152

EUGÈNE BROUILLARD (1870-1950)

Vendu : 791

Les frais s'entendent commission et taxes comprises.

Retour à la vente
EUGÈNE BROUILLARD (1870-1950)
Paysage aux arbustes jaunes
Huile sur toile marouflée sur toile
Signée en bas à droite
24,5 x 38,5 cm - 9 5/8 x 15 1/8 in.

PROVENANCE
Collection particulière, France

«Eugène Brouillard fut une figure majeure de la peinture lyonnaise du début du XXe siècle. Pur autodidacte, il acquit patiemment son métier, se révéla au public dans sa maturité, peu après sa trentième année, et resta actif jusqu'à sa mort, cinquante ans plus tard. Il s'exprima très tôt dans un style personnel qui permet de le reconnaître aisément tout au long de son oeuvre pourtant diversifiée. En effet, en homme sensible à «l'air du temps », c'est-à-dire à ce qui se trame en silence dans chaque société et qui émerge sporadiquement grâce à d'ingénieux novateurs, il explora inlassablement de nouvelles pistes qui le rapprochèrent de différents mouvements de la modernité, notamment de 1904 à 1920. Ce qui, à Lyon, cité plutôt frileuse dans le domaine des arts, bouscula les habitudes et dérouta public et critique tout en attirant quelques amateurs et acheteurs, plus sensibles ou plus ouverts, que les institutions ne tardèrent pas à suivre. Décrié par les uns, admiré par les autres, il marqua son art et sa ville par son audace et son inventivité pendant vingt ans avant d'être assimilé par certains à un chef de file endormi sur ses lauriers, ses habitudes ou son savoir-faire. Poursuivant son activité et toujours soutenu par des admirateurs fidèles, il fut alors négligé par une nouvelle génération de critiques insensible à ses trouvailles pourtant réelles, toujours inscrites dans la modernité. Les représentants officiels des institutions, eux aussi renouvelés, en vinrent à le délaisser. C'est ainsi qu'il s'enfonça progressivement dans un oubli immérité d'où il ressort bien heureusement aujourd'hui. Eugène Brouillard fut surtout un paysagiste et même un peintre de l'arbre, qu'il traita tout au long de sa vie de mille manières, lui rendant toujours hommage. Certains auteurs ont essayé de déterminer des périodes dans sa production, mais cette tentative se révèle artificielle et assez vaine, parce qu'Eugène Brouillard est essentiellement un peintre de la variation. À partir du moment où son métier est en place, il cherche et se renouvelle constamment sans s'éloigner de son thème ni de son style. Les voies nouvelles qui apparaissent régu­lièrement dans sa peinture sont des inflexions bien repérables, souvent faciles à caractériser, qui ne font pas disparaître pour autant les approches précédentes. Souvent, des oeuvres très différentes peuvent coexister, héritières de toutes les formes explorées auparavant, privilégiant les unes ou les autres ou encore les associant. Ces caractéristiques rendent certaines oeuvres difficiles à dater parfois. »
Didier Ranc et Denis Vaginay, Eugène Brouillard, 1870 - 1950, Dialogues avec la modernité, cat. expo., Lyon, Palais Bondy,
13 - 22 décembre 2011, Lyon : Libel, 2011, p. 9