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DIRCK HALS HAARLEM, 1591 - 1656
Vendu : 13 000 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
DIRCK HALS HAARLEM, 1591 - 1656
La partie de backgammon
Panneau de chêne (deux planches | parqueté)
Signé et daté à droite au milieu de la porte D Hals 1621
37,7 x 51,5 cm - 14 13/16 x 20 1/4 in.
The backgammon game, oak panel, signed and dated middle right
PROVENANCE:
Vente Maître Benon, Paris, 11 février 1845 |
Acquis lors de cette vente puis par descendance, collection particulière, France.
Né à Haarlem, Dirck Hals est le frère cadet de Frans (1580-1666) dont l’influence certaine se retrouve dans la technique picturale et l’appréhension des couleurs. Si ses jeunes années sont moins documentées que celles de son illustre frère, il fut sans doute un temps l’élève de Willem Buytewech (1591-1624) avant qu’il ne soit reçu au sein de la Guilde de Saint-Luc
de sa ville natale en 1627. Dans ces mêmes années, il collabore aussi avec Dirck van Delen (1605-1671), peintre d’architectures. À la suite de Buytewech et Esaias van de Velde (1587-1630) qui apparaissent comme les pionniers du genre, Dirck se spécialise dans la représentation de vrolijke gezelschap. Littéralement « joyeuses compagnies », les peintres mettent en scène autour de larges tablées, des assemblées de personnages élégamment vêtus. Dans une atmosphère d’apparente
légèreté, les protagonistes se livrent à diverses activités allant de la partie de cartes à la conversation galante, du concert improvisé aux échanges vivement animés. Il n’échappera pourtant pas à celui qui regarde que toutes ces situations souvent, suggèrent des vices cachés qu’elles invoquent par la tricherie, l’ivresse, la tromperie ou la grivoiserie. Symboliques quasi
systématiques au siècle précédent, l’aspect moralisateur de ces scènes qui prévenait le spectateur de tomber lui-même dans l’écueil de ces comportements, n’est plus la priorité ici.
Ce sont la joliesse, l’élégance de ses personnages, la beauté des tissus, la finesse des expressions qui retiennent ici toute l’attention du peintre. Si la morale n’est pas le coeur de l’interprétation de la scène, Hals n’en délaisse pour autant pas les sens cachés qu’il nous appartient de déceler. Face au malheureux joueur visiblement accablé par l’issue de la partie,
se trouve son adversaire bien plus chanceux comme en témoignent le sourire satisfait qu’il arbore et les pièces accumulées de son côté.
À la scène assistent un gentilhomme occupé à allumer sa pipe tandis qu’un quatrième comparse observe la table de jeu. Tapi dans l’ombre, le seul personnage féminin de l’ensemble nous regarde depuis l’encadrure de la porte. Léger sourire de connivence aux lèvres, elle nous invite à entrer directement dans la composition tout comme à supposer que tous
les protagonistes ici, ne sont pas des mieux intentionnés.
Le thème est récurrent au sein du corpus du peintre anversois, signe qu’il fut un sujet apprécié par lui et sa clientèle. Déclinant ce motif des joueurs de backgammon, il remploie dans le même temps certaines figures que l’on retrouve
dans notre composition. Pratique courante pour les artistes que de reprendre certains motifs appliqués à différents décors, le personnage le plus à gauche se retrouve ainsi dans une oeuvre similaire (Fig. 1) conservée au Palais des Beaux-Arts de Lille (inv. P 242) tout comme le gentilhomme debout devant la table de jeu se retrouve dans deux autres déclinaisons du
thème, conservées en collections particulières.
S’appropriant le genre de la Joyeuse compagnie, Dirck Hals préfère aux jardins fleuris et aux intérieurs élégants, la simplicité d’une pièce sans ornementation particulière. À l’instar de son frère, sa touche est vive, rapide et rend merveilleusement compte de la richesse et de la préciosité des tissus. Peintre éminemment reconnu par ses pairs, sa manière est connue
au-delà d’Anvers, Hals ayant inspiré jusqu’aux amstellodamois Pieter Codde (1599-1678) ou Willem Duyster (1599-1635).
On rapprochera notre tableau de celui vendu chez Neuemeister le 4 mai 1977 ainsi que d’une étude préparatoire pour le personnage de gauche de l’ancienne collection Vosmaer à Leyde (Britta Nehlensen-Marten, Dirk Hals (1591-1656) n°246).
La partie de backgammon
Panneau de chêne (deux planches | parqueté)
Signé et daté à droite au milieu de la porte D Hals 1621
37,7 x 51,5 cm - 14 13/16 x 20 1/4 in.
The backgammon game, oak panel, signed and dated middle right
PROVENANCE:
Vente Maître Benon, Paris, 11 février 1845 |
Acquis lors de cette vente puis par descendance, collection particulière, France.
Né à Haarlem, Dirck Hals est le frère cadet de Frans (1580-1666) dont l’influence certaine se retrouve dans la technique picturale et l’appréhension des couleurs. Si ses jeunes années sont moins documentées que celles de son illustre frère, il fut sans doute un temps l’élève de Willem Buytewech (1591-1624) avant qu’il ne soit reçu au sein de la Guilde de Saint-Luc
de sa ville natale en 1627. Dans ces mêmes années, il collabore aussi avec Dirck van Delen (1605-1671), peintre d’architectures. À la suite de Buytewech et Esaias van de Velde (1587-1630) qui apparaissent comme les pionniers du genre, Dirck se spécialise dans la représentation de vrolijke gezelschap. Littéralement « joyeuses compagnies », les peintres mettent en scène autour de larges tablées, des assemblées de personnages élégamment vêtus. Dans une atmosphère d’apparente
légèreté, les protagonistes se livrent à diverses activités allant de la partie de cartes à la conversation galante, du concert improvisé aux échanges vivement animés. Il n’échappera pourtant pas à celui qui regarde que toutes ces situations souvent, suggèrent des vices cachés qu’elles invoquent par la tricherie, l’ivresse, la tromperie ou la grivoiserie. Symboliques quasi
systématiques au siècle précédent, l’aspect moralisateur de ces scènes qui prévenait le spectateur de tomber lui-même dans l’écueil de ces comportements, n’est plus la priorité ici.
Ce sont la joliesse, l’élégance de ses personnages, la beauté des tissus, la finesse des expressions qui retiennent ici toute l’attention du peintre. Si la morale n’est pas le coeur de l’interprétation de la scène, Hals n’en délaisse pour autant pas les sens cachés qu’il nous appartient de déceler. Face au malheureux joueur visiblement accablé par l’issue de la partie,
se trouve son adversaire bien plus chanceux comme en témoignent le sourire satisfait qu’il arbore et les pièces accumulées de son côté.
À la scène assistent un gentilhomme occupé à allumer sa pipe tandis qu’un quatrième comparse observe la table de jeu. Tapi dans l’ombre, le seul personnage féminin de l’ensemble nous regarde depuis l’encadrure de la porte. Léger sourire de connivence aux lèvres, elle nous invite à entrer directement dans la composition tout comme à supposer que tous
les protagonistes ici, ne sont pas des mieux intentionnés.
Le thème est récurrent au sein du corpus du peintre anversois, signe qu’il fut un sujet apprécié par lui et sa clientèle. Déclinant ce motif des joueurs de backgammon, il remploie dans le même temps certaines figures que l’on retrouve
dans notre composition. Pratique courante pour les artistes que de reprendre certains motifs appliqués à différents décors, le personnage le plus à gauche se retrouve ainsi dans une oeuvre similaire (Fig. 1) conservée au Palais des Beaux-Arts de Lille (inv. P 242) tout comme le gentilhomme debout devant la table de jeu se retrouve dans deux autres déclinaisons du
thème, conservées en collections particulières.
S’appropriant le genre de la Joyeuse compagnie, Dirck Hals préfère aux jardins fleuris et aux intérieurs élégants, la simplicité d’une pièce sans ornementation particulière. À l’instar de son frère, sa touche est vive, rapide et rend merveilleusement compte de la richesse et de la préciosité des tissus. Peintre éminemment reconnu par ses pairs, sa manière est connue
au-delà d’Anvers, Hals ayant inspiré jusqu’aux amstellodamois Pieter Codde (1599-1678) ou Willem Duyster (1599-1635).
On rapprochera notre tableau de celui vendu chez Neuemeister le 4 mai 1977 ainsi que d’une étude préparatoire pour le personnage de gauche de l’ancienne collection Vosmaer à Leyde (Britta Nehlensen-Marten, Dirk Hals (1591-1656) n°246).
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