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ALEXANDRE ROBERT TRAZEGNIES, 1817 - 1890, SAINT-JOSSE-TEN-NOODE

Vendu : 9 360

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ALEXANDRE ROBERT TRAZEGNIES, 1817 - 1890, SAINT-JOSSE-TEN-NOODE
Portrait de Mathilde de Marches, épouse d'Hane Steenhuyse (1832-ap. 1855)
Huile sur toile
Signée en bas à droite Robert et datée sur le châssis an 1857
130 x 90 cm

PROVENANCE
Galerie Axel Vervoordt | Acquis auprès de cette dernière dans les années 1970, collection particulière belge.

L'élégance d'une époque traduite dans un portrait. L'auteur de cette toile n'est pas Franz Xaver Winterhalter (1805 - 1873 |
Fig. 1) mais un peintre belge, Alexandre Robert (1817 - 1890), élève de François-Joseph Navez (1787 - 1869) et compère de Jean-François Portaels (1818 - 1895). Plus tard directeur de l'Académie royale des Beaux-Arts, il a pour clientèle les membres de la famille royale belge (voir notamment le Portrait de la reine Louise, 1851, au BELvue Museum à Bruxelles | Fig. 2) et la haute société du nouveau royaume (Fig. 3) Portrait du prince Eugène de Ligne, Bruxelles, palais de la Nation).
Vers 1855, il exécute le portrait de la fille du baron de Marches et de Guirsch (1802 - 1861). Cette dernière, prénommée Mathilde et née en 1832, fait alors une brillante alliance en épousant au mois d'août Ernest d'Hane Steenhuyse (1821 - 1887), VIe comte de la lignée (sur celui-ci, voir : Ch. Poplimont, Belgique héraldique, Bruxelles, 1866, pp. 195 - 196). Les armoiries d'alliance ainsi que la devise en haut à droite permettent d'identifier le modèle avec certitude. Au sommet de sa beauté, la jeune dame nous regarde fixement. Elle est habillée de soie et de crêpe noirs et sa chevelure lisse est divisée selon la mode des années 1850 au milieu du crane. La toilette est agrémentée de bijoux de perles, d'un éventail fermé et de fleurs rouges.
Membre du conseil héraldique, bourgmestre d'Elene, administrateur de diverses banques et sociétés, son époux est issu d'une famille aristocratique flamande possédant à Gand un palais du XVIIIe siècle : l'hôtel d'Hane-Steenhuyse (sur la façade duquel se retrouve d'ailleurs les armoiries de la famille) (Fig. 4).
En ces lieux, Louis XVIII avait trouvé exil en 1815, mais la bâtisse accueillit aussi Talleyrand, Jérôme Bonaparte, Alexandre Ier de Russie, Chateaubriand et plusieurs rois néerlandais.
Grâce à ces relations, la « jolie comtesse Mathilde » peut avoir accès à un peintre de la cour tel qu'Alexandre Robert et fréquenter la bonne société européenne. Elle aurait notamment participé à un voyage en yacht en compagnie des Habsbourg (Camille de Renesse, Deux mois en yacht : Voyage aux côtes de l'Espagne, du Portugal et du Maroc, Nice, 1899, p. 325).
La tradition orale veut qu'aurait été ajouté ultérieurement à la composition un masque de bal - toujours visible en lumière rasante - afin de dissimuler son identité.