79

FRANÇOIS DE TROY TOULOUSE, 1645 - 1730, PARIS

Estimation30 000 - 40 000
Retour à la vente
FRANÇOIS DE TROY TOULOUSE, 1645 - 1730, PARIS
Portrait de Claude Le Blanc (1669-1728), ministre de la Guerre
Toile
131 x 98 cm - 51 9/16 x 38 9/16 in.

Portrait of Claude Le Blanc (1669-1728), canvas

PROVENANCE:
Vente Christie's, New York, 6 avril 2006, n°73 |
Vente Christie's, New York, 29 janvier 2014, n°21.

En haut à droite une inscription LEBLANC M.tre
DE LA GUERRE / Gd. Ctier. DE L'ORDRE Mre
DE St. LOUIS / AN 1717

Claude Le Blanc est âgé de quarante-huit ans lorsque François de Troy réalise son portrait. Fonctionnaire d’État, il commence sa carrière comme conseiller au Parlement de Metz en 1696, avant qu’il ne devienne intendant d’Auvergne en 1704 puis intendant des Flandres maritimes entre 1708 et 1715. Il supervise la construction du canal de Mardyck, près de Dunkerque, après que les fortifications de cette dernière ont été démantelées en vertu des dispositions du traité d’Utrecht (1713). Proche de Philippe d’Orléans (1674-1723), ce dernier le nomme secrétaire d’Etat à la guerre lorsque lui-même devient régent pendant la minorité de Louis XV (1710-1774). Le Blanc occupe son poste de 1718 à 1723 jusqu’à sa destitution
moins de six mois après que le roi n’assume ses pleins pouvoirs. Tombé en disgrâce, il part en exil et meurt à Versailles en 1728. C’est à l’aune de la description qu’en faisait le comte de Saint-Simon (1760-1825) dans ses Mémoires, qu’il faut appréhender Claude Le Blanc et son portrait : « Très intelligent, capable, entreprenant, très charmant, également un
travailleur acharné et un homme qui connaissait le monde et qui avait toujours su plaire à ceux qui avaient affaire à lui ». Presqu’au faîte de sa carrière, de Troy présente son modèle à micorps, de trois-quarts tourné vers la gauche, le regard dans notre direction. À un environnement riche, empesé de lourds drapés et de meubles richement ornés, le peintre préfère un
fond sobre sur lequel se détache Le Blanc et son servant. Sa virtuosité dans le rendu des carnations, des matières, il ne la consacre qu’à son modèle revêtu d’un habit de soie jaune, contrepoint chromatique au lourd manteau de velours bleu sur lequel la lumière se réfracte merveilleusement. Depuis les années 1710, le peintre avait pris l’habitude d’apposer quelques
rehauts de blanc à dessein d’illuminer les tissus et illuminer les formes des motifs. Habilement, de Troy évite l’écueil du statisme et présente Le Blanc sur le point de sucrer sa tasse de chocolat, chocolat que son servant vient lui verser
en arrière-plan. Échelonner ainsi la présence de ce dernier permet dans le même temps au peintre, de creuser la profondeur malgré la sobriété du fond. Topos du peintre, ce jeune garçon vêtu à l’oriental d’une toque à plumes et d’un manteau en velours bordé de fourrure se retrouve par exemple également dans le Portrait de la duchesse de la Force (Fig. 1).
Entre réalisme du visage, expressivité singulière, attention au rendu des carnations, somptuosité des matières, François de Troy s’illustre une fois encore, comme l’un des portraitistes les plus virtuoses de son temps.