un hiératisme graphique qui s'affirmera comme la caractéristique essentielle de sa personnalité. Langage formel qui réunit déjà les inflexions qui s'épanouiront pleinement et définitivement dans le style géométrique des années 1920. L'essentiel de l'énergie créatrice de Vicente Monteiro s'incarnera dans l'attitude "monumentale" que revêt à Paris, sa figuration dépouillée, dominée par une articulation géométrique et méthodique, où l'expression cède à la finalité monumentale de la construction. […]
Son souci de la forme pleine, dense, donne à chaque objet une ampleur sculpturale où se dégage un sentiment d'équilibre et de plénitude caractéristique des toiles des années 1920 à 1929. À ce moment-là, [il] abandonne la polytonalité des aquarelles pour des couleurs terreuses de brun et d'ocre, couleurs en camaïeu, qui concourent à donner une idée d'ascétisme à la limite de la "pauvreté". Ces tonalités laissent subsister la ligne précise, rigueur structurale de la forme, imposée par la nécessité de construire des blocs d'images, rigidement disposés, dans un contour qui n'admet aucune vacillation.
Frontalité, bi-dimensionnalité de l'espace, ampleur de la ligne constituent un exemple du code formel du peintre dans les années 1920/1929. Au cours de ces années typiquement parisiennes, l'attention de Vicente Monteiro converge vers une iconographie religieuse qui alterne avec des thèmes populaires, paysage urbain, portrait, scènes familières d'hommes, de femmes, enfants et animaux. L'art de Monteiro à cette époque tend essentiellement vers cette fin : "qualité abstraite et tactile du dessin, composition grandiose et symétrique, adéquation psychique des figures à l'ampleur du graphisme, volume planiforme, accusé par la couleur unitaire".
Les années qui suivent cette période très créative, furent marquées par quelques ruptures.
Nous retiendrons l'année 1930 où Vicente Monteiro retourne au Brésil, accompagné de Géo-Charles et d'une centaine d'œuvres de l'École de Paris qui constitueront la première importante exposition internationale d’art contemporain réalisée au Brésil. Parmi ces œuvres, nous citerons les noms de Braque, Derain, Dufy, Foujita, Gleizes Gromaire, Loutreuil, Picasso, Matisse, Masson, Monteiro, Survage. »
Elisabeth Chambon, « Vicente do Rego Monteiro (Recife, 1899-1970), Un Brésilien de France », in. cat. expo. Brésilien de France, Vicente do Rego Monteiro, Échirolles, Musée Géo-Charles, 13 mai-25 juin 1986, Échirolles : Musée Géo-Charles, 1986, pp. 5-6
Bicho (Bête), 1925
Huile sur toile
Signée et datée '1925' en bas à droite
(Infimes lacunes de couche picturale)
Oil on canvas, signed and dated '1925' lower right
53,5 x 45,5 cm - 21 x 17 7/8 in.
Provenance
Collection particulière, Belgique (acquis sur le marché de l'art bruxellois dans les années 2000)
Oeuvres en rapport
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), Le chat et la tortue, technique mixte sur papier marouflé sur panneau, 55,5 x 46 cm, ancienne collection Charles Guyot (1892-1963), dit Géo-Charles, in. Vente, Florilège : Importants tableaux & Objets d'art, vins, Haynault, Uccle, 18 septembre 2023, lot 41
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), O menino e os bichos (L'enfant et les bêtes), 1925, huile sur toile, 65 x 81 cm, Paris, Centre Pompidou, JP 841 P
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), A Onça, 1929, huile sur toile, 77 x 93 cm, collection particulière
- Vicente do Rego Monteiro (1899-1970), L'ours, 1929, huile sur toile, 62 x 76 cm, collection particulière
Note
Dès les années 1920, Monteiro peint des mythes et des scènes indigènes du Brésil. Il recourt à une figuration géométrique et à une ornementation proche de la céramique marajoara, civilisation de l’Amazonie antérieure à la période coloniale. Notre tableau en est un bel exemple avec sa bête schématique, marquée par une tension musculaire inspirée par l’oeuvre de Fernand Léger, et ses récipients aux formes simplifiées. Sa palette réduite à des camaïeux et les effets de clair-obscur contribuent à la gravité de la scène.
« Frontalité, bi-dimensionnalité de l'espace, ampleur de la ligne constituent un exemple du code formel du peintre dans les années 1920/1929. »
Elisabeth Chambon
« L'art de Monteiro est fondé sur un esprit de recherche, de curiosité incessante, peinture qui n'a pas l'air d'en être et qui apparaît comme un exercice de l'esprit, un exercice de dépouillement. Après une première expérience internationale à Paris, de 1911 à 1914, il s'affirme à l'occasion des expositions de 1920-1921, par sa participation à la "semaine d'art moderne" de São Paulo. Il y expose une série d'aquarelles très colorées inspirées des thèmes indigènes, empruntées à la vie et mythologie des indiens d'Amazonie. On décèle dans ces aquarelles un hiératisme graphique qui s'affirmera comme la caractéristique essentielle de sa personnalité. Langage formel qui réunit déjà les inflexions qui s'épanouiront pleinement et définitivement dans le style géométrique des années 1920. L'essentiel de l'énergie créatrice de Vicente Monteiro s'incarnera dans l'attitude "monumentale" que revêt à Paris, sa figuration dépouillée, dominée par une articulation géométrique et méthodique, où l'expression cède à la finalité monumentale de la construction. […]
Son souci de la forme pleine, dense, donne à chaque objet une ampleur sculpturale où se dégage un sentiment d'équilibre et de plénitude caractéristique des toiles des années 1920 à 1929. À ce moment-là, [il] abandonne la polytonalité des aquarelles pour des couleurs terreuses de brun et d'ocre, couleurs en camaïeu, qui concourent à donner une idée d'ascétisme à la limite de la "pauvreté". Ces tonalités laissent subsister la ligne précise, rigueur structurale de la forme, imposée par la nécessité de construire des blocs d'images, rigidement disposés, dans un contour qui n'admet aucune vacillation.
Frontalité, bi-dimensionnalité de l'espace, ampleur de la ligne constituent un exemple du code formel du peintre dans les années 1920/1929. Au cours de ces années typiquement parisiennes, l'attention de Vicente Monteiro converge vers une iconographie religieuse qui alterne avec des thèmes populaires, paysage urbain, portrait, scènes familières d'hommes, de femmes, enfants et animaux. L'art de Monteiro à cette époque tend essentiellement vers cette fin : "qualité abstraite et tactile du dessin, composition grandiose et symétrique, adéquation psychique des figures à l'ampleur du graphisme, volume planiforme, accusé par la couleur unitaire".
Les années qui suivent cette période très créative, furent marquées par quelques ruptures.
Nous retiendrons l'année 1930 où Vicente Monteiro retourne au Brésil, accompagné de Géo-Charles et d'une centaine d'œuvres de l'École de Paris qui constitueront la première importante exposition internationale d’art contemporain réalisée au Brésil. Parmi ces œuvres, nous citerons les noms de Braque, Derain, Dufy, Foujita, Gleizes Gromaire, Loutreuil, Picasso, Matisse, Masson, Monteiro, Survage. »
Elisabeth Chambon, « Vicente do Rego Monteiro (Recife, 1899-1970), Un Brésilien de France », in. cat. expo. Brésilien de France, Vicente do Rego Monteiro, Échirolles, Musée Géo-Charles, 13 mai-25 juin 1986, Échirolles : Musée Géo-Charles, 1986, pp. 5-6
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)
&w=3840&q=75)