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GEORGE MINNE (1866-1941)

Estimation20 000 - 30 000
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GEORGE MINNE (1866-1941)
L'Agenouillé de la fontaine
Bronze à patine brune
Signé et numéroté sur 8 avec le cachet de fondeur ‘C. Valsuani/Cire/Perdue'
Fonte posthume d'après un modèle créé en 1895 - 1898 et agrandi
144 cm - 56 3/4 in.

PROVENANCE
- Vente, Art moderne, Cornette de Saint-Cyr, 6 juin 2002, Paris, Hôtel Drouot-Montaigne, lot 22
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente)

BIBLIOGRAPHIE
- Leo van Puyvelde, George Minne, Bruxelles: Éditions des « Cahiers de Belgique », S.A., 1930, p. 77, décrit sous le n°26 (un autre exem­plaire en bronze, h. 78, et un exemplaire en marbre, h. 78 cm, titrés L'Agenouillé de la fon­taine) et reproduit pl. 24 et 25 (un exemplaire en marbre, h. 78 cm)
- André de Ridder, George Minne, Anvers: de Sikkel, 1947, p. 16, n°14 (l'exemplaire en bronze, conservé au Musée des Beaux-Arts de Gand, titré De geknielde aan de bron)

OEUVRE EN RAPPORT
George Minne (1866 - 1941), L'Agenouillé de la fontaine, bronze, cachet de fondeur ‘C. Valsuani/ Cire/Perdue', 147 cm, coll. part., in. Vente, Modern Belgian Paintings, Drawings and Sculptures, Christie's, Londres, 20 octobre 1988, lot 28

«À partir de 1897, l'oeuvre de Minne se révèle moins tourmentée, et nous pouvons parler d'une nouvelle phase de style plus classique. Il continue de répéter des figures agenouillées, affligées ou blessées dans d'innombrables études dessinées et dans quelques sculptures qui comptent parmi les plus connues. Ses figures types subissent un processus d'épuration et d'abstraction. Minne s'intéresse davantage à l'éloquence d'une attitude ou d'un geste qu'au modelé d'une surface ou à l'expressivité des lignes. Les sculptures se font de plus en plus stylisées et épurées. Le corps de L'Agenouillé de la fontaine, par exemple, la sculpture la plus célèbre de Minne, dont cinq exemplaires identiques ont été disposés autour d'un bassin d'eau, est fait d'un rythme contrôlé de lignes et de plans droits ou courbes. L'intériorité de la figure est soulignée par une surface délicatement modelée. L'ensemble de la sculpture forme une silhouette élégante et expressive qui se prête parfaitement à un groupement autour d'un bassin circulaire, où l'éclairage met chaque fois en évidence un aspect différent de telle ou telle figure. Il est possible que Minne ait spécialement conçu l'agenouillé pour cette disposition groupée| cela expliquerait la forme épurée et quelque peu schématique de la sculpture. Il exposa en tout cas le groupe de cinq figures autour d'un bassin en 1899 à La Libre Esthétique à Bruxelles. Dans le catalogue, il qualifie l'oeuvre de “réduction”, ce qui indique peut-être qu'il projetait de l'exécuter à plus grande échelle. Il existe deux versions de l'agenouillé. L'une montre l'agenouille avec un pied étendu, comme sur la fontaine qui était visible en 1899 à La Libre Esthétique et en 1900 à la Sécession viennoise. Seuls quelques exemplaires de cette version sont encore connus. L'autre montre le jeune homme dans une attitude plus familière, les pieds repliés autour d'un socle qui est légèrement courbe à l'avant pour s'adapter au bord de la fontaine. Les sculptures de cette période - L'Agenouillé de la fontaine, Le Petit Porteur de reliques, L'Homme à l'outre, Étude pour le monument Volders et Le Petit Blessé - représentent l'aboutissement des longues années de recherche de Minne. Elles dégagent une force que l'artiste n'allait plus jamais égaler dans ses oeuvres ultérieures. »
Robert Hoozee et Cathérine Verleysen, « George Minne, Maurice Maeterlinck et le symbolisme belge: quelques facettes », in. L'univers de George Minne & Maurice Maeterlinck, cat. expo., Gand, Museum von Schone Kunsten, 22 octobre 2011 - 19 février 2012, Bruxelles: Fonds Mercator, 2011, pp. 129 - 131